‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 72 sur 228 · CHAPITRE XXVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVL

Sotie. — Les Maux.

Si telle fut Tinfluence de la révolution républi* caine sur la Grèce considérée du cAtédu bonheur, SOUS le rapport de l'adversité elle n'est pas moins remarquable. L'ambition , qui forme le caractère des gouvernements populaires , s'empara bientôt

* Ce ton est trop affirmai if; j*étois trop près des évéDe* ments poar les bien juger : toutes les plaies de la révolution étoient saignantes ; on n'aperceroit pas encore dans on ainas de ruines ce qui étoit détruit pour toujours , et ce qui pou voit se réddifier. Je ne faisois pas assez d*attentk» à la révolution complète qui s*étoit opérée dans les esprits; et, ne voyant toujours que l'espèce de liberté républicaine des anciens , je trouvois dans les mœurs de mon temps un obstacle insormontable à cette liberté. Trente années d'observation et d'expérience m'ont fait découvrir et énoncer cette autre vérité, qui, j'ose le dire, deviendra fondamentale en politique, savoir : qu'il y a vne liberté, fille des lumières. Cest auit rois à décider s'ils veulent que cette liberté soit monarchique ou républicaine : cela dépend de la sagesse ou de l'imprudence de leurs conseils. (N. En.)

* Plut., iji Cim. , pag. 483.

Kct(icOa , Toïç xtivttv iaiM|UVoi vo|Uf>OK*

> Plot., in Lye,

* Plot., m /^riêUd.

^ PUT.| m PAtftf.

des républiques, comme il en arrive à présent l| la France. Les Athéniens, non|contents d'avoi( délivré leur patrie, se laissèrent bientôt emportai & la fureur des conquêtes. Les armées des Grec| se multiplièrent sur tous les rivages. Nul pays b| fut en sûreté contre leurs soldats. On les viteo» lir comme un feu dévorant dans les Iles de la m Egée ', en Egypte*, en Asie^ Les peuples,d'i* bord éblouis de leurs succès gigantesques, revii rent peu à peu de leur étonnement , lorsqalls Ht, rent que de si grands exploits ne tendoient pas taal à l'indépendamce qu'aux conquêtes^, et que kl Grecs, en devenant libres, prétendoient enclMl ner le reste du monde K Par degrés 11 sefit ooDtn eux une masse ooUective de liaine ^ , comme m balles de neige qui , d'abord échappées à la nuÉ d'un enfant, parviennent, en se roulant sur ell» mêmes , à une grosseur monstrueuse. D'un aotn côté , les Athéniens, enrichis de la dépouille da autres nations 7 , commencèrent à perdre le prin cipe du gouvernement populaire : la vertu *. Bies* tôt les places publiques ne retentirent plus qo^ des cris des démagogues et des factieux 9. Les di» sensions les plus funestes éclatèrent. Ces petltfl républiques , d'abord unies par le malheur, se di* visèrent dans la prospérité : chacune voulut do^ miner la Grèce. Des guerres cruelles , entretenna par For de la Perse, plus puissant que ses armes, s'allumèrentde toutes parts '^ Pour mettre le coi» ble aux désordres , l'esprit humain , libre de toota loi par l'influence de la révolution, enfanta à 11 fois tous les chefe-d'œuvre des arts et tous là systèmes destructeurs de la morale et de la sodélé. Une foule de beaux esprits arrachèrent Dieu d« son trône et se mirent à prouver l'athéisme '*. Do multitudes de légistes publièrent de nouveaux

I PLCT.f tu Tkem. , pag. 138 ; /cf., in Cim,

* Thucyd., Hb. 1 , cap. ci.

' Dion. Sic, llb. n, pag. 47.

* Plot., in Cim,, pag. 489.

* Jd., ihid,

* Thuc¥d. , lib. I , cap. a.

' /cf., ibid,

* Plat., âe Leg,, llb. ir, pag. 700.

* Aristot., de Rep,, 1U>. v, cap. m.

» Il est Impossible de multiplier les cltallons i Iloflol. rengage le lecteur à lire quelque hlstdlre générale de la Giief* il j verra, à Tépoque dont Je parle dans ce chapitre, voft^ semhlance avec la France qui rétonnera. Des villes priafs n pillées sans pitié; des peuples forcés à des conlHbutioai; tt neutralltédea puissances violée ;d*aulresobligéet par tes AtMnieos à se joindre à eux contre des États avec lesquels ri» n*ft voient aucun si^et de guerre. Enfin, Hnsoleneeet IlnJ^ tice portées à leur comble : les AIhéniens traitant atee kdtrnicr mépris les ambassadeurs des nations, et dissnt oo^'r^ tement qu*lls ne connoissolent d*autre droit qœ I* ^^^ (Voyez TntcYD., lib. v, etc. etc.)

•' Cic. , de NaL Deor, ; Uert., in Fit, Phitoêopk.

AVAtVr J. 6. 609. =0L. er'.

fins de fépobHqée ; totit étoit inondé d'écrits w les TTâis principes de la liberté > : Philippe et AfeUDdieparnreat.

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