DU POÈME DES NIBELUNGEN
teit an «aia strophes de quatre vers rfanés (espèces d'alexandrins), divisé en quarante aventurts,
Gnntber fils de Danckart et d'Ute, roi de Bourgogne, résidant à Worms , a? oit deux frères , Gernot et Gieslher, et iiae sœur, objet de leors soins, nommée Chriemhiid; leur cour éloit Ja première de ce temps, et les plus célèbres chevaliers y servoient : la jeune princesse étoit égaleamu €éièbr»4laM loQt le aMNide par ta beattiéel la noblesse
de son cœnr. Elle eut un songe î die rêva que , tenant diBB ses mains an faacoo , deax aigles se précipiColent sur lu et le tuoient. Sa mère lui expliqua ce songe : le &uoqq lignifioit un noble chevalier qu'elle aurait pour époux, et qu'elle perdrait par une mort violente.
£ii ce temps-là, il y avoit à Santen un héros qui, paria beauté et sa bravoure ,^surpassoit tous les chevaliers; Sig^ frid, fils de Sigmunt et de Sigelint. Après avoir tué on dragon, dont le sang le rendoit invulnérable, à rexceptioa d'un endroit entre les deux épaules ; après avoir vaioca les frères Nlbelong et Scliilbong, propriétaires d'an tiéwr, il alla à la cour de Worms pour demander la main ds Chriemhild. Hagen, le premier des chevaliers du roi, s'y opposoit; mais Sigfrid ayant rendu deux grands services au rai , le rai lui promit de lui donner sa fille en mariage.
Le premier service fut de combattre les puissants ena^ mis de Gunllier, les Saxons et k» Danois; le second fol de l'aider à vaincre la célèbre amazone Brunehild, reine d'I* senlant; elle obligeoit tous ceux qui venoient demandera main, de combattre trais fois avec elle : ils penkueKli tète s'ils étoienl vaincus; ils obtenoient la reine |x«t épouse, s'ils réussissoienl à la vaincre. Jusqu'ici toosavoieot péri : Gunther aurait eu le même sort, si SigfKd ne TaToit assisté in visiblement : un habit magique , qu'il avoit enlevé à un nain, Albrich, gardien du trésor des Nibeloi«s, lai procura cet avantage.
Brunehild, vamcue, fut emmenée à Worms, où Vm célébra les noces de Guntlier et de Sigfrid. La iière BnuS' liilU ne permit pas à Guntlier d'user de ses droits : Ionqu'il s'approclia d'elle, elle le lia, et lui fit prometlreds n'attenter jamais à sa virginilé. Mais Sigfrid aida enoois son beaufrèi-e à vaincra la belle amaione : ils attacliènal unenuitBrunehild sans qu'elle s'en aperçût; elle cria awrd, et devint dès lors épouse obéissante de Guntlier.
Dans la lutte avec Brunehild , Sigfrid lui enleva sa ceio' ture et l'emporta : cette ceintura fut la première cause de son malheur et delà chute de toute la maison de Bouryh gne.
Chriemiiild, ayant découvert cette ceinture, tourments son mari par sa jalousie , jusqu'à ce que celui-ci , dans ua monicut de foiblesse, et contre la parole donnée à Gunther, traliit le mystère : il donna la ceinture de Brunehild kià femme, qui , de son côté , lui promit de la gaixler secretsment.
Quelque temps après, les deux princesses se randireDi à l'église ; Brunehild ne voulut pas permettre à l'époase de Sigfrid , qui avoit été présentée comme vassale de Gunther, d'entrer à cété d'elle. Chriemhild, offensée, lui montrai! cehiture , et l'appela concubine de son mari. Brunehild jaia de tirer vengeance de cet afTront ; elle accusa Sigfrid de s'é» U-e vanté d'avoir joui des faveurs de la reine : celui-ci prouvi son innocence par un serment public. Le roi étoit satis&it» mais la reine apitela Hagen , qui lui promit de la venger par la mort de Sigfrid. Il communiqua son dessein aux princes et au roi , qui céda aux insinuations du traître et aux ta^ mes de sa femme. Hagen feignit la plus tendre aniaié poor Sigfrid, et, voyant Chriemhild, qui n'oublioit point soa rêve , hiquiète sur le sort de son mari, il lui promit de m s'éloigner jamais de lui , en ajoutant toutefois que cela ps* roissoit assez inutile, puisque le héros étoit invnhiéraMe. Alors Chriemhild révéla k Hagen le point vulnérable, et marqua, par une croix rouge, l'endroit entre les épaules oè le sang du dragon n*avoit pas pénéti^.
Le succès de la trahison étant assuré , on arran^ vm chasse sur une Ile du Rhin, et, lorsque le héros allite désaltérer à une fontaine dans la forêt , Hagen le perça : il fit phicer le corps inanimé de Sigfrid devant la porte de Chriemhild , qui , le lendemain , fiit épouvantée de ce spec* tade lorsqu'elle sortit de ses appartements.
Le première partie du poème se termine ici CbrienhiM
ÉCLAlRaSSEMENTS.
iM Adm le deoil le plo8 profood peiidaiil trdie aanéeg 9 lâtratk perle de 8on mari el le trésor des Nibelongs > ^'oB foi avoit enlevé.
