TOME IV
AVAyr-PROPOs.
flMNide. Q«e d'autres cuKot de loi ectte firajcnr,
rien de pioi ûiple sans doute; mais qoTû eût cette crainte de Inl-iDéiiie, certes die ne poaToît
sortir que d'one délicatesse de cooscieDce, que d'un fonds de justice et de grandeur d^âme peu commune.
Qu'il soit permis à laoteur de la Ao(e de donner des regrets àun prince qui rehanasoit les qualités les plus rares par cette bonté de csur, ces mcrars sans &ste, cette simplicité si admirable ^n* la puissance; qull soit permis à un bomme peu accoutumé à la faveur et au langage des coursde manifester ses sentiments pour un prince qui lui avoit témoigné, et par ses lettres et par ses paroles, la confiance la plus bonorable; pour un prince qui Tavoit comblé des marques publiques de son estime, pour un prince auquel il ne peut payer îd que le trilMit d*nne stérile et douloureuse reconnoissance : do moins aojourdliui on ne pourra soupçonner cette reconnoissance d'être dictée par Fambition ou par la flatterie.
Cependant on ne peut se dissimuler que la politiqoesuivie par la Russie à l'égard des Hellènes ne fût contraire à l'opinion religieuse, populaire et militaire du pays. Quels que fussent les événements de la Morée, on en rendoit toujours le cabinet de Petersbourg responsable : si la Grèce triomphoit, les Russes demandoient pourquoi ils n'avoient pas pris part à la victoire; si la Grèce éprouvoit des revers, les Russes s'irritoient de n'avoir pas empêché la défaite. Leur orgueil national avoit vu avec pdne les négociations de leur gouvernement confiées, à Constantinople, k an diplomate étranger; ils trou voient leur rôle audessous de leur puissance : il n'y avoit que leur confiance sans bornes dans les lumières de leur souverain, leur respect , leur vénération pour un monarque digue de tous les horomages , qui les rassurât sur le parti qu'on avoit adopté. Mais Alexandre lui-même commençoit à nourrir des doutes, et les ennemis des Grecs, qui s'étoient aperçus de cette disposition nouvelle, pressoient par cette raison même l'extermination d'un peuple infortuné: ils craignoient le réveil d'un prince dont les vertus sembloient tenir à la fois de celles du Juste et du grand homme.
Une importante question s'étoit élevée en 1823, au moment de l'expédition d'Espagne : non-seulement cette question fut traitée par les voies ordinaires de la diplomatie, mais elle le fut encore par une correspondance particulière entre
rmÊàOÊr de la Aole , alooministie, et un de illustres nm dav «m rEnrope. Un jour fl ne avantage pour réCnde de la société de saTuir comment deux bommes dont les positions et les destinées avoient quelque analogie à cette époque, ont débattu entre eux les intérêts généraux du monde cl les intérêts esaontiels de leurs pays, dans des confidences fondées sur «ne estime proqoe.
Anjoudliui que Fauteur de la Aoie est des renseignements et de l'autorité que donne uneplaee active, ces &cilltésd*être utile lui man* quent : U ne peut servir une cause sacrée que par lemqycnde la pre»e,mqyen borné sous le rapport diplomatique, puisqull est évident que ne pou* Tant ni ne devant tout dire au public, bcsnooup de choses restent dans l'ombre par l'impossibilité même où Ton est de les expliquer.
Si Fona été bien instruit , l'idée d'unedépéche collective ou de dépêches simultanées en fiiveur desGrecs, adressées par les puissances chrétiennes au divan (cette idée développée dans la Note) , aurait été prise en considération avant la mort de l'empereur Alexandre , sinon ofiQcielIcment , du moins comme matière de controverse générale. Mais une objection aurait étéfidtepar les politiques d'une cour principale.
- On ne peut pas, auroient-ils dit, demander au divan la séparation de la Grèce , sans appuyer cette demande d'une menace en cas de refus. Or, toute intervention avec menace est contraire aux principes du droit politique. D'un autre côté, toute dépêclie comminatoire qui demeureroît sans effet serait puérile ; et toute dépêche comminatoire suivie d'un effet produirait la guerre : donc une pareille dépêche est inadmissible, puisqu'une guerre avec la Turquie pourrait ébranler l'Eurape. >
Le raisonnement serait juste s'il étoit applicable au prajet exposé dans la IS'ote. Mais la IS'ole ne demande point de dépêche menaçante ; elle ne place point la Porte dans la nécessité d'obéir ou de se battre; elle désire qu'on dise simplement à la cour ottomane : « Reconnoissez l'indépendance « de la Grèce ou avec des conditions ou sans cou- « ditions ; si vous ne voulez pas prendre ce parti , « nous serans forcés nous-mêmes de reconnottre « cette indépendance , pour le bien de l'humanité « en général , pour la paix de TEurape en parti- « culier, pour les intérêts du commerce. ■
AVAiNT-PROPOS.
