‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 33 sur 228 · X ÉD · texte numérisé non relu

X ÉD

I. Quelles sont les révolutions arrivées autrefois dans les gouvernements des hommes? Quel étoit alors l'état de la société , et quelle a été Tmfluence de ces révolutions sur Tâge où elles éclatèrent et les siècles qui les suivirent?

II. Parmi ces révolutions en est-il quelqaesHiDes qui, par l'esprit, les mœurs et les lumières des temps, puissent se comparer à la révolution actuelle de France?

III. Quelles sont les causes primitives de cette dernière révolution , et celles qui en ont opéré le développement soudain?

lY. Quel est maintenant le gouvernement de France? Est-il fondé sur de vrais principes, et peut-il subsister?

Y. S'il subsiste , quel en sera l'effet sur les nations et autres gouvernements de l'Europe?

YI. S'il est détruit , quelles en seront les conséquences pour les peuples contemporains et pour la postérité»?

Telles sont les questions que Je me pn^ d*examioer. Quoiqu'il ait beaucoup écrit sur il révolution françoise, chaque faction se contentant de décrier sa rivale, le sujet est aussi nenfqne s'il n'eût Jamais été traité.

Républicains , constituti(miiels , monarchistes, girondistes, royalistes, émigrés, enfin politiquei de toutes les sectes', de ces questions bien on mal entendues dépend votre bonheur ou votre malheur à venir. Il n'est point d'honame qui ne forme des projets de gloire, de fortune, de plaisir ob de repos; et nul , cependant , dans ce moment de crise, ne peut se dire : « Je ferai telle chose de- « main, » s'il n'a prévu quel sera ce demain. D

' Ces questions me semblent clairement posées. Siciiei embrassent des siûets qoi oocapent rarement la jeuBecae, elles se ressentent aussi du caractère de Ja jeunesse : ellei vont trop loin ; elles veulent ramener tous les événemeali de rtiistoire à un centre de convergence impossible; ooa* seulement elles interrogent le passé , mais eues préloidail révéler la venir; elles sont toutes de théorie, et n'ont a» cune utilité pratique : on y reconnott k la fois l'audare é l'inexpérience d'un esprit que i*àge n'a point édairéi etqai esl prêt à faire abus de sa force. (N. Éd.)

* Je serai souvent obligé , pour me faire entendre d*enployer les divers noms de partis de notre.révolutloo. faTerii que cet noms ne signifieront, sous ma plume, que d(»sp peUatlons nécessaires à rintelligence de mon siiiet» el ^ une Injure personnelle. Je ne suis Técrivaln d'aucune Mdt et Je conçois fort bien qu'il peut exister de trèf-boonètesgSBS avec des notions des choses différentes des miennes. Prat-«<n la vraie sagesse consiste-t-elle h être , non pas sans principes mais sans opinions déterminées \

* On peut avouer les sentiments modérés exprimés dani cette note» mais le scepticisme de la dernière phrase t^ risible. (N. Ù».)

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