Etzel, roi des Huns, ayant entendu parier de la gloire k Sigfrid et de la beauté de sa veuve, résolut, après la Bort de a première femme , Helche , de demander la main èBrunehild. L'idée de se remarier, et surtout à un païen , cftaji Chriemliiht : elle ne céda <iue lorsqu'un des vasnu allemands d'Etzel, le mai-grave Rudiger, lui promit èie TalNuidonner jamais, de l'aider à venger Tassassinat k « premier mari et Tenlèvement du trésor des Nibe-
dvwnhild épousa le roi des Huna, qui la reçut à Vienne.
Si douleur continua , et sa soif de vengeance contre Hapis'aeenit Elle feignit de mourir du désir de revoir ses pHfols. EIzel , pour la consoler, lui promit d'inviter toute kttMr den Bourguignons à venir la voir. Guntiier fut ainsi ■rilé : Hagpn lui con.<ieilIa de ne pas y aller, mais le roi ywlilavee mille soixante chevaliers et neuf mille de êsi
Arrirés an i>annbe, Hagen se fit prédire l'iMoe du voyage fir ks njmpliea du fleuve, auxquelles il enleva leurs bbili: eUes lui dédarèrent que tous dévoient périr dans ofle expéditiQO , hors le chapelain du roi. Hagen , pour lie mentir la destinée, précipita le prêtre dans le fleuve : ■il celui-ci fut sauvé miraculeusement. Alors Hageu brisa Itieai vaisseau sur lequel ils avoient traversé le Danube, gaiBoaça à ses conpagnons qu*ils ne reloumeroient plus (ha eux.
Etid reçut ses hôtes avec cordialité, mais la reine ne adii par sa fureur contre Hagen. Elle tenta de le faire tuer hiietil; n'ayant pu réussir, elle résolut de les faire périr Im Tandis que les héros de Bourgogne étoient assis à un kttquel, le maréchal du roi arriva, tout ensanglanté, »ee k nouvelle qu« ses neuf mille soldats avoient été mas- »aH par Blodei, frère d'Etzel* qu'il venoit de tuer. Hagen ielèTe, abat la tèt« du jeune prince, fils d'Etzel et de Arionliild , assis à table , et se retire avec les autres Bour- S^pOQsau château qui leur avoit été assigné pour demeure. Us Bons envoyés par la reine, ne pouvant y pénétrer, ■ml le feu aux quatre coins de la forteresse : les clievalim de Bourgogne étoufTèrent l'incendie sous les cadavres dtt ennemis, et ranimèrent leurs forces épuisées en bunat de sang, d'après le conseil de Hagen, ce qui leur donna ■e lage et un courage invincible.
Le lendemain Rudiger et Tliéodoric cherclièrent en vain k<*lcBir le libre retour des Bourguignons : Chriembild
voulut la tête de Hagen , mais le roi refusa fortement de le livrer à sa vengeance. Rudiger, dont la fille devoit épouser le prince Gisellier de Bourgogne , fut forcé , comme vassal d'Etzel , de renouveler l'attaque : après une scène attendrissante entre ce prince et Hagen , auquel il donna son bouclier (touché de l'iiéroïsme de son ennemi, qui lui demanda ce dernier signe de son estime) , il attaqua les hérxM de Bourgogne : le prince Gemot tomba entre ses mains ; enfin, lui et Gisellier périrent au même moment en combattant corps à corps l'un contre l'autre.
Les gens de Rudiger furent tous tués. Lorsque les vassaux de Dietricli, roi des Amelongs (Ostrogoths) , apprirent cette nouvelle, ils demandèrent la permission d'enlever le corps du margrave. Le roi Guntber étoit disposé à le leur donner, mais Wolkner et Hagen exigèrent d'eux de venir le reoonnoltre parmi les autres morts. Ainsi commença une querelle qui eut pour suite un nouveau combat , où tous les hommes de Dietrich , envoyés vers les Bourguignons , restèrent sur la place.
lie grand prince des Amelongs s'avança alors vers Hildebrandt, le plus brave de ses compagnons. Il pria le roi de se livrer à lui avec le peu de héros qui vivoient encore : sous cette condition il promit de sauver leur vie.
Les fiers Bourguignons refusèrent de se rendre ; le liéros des Ostrogoths vainquit le roi et Hagen , Tun apr^ l'autre, et les emmena liés devant Chrierahild , en l'exhortant à respecter leur vie. Chriemhild parla d'abord à Hagen seul, en lui promettant la vie sauve, s'il vouloil lui dire ce qu'étoit devenu le trésor des Nibelongs. Hagen refusa de trahir le secret tant que son roi vivroiL Chriemhild lui fit montrer aussitôt la tète de Gunther. En la voyant, Hagen lui dit qu'il avoit prévu sa cruauté, et qu'il avoit voulu la pousser jusqu'au meurtre de son propre frère : il lui déclara qu'elle ne sauroit jamais le secret , que maintenant lui seul possédoit , après la mort de tous les princes de Bourgogne.
A ces mots, Chrienihild saisit un glaive, et fit voler la tête du héros. Hildebrandt , compagnon de Dietrich , à qoi la garde de Hagen éloit confiée, saisi d'horreur, assomma la reine. Ainsi périrent les Bourguignons, et Etzel resta seul avec Dietrich pour pleurer k» morts.
J'ajouterai à ces notes, communiquées par S. Exe. M. Bunsen, que les Allemands ont une tragèlie d'Attila, de Warner. Il existe une Vie d'Attila écrite d<ms le douzième siècle par Juvencus Caecilius Calanus Delmaticus, et une antre Vie écrite dans le seizième par Olaiks, archevèqoe d'Upsal. Il a paru dernièrement en Allemagne une flitloire des Huns.