VUE DE MON OUVRAGE
I^ défaut de méthode se fait ordinairement KDtirdans les ouvrages politiques, bien qu'il n'y lit point de sujet qui demandât plus d'ordre et de clarté. Je tâcherai de donner une idée distincte fccct Essai, en disant un mot de ma manière.
1° J'examinerai les causes éloignées et immé iites de chaque révolution ;
f Leurs parties historiques et politiques;
S^ L'état des mœurs et des sciences de ce peupie en particulier, et du genre humain en gênélil, an moment de cette révolution ;
4** Les causes qui en étendirent ou en borné-
Rstriniluence;
i"" Enfin, tenant toujours en vue l'objet principal du tableau , je ferai incessamment remarier les rapports ou les différences entre la révohtion alors décrite et la révolution françoise de BBS jours. De sorte que celle-ci servira de foyer ttnunon, où viendront converger tous les traits ^rs de la morale , de l'histoire et de la politi>
Cette intéressante peinture occupera la msgeure ivtie des quatre premiers livres , et servira de l'éponse à la première question.
L'examen de la troisième et celui de la seconde
'OeUe réflexion est aujourd'hui phis vraie que jamais.
(N. ÉD.) ^Xèmei déTaats que dans l'exposition ; système de con- ^fanœ qoi ne poaToil produire que des rappi-ocbements X iMsUirifiKs qnelqaefois curieux, mais presque toujours >«<*. {îf.ÉD.)
(déjà à moitié résolue) rempliront la troisième partie du quatrième livre.
Le cinquième livre, écrit en dialogue, sera consacré aux recherches sur la quatrième question.
Quelques sujets détachés se trouveront dans la première partie du livre sixième ; et la seconde du même livre contiendra les probabîiités sur les deux dernières questions.
Ainsi l'ouvrs^e entier sera composé de six livres , les uns de deux , les autres de trois parties , formant en totalité quinze parties , subdivisées en chapitres *.
De cette esquisse générale passons maintenant aux divisions particulières, et fixons d'abord la valeur que je donne au mot révolution , puisque ce mot reviendra sans cesse dans le cours de cet ouvrage.
Par le mot révolution je n'entendrai donc , dans la suite , qu'une conversion totale du gouvernement d'un peuple, soit du monarchique au républicain , ou du républicain au monarchique. Ainsi, tout État qui tombe par des armes étrangères, tout changement de dynastie, toute guerre civile qui n'a pas produit des altérations remarquables dans une société, tout mouvement paillel d'une nation momentanément insurgée, ne sont point pour moi des révolutions. En effet, si l'esprit des peuples ne change , qu'importe qu'ils se soient agités quelques instants dans leurs misères , et que leur nom ou celui de leur maître ait changé ^ ?
Considérées sous ce point de vue , je ne reconnoftral que cinq révolutions dans toute l'antiquité, et sept dans l'Europe moderne. Les cinq révolutions anciennes seront rétablissement des républiques en Grèce ; leur sujétion sous Philippe et Alexandre , avec les conquêtes de ce héros; la chute des rois à Rome ; la subversion du gouvernement populaire par les Césars ; enfin le renversement de leur empire par les Barbares '.
La république de Florence , celle de la Suisse ,
^Ces prétentions à la méthode et à la clarté sont trèsmal fondées : il n'y a rien de plus embrouillé que ces divisions et ces subdi?isk>na. (N. Éd.)
l> Raisonnable. (N. Éd.)
I LMrraptIon des Barbares dans Tempire n*est pas proprement uoe révolution dans le sens que J'ai donné à œ mot. On en peut dire autant des guerres sous le roi Jean , et de la Lif^e sous Henri IV , dont J'ai cependant fait des révolutions ♦. Quant aux Barbarf?8, il est aisé d'apercevoir que, formant le point de contact où s'unit l'histoire des anciens et des modernes, il ffl'étolt iodlspeusable d'en parler. Quant aux deux
*0n voit qu'à l'époque où j'écrivois V Essai j^ songeola déjà à V Histoire de France,
RÉVOLimONS AMGIINNES:
ta troubles sous te roi Jean y ia ligne lous Henri IV, FunioD des Provinces Belgique», les malheurs de l'Angleterre durant le règne de Charles I^, et l'érection des Etats-Unis de l'Amérique en na* tion libre, formeront le sujet des sept révolutions modernes.
Au reste, je crc^onnerai rapidement la partie de cet ouvrage consacrée a l'histoire ancienne , réservant les grands détails lorsque je parlerai des nations actuelles de l'Europe. Le génie des Grecs et des Romains diffère tellement du génie des peuples d'aujourd'hui , qu'on y trouve à peine quelques traits de ressemblance. J aurois pu m'étendre sur les révolutions de Thèbes, d'Argos et 4e Mycènes; les annales de la Suède et de la Polo* gne, celles des villes impériales, les insurrections de quelques cités d'Espagne et du royaume de Naples, me présentoient des matériaux suffisants pour multiplier les volumes. Mais, eu portant un CBîl attentif soi* l'iilstoire , j'ai vu qu'une multitude de rapports qui m'avoient d'abord frappé se ré- ^uisdent , après un mûr examen, à quelques faits isolés totalement étrangers dans leurs causes et dans leurs effets àceux de la révolution françoise« En m'arrétant incessamment à chaque petite ville delaGrèceetde l'Allemagne, je seroistondoédans un cercle de répétitions aussi ennuyeuses que peu utiles. Je n'ai donc saisi que les grands traits, ceux. qui offrent des leçons à suivre , ou des exem* pies à imiter. Je n'ai pas prétendu écrire un ro* inan , dans lequel , pliant de force les événements à mon système* , je n'eusse laissé après moi qu'un de ces monuments déplorables, où nos neveux contempleront avec un serrement de cœur l'esprit qui anima leurs pères , et béniront le ciel de ne les avoir pas fait naître dans ces jours de ca- Iamité4 Je me suis proposé une fin plus noble, en écrivant ces pages, je l'avouerai; l'espoir d'être utile aux hommes a exalté mon âme et conduit ma plume. Que si le plus grand sii^et est celui dont <m peut ikire sortir le plus grand nombre de vérités naturelles ; que si , fixant en outre la somme des vérités historiques , ce sujet mène à la solution du problème de l'homme , fut-il jamais d'objet plus digne de la philosophie que le plan
autres épocjaes, les troubles de la France dans ces temp»-là sont trop fameux , offrent des caractères trop grands et des analogies trop frappantes pour ne pas les avoir considérées ouiume de véritables révolutions.
■ Tdflâi la crttiqite la pins Joste qo'on pulMe faire de V Essai : f afois le sentiment de la fciblesM de mon pian, et je foiaots des efforts pour le cacher aux jreox da public et aux miens. (N. £d.)
qu'on s'est traeé dans cet ouvrage ' 7 Aiatheiireiir sèment l'exécution en est confiée à des maias trop inhabiles \ J'ai fait , par mon Utre d'Essai, Taveu public de ma foiblesse. Ce sera assez de gloin pour moi d'avoir montré la route à de plus beaux génies.