A ces motifs, on pourroit ajouter aujourd'hui qull ne convieat pas à la sûreté des puissances chrétiennes que des forces soient transportées chaque jour de TAfrique et de TAsie en Europe ; qu*il ne convient pas à ces puissances que la Morée devienne un camp retranché où Ton exerce au maniement des armes de nombreux soldats ; qu'il ne leur convient pas que le pacha d'Egypte se place avec toutes les populations blanches et noires du Nil aux avant-postes de la Turquie , menaçant ainsi ou la chrétienté, ou Constantinople même.
Le pacha d'Egypte domine en Chypre; il est maître de Candie; il étend sa puissance en Syrie; II cherche à enrôler et à discipliner les peuplades guerrières du Uban; il fait des conquêtes dans FAbyssinie, et s'avance en Arabie jusqu'aux environs de la Mecque ; il a des trésors et des vaisseaux ; il influe sur les régences barbaresques. Le Tttlà en Morée, il peut demander l'empire avant que le sultan lui demande sa tête. On ne remarque pas ces progrès pourtant fort remarquables. SI une nation civilisée précipitoit toutes ses armées sur un point de son territoire , l'Europe justement Inquiétée lui demanderoit compte de cette résolution. N'est-il pas étrange que l'on voie l'Afrique , l'Asie et l'Europe mahométane verser incessamment leurs hordes dans la Grèce, sans que l'on craigne les effets plus ou moins éloignés d'un pardi mouvement? Une poignée de chrétiens qui sXforcent de briser le joug odieux sont accusés par des chrétiens d'attenter au repos du monde; et Ton voit sans effroi s'agiter, s'agglomérer, se discipliner ces milliers de Barbares qui pénétrèrent jadis jusqu'au milieu de la France, jusqu'au portes de Vienne.
On feit plus que de rester tranquille , on prête à ces nations ennemies les moyens d'arriver plus promptement à leur but. La postérité pourra-tdle * Jamais croire que le monde chrétien, à l'époque de sa plus grande T^ivilisation , a laissé des vaisseaux sous pavillon chrétien transporter des hordes de mahométans des portes de l'AfHque à ceux de l'Europe, pour égorger des chrétiens? Une flotte de plus de cent navires, manœuvres par des prétendus disciples de l'Évangile , vient de traverser la Méditerranée , amenant à Ibrahim les
■ Le comité grec ayant désiré faire oonnoltre, par la voie ée 11 pif«e périodique, une lettre de Canaris à son fils, et me Jettfe d*an Grec de Napoli de Romanie, l^auteor de la JVote Bl insérer ces lettres dans le Journal des Débats, en y ■dtet poor iDtfodoetloQ ce paragraphe et quelques autres de rataot-jwopo».
disciples du Coran qui vont achever de ravager la Morée. Nos pères, que nous appelons barbares; saint Louis, quand ii alioit chercher les infidèles jusque dans leurs foyers, prêtoient-ils leurs galères aux Maures pour envahir de nouveau l'Espagne?
L'Europe y songe-t-elle bien ? On enseigne aux Turcs à se battre régulièrement. Les Turcs, sous un gouvernement despotique , peuvent faire marcher toutes leurs populations : si ces populations armées se forment en bataillons, s'accoutument \ à la manœuvre, obéissent à leurs chefs; si elles ont de l'artillerie bien servie; en un mot , si elles apprennent la tactique européenne, on aura rendu possible une nouvelle invasion des Barbares à laquelle on ne croyoit plus. Qu'on se souvienne (si l'expérience et l'histoire servent aujourd'hui à quelque chose) , qu'on se souvlenne»que les Mahomet et les Soliman n'obtinrent leurs premiers succès que parce que l'art militaire étoit, à l'époque où ils parurent, plus avancé chez les Turcs que chez les chrétiens.
Non-seulement on fait l'éducation des soldats de la secte la plus fanatique et la plus brutale qui ait jamais pesé sur la race humaine, mais on les approche de nous. C'est nous, chrétiens, c*est nous qui prêtons des barques aux Arabes et aux Nègres de l'Abyssinie pour envahir la chrétienté , comme les derniers empereurs romains transportèrent les Goths des rives du Danube dans le cœur même de l'empire.
C'est en Morée , à la porte de l'Italie et de la France, que l'on établit ce camp d'instruction et de manœuvres: c'est contre des adorateurs de la Croix qu'on leur livre que les conscrits du turban vont apprendre à faire l'exercice à feu. Établie sur les ruines de la Grèce antique et sur les cadavres de la Grèce chrétienne, la barbarie enrégimentée menacera la civilisation. On verra ce que sera la Morée lorsque, appuyée sur les Turcs de l'Albanie , de l'Épire et de la Macédoine , elle sera devenue , selon l'expression énergique d'un Grec, une nouvelle régence barbaresque. Les Turcs sont braves , et ils ont derrière eux , sur le champ de bataille , le paradis de Mahomet. Le ciel nous préserve de l'esclavage en guêtres et en uniforme , et de la fatalité disciplinée !
Et cette nouvelle régence imrbaresque, n'en prenons-nous pas un soin tout particulier? Nous lui laissons bâtir des vaisseaux à Marseille ; on assure même , ce que nous ne voulons pas croire ,
AVANT-PROPOS
qu'on lui cède , pour ses constructions , des bois de nos chantiers maritimes. D'un autre côté, elle achète aussi des vaisseaux à Londres; elle aura des bateaux à vapeur, des canons à vapeur, et le reste. Les Turcs ont conservé toute la vigueur de leur férocité native ; on y ajoutera toute la science de l'art perfectionné de la guerre. Vit-on Jamais combinaison de choses plus formidable et plus menaçante?
Qu'on revienne , il est temps encore , à une politique plus généreuse et en même temps plus prévoyante et plus sage. Il n'est donc question , ainsi qu'on l'a dit dans la Notej que d'agir envers la Grèce de la même manière que l'Angleterre a cru devoir agir envers les colonies espagnoles. Elle a traité commercialement ou politiquement avec ces colonies, comme Etats indépendants, et elle n'a point laissé entrevoir qu'elle feroit la guerre à l'Espagne, et elle n'a point fait la guerre à l'Espagne.
Mais le divan , objectera-t-oo , ne prendrolt pas les choses si bénignement : en vain on éviteroit le ton menaçant en lui déclarant la résolution des alliés relative à l'indépendance de la Grèce; ce téméraire conseil seroit capable de dénoncer lui-même les hostilités contre les puissances qui lui présenteroient une pareille déclaration.
Le divan sans doute est passionné; mais quand on raisonne, on ne peut pas admettre comme une objection solide la supposition d'une folie. Quiconque a pratiqué les Turcs et étudié leurs mœurs , sait que l'abattement de la Porte égale sa jactance aussitôt qu'elle est sérieusement pressée. D'imaginer que la Porte déclareroit la guerre à l'Europe clirétienne, si toute l'Europe demandoit ou reconnoissoit l'indépendance de la Grèce , ce seroit vouloir s*épouvanter d'une cliimère. Quand on voit le divan alarmé à la seule annonce de l'équipement de trois bateaux à vapeur que devoit monter lord Cochrane, on peut juger s'il seroit désireux de lutter avec les flottes combinées de l'Angleterre, de la France, de la Russie, de l'Autriche et de la Grèce.
Mais la simple reconnoissance de l'indépendance des Grecs par les puissances chrétiennes sufflroit-elle pour leur assurer cette indépendance? N'en auroient-its pas moins à soutenir les efforts de toute la Turquie?
Sans doute; mais le gouvernement de la Grèce, reconnu par les puissances alliées, prendrolt une
force insurmontable à ses ennemis. Ce gouvernement, entouré des résidents des diverses ciprs, pouvant communiquer avec les États réguliers, trouveroit facilement à négocier des emprunts : avec de l'argent, il auroit des flottes et des soldats. Les vaisseaux chrétiens n'oseroient plus servir de transport aux Barbares, et le découragement, qui ne tarderoit pas à s*emparer des Turcs, auroit bientôt forcé le divan à ces trêves successives par où l'orgueil musulman consent à s'abaisser, et aime à descendre jusqu'à la paix.
Quelles que soient les tentatives que la bienveillance ait pu faire , ou pourra faire en faveur de^ la Grèce à Constantinopie, on ne peut guère espérer de succès tant qu'on ne viendra pas à la déclaration que la Note propose , ou à toute autre mesure décisive. Recommander l'humanité à des Turcs, les prendre par le« beaux sentiments, leur expliquer le droit des gens , leur parler de hospodarats, de trêves, de négociations, sans rien leur intimer et sans rien conclure, c'est peine perdue , temps mal employé. Un mot franchement articulé flniroittout. Si la Grèce périt, c^est qu'on veut la laisser périr : il ne faut pour la sauver que l'expédition d'un courrier à Constantinopie.
La conséquence de l'extermination des Hellènes seroit grave pour le monde civilisé. On veut, répète-t-on, éviter une commotion militaire en Europe. Encore une fois, cette commotion n'auroit pas lieu si Tonconsentoit à délivrer les Grecs par le moyen proposé; mais d'ailleurs, qu'on ne s'y trompe pas : du succès même des Turcs dans la Morée sortiroient des guerres sanglantes. Toutes les puissances sont jusqu'à présent dans une fausse position relativement à la Grèce : supposez la destruction des Hellènes consommée , alors s^élèveroient de toutes parts les plaintes de l'opinion. Le massacre de toute une nation chrétienne civilisée, opéré sous les yeux de la chrétienté civilisée , ne resteroit pas impuni ) le sang chrétien retomberoit sur ceux qui Tauroient laissé répandre : on se souviendroit que la ehrétieaté ^ non-seulement auroit été forcée d'assister au spectacle de ce grand martyre, mais qu'elle auroit encore vendu ou prêté ses vaisseaux pour transporter les bourreaux et les bêtes férocea dans ramphithéâtre. Tôt ou tard les gouvernements appreodrolent à leurs dépens à conneltre le mal qu'ils se seroient fait : dans les uns les peu-
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fiées généreoMS, dans les autres des antipathies secrètes et des ambitions cachées ^ se réveiileroient; on s'accoseroit réciproquement, et Ton irieodroit se battre sur des raines, après avoir refosé de sauver des peuples.
L'auteur de la Noie Justifieroit facilement ses prédictions par des considérations tirées du caractère i de Tesprlt, des intérêts, des opinious des peuples de TEurope, et des événements qui attendent bientôt ces peuples. Quelle influence a déterminé la politique que Ton a suivie Jusqu'ici par rapport a la Grèce? Par quelle idée et par quelle crainte toute cette grande affaire a-t^elle M dominée? Ici le droit de l'écrivain finit, et l'homme d*État laisse tomber le rideau.
La mort de l'empereur Alexandre vient de changer la position des choses : Alexandre, déjà Tidlli sar le trône , avoit deux fois traversé l'Eu* rope à la tête de ses armées; guerrier pacificateur, il avoit, pour adopter une conduite particulière, cette prépondérauce que donnent le triomphe, l'âge, le succès, l'habitude de la counmne et du gouvernement. Son héritier suivral-jl la même politique, et lui seroit-il possible de la suivre quand il le voudrait? Ne trouvera-t-il pas plus facile et plus sûr de rentrer dans la po* Utiqiie nationale de son empire, d'être Russe avant d'être François, Anglois, Autrichien, Prussien? alors la Grèce seroit secourue. Quel noUe début peur un prince dans la carrière royale de lalre de l'affranchissement de la Grèce , de la délivrance de tant de chrétiens infortunés, le premier acte de son règne I Quelle popularité et quel éclat pour tout le reste de ce règne I G est peut-être la seule gloire qu'Alexandre ait laissée à 0ioi»onner à son successeur.
Veul-on savoir ce qu'on peut attendre du nouveau monarque? Un général françois va nous rapprendre :
« Le grand due Constantin falsolt soigner sous
« ses yeux, et jusque dans ses appartements , les
« ofifieiets françois malades, qu'il alloit chercher
« luHnême dans les hôpitaux ; il allait les visiter
< dans leurs lits, et les consoloit par des expres-
« sioM de bmté et d'intérêt ^ il sauva d'un bâti»
« ment incendié deux officiers qu'il arracha des
«taniiiM», en duirgeant l'ut! sur ses épaules,
« tandis qœ son valet de chambre emportoit
• raotre; fl bhiva , pour suivre les impulsions de
« iOD cœur généreux, une épidémie mortelle dont
« il lut lui-même atteint. Plus d'un officier fran-
« çois, arraché par son humanité active des bras « de la mort, lui doit son existence : c est à ce « titre que l'auteur lui adresse l*hommage de sa < juste reconnoissanee >. »
Et Constantin 1'% ce généreux ennemi , ne seroit pas l'ami secourabie de ses frères en religion ! N'y a-t-il ni contagion à braver, ni incendie à éteindre, ni victime à sauver dans la Morée? Constantin le saura : les peuples trouvent dans son nom un présage, et dans son caractère un garant de la délivrance de la Grèce *.
Que le cabinet de Pétersbourg demande aujourd'hui la dépêche collective ou les dépêches simultanées , elle sera , nous n'en doutons point , accueillie par plusieurs puissances; que sur la réponse négative ou évasive des Turcs, la Russie reconnoisse l'indépendance de la Grèce, et un terme est mis à tant de calamités.
D'un autre côté, l'Angleterre, prévoyant un changement problabic, n'essayera-t-elle pas de devancer les événements, en acceptant le pro* tectorat qu'elle a d'abord refusé? Le temps développera la nouvelle politique qu'il n'est pas impossible de voir naître , qu'il est même raisonnable de supposer. Le projet indiqué dans la Note seroit donc plus utile que Jamais, si l'on vouloit l'adopter à la fois pour sauver la Grèae, et pour prévenir toutecollision entre les États de l'Europe. Puissent les Grecs trouver moyen de vivre jusqu'au jour qui doit peut-être les délivrer!
Malheureusement ce jour ne peut être fixé. Un nouveau règne peut s'annoncer par un changement complet de système; mais il peut aussi marcher quelque temps dans les voies tracées par le règne précédent. Rien des obstacles se rencontrent quelquefois au commencement d'une carrière : la prudence et la circonspection sontalors commandées. Lorsque le monarque descendu dans la tombe a d'ailleurs été un grand et vertueul prince, lorsqu'il a joué un rôle éclatant sur le théâtre du
' Mémoifêi pour tervir à Vhiatoire de la §uefft entre la France et la Rtitiie en JSI2 , pa^e 834, par le généfal VaudoÂcourt.
« Tout oe <fa*ott dtooit Ici de OonstaDUn peut s^tppHqoef en partie h Nleolas , qui , plus Jeune , n*a pas eu lei mêmes oœa* «Ions de déployer son caractère, mais qui Tient de montrer let iiaotet vertus dont U est eapable, eo saloanile premier do nom ^'empereur un frère digne de porter le sceptre. Constantin , qui , de son côté , a conservé toute la gloire de la royautd an r^elant seotement le fardeau de la ooaroime ; Coostantin peut appuyer de son expérience et de ses conseils , et s*il le faut de son épée, les résolutions généreuses que llicolas serott disposé à prôidre en laveur de la Grèce. Cet empereur, qui a voulu rester soldat , a sa place à la tête des grenadiers russes , il 11 ne peut manquer d'èlre souvent coosaHé par ou (rèare auquel U a laissé le diadème.
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monde , lorsqu'il a été le fondateur d'une politique particulière, enfin lorsqu'il e^t mort dans une haute réputation de sagesse, aimé, pleuré, admiré de ses peuples et des nations étrangères, la vénération que Ton a pour sa mémoire, le culte mérité qu'on rend à ses cendres , la tristesse même et la désolation que produit le spectacle de ses funérailles, les sentiments de tendresse et de douleur de son successeur, tout fait que Ton est enclin à suivre d'abord les traditions qull a laissées. Ce qu'il a établi parott sacré ; y toucher semhleroit une impiété, et l'on se sent disposé à déclarer que rien ne sera changé à Touvrage de son génie. Mais le temps affoiblit ces impressions, sans les détruire en ce qu'elles ont de naturel et de respectable : le caractère du nouveau souverain, la force des intérêts nouveaux , l'esprit différent des ministres appelés aux affoires, finissent par dominer, surtout dans les choses justes et visiblement utiles à l'État. Pour la Grèce il ne suffit que de pouvoir attendre : que sa liberté campe sur la montagne, elle verra venir ses amis. Au delà de six mois , rien ne peut se calculer enEurope.
On espère avoir détruit l'objection au moyen de laquelle des hommes influents sont censés avoir écarté l'idée de se rapprocher du plan indiqué dans la Note. On croit avoir démontré qu'il ne s'agit pas d'une dépêche comminatoire, mais d'une simple déclaration qui amèneroit l'émancipation désirée. Refusera-t-on d'acheter à si peu de frais une si sainte gloire? Un pareil résultat ne vaut il pas bien la demi-heure que coûteroit la rédaction de la dépêche libératrice de la Grèce?
Maintenant nous allons passer à l'examen des reproches que l'on fait aux Grecs , dans l'intention d'enlever à un peuple opprimé l'admiration due à son courage et à la pitié qu'inspirent ses malheurs.