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niiitioD de cette question : « Quelle sera Tin** • fluence de la découverte du Nouveau-Monde « sur rAncien-Monde ? «
Les écrivains se perdirent dans des calculs relatib à Teiportation et l'importation des métaux, à la dépopulation de l'Espagne, à l'accroisseroent da commerce, au perfectionnement de la malise : personne, que je sache, ne chercha Tinilnenee de la découverte de l'Amérique sur l'Europe dans rétablissement des républiques amérinines. On ne voyoit toc^ours que les anciennes nonarchies à peu prés telles qu'elles étdent , la lociété stationnaire , l'esprit humain n'avançant ni De reculant; on n'avoit pas la moindre idée de la révolation qui dans Tespace de quarante anaéei 8*est opérée dans les esprits.
le plus précieux des trésors que l'Amérique reofermoit dans son sein c*étoit la liberté; ebaqoe peuple est appelé à puiAr dans cette mine inépuisable. La découverte de la républi* qoe représentative aux États-Unis est un des plus grands événements politiques du monde. Cet éréneoient a prouvé, comme je Tai dit ailleurs, qu'il y a deux espèces de liberté praticables : Tune appartint à renfance des peuples ; elle est fille du nuBors et de la vertu : c'étoit celle des premiers Grecs et des premiers Romains, c'étoit eslle des Sauvages de l'Amérique : l'autre naît de la vieillesse des peuples ; elle estlilledes lumières et de la raison : c'est cette liberté des États-Unis qui remplace la liberté de l'Indien. Terre heuiwue, qui, dans Tespace de moins de trois siècles, a passé de l'une à l'autre liberté presque ttas effort , et par une lutte qui n'a pas duré plus de huit années!
L'Amérique oonservera-t-elle sa dernière espèce de liberté ? Les États-Unis ne se divlserontiia pas? N'aperçoit-on pas déjà les germes de ces divisions? Un représentant de la Virginie n'at-il pas d^à soutenu la thèse de l'ancienne liberté ireoque et romaine avec le système d'esclavage , contre un député du Massachusett qui défen* doit la cause de la liberté moderne sans esdavcs, telle que le christianisme l'a fiaite?
Les États de l'ouest, en s'étendant de plus en plus, trop éloignés des États de l'Atlantique, ne Toudront-iis pas avoir un gouvernement & part?
Enfin, les Américains sont-ilsdes hommes parbits? n'ont4is pas leurs vices comme ks autres bommes? sont-ils moralement supérieurs aux Anglols, dont ils tirent leur origine? Cette émi-
gration étrangère , qui coule sans ceâse dans leur population de toutes les parties de l'Europe, ne détruira-t-elle pas à la longue l'homogénéité de leur race? L'esprit mercantile ne les domincrat-il pas? L'intérêt ne oommence-tril pas à deve* nir ches eux le défaut national dominant?
Il &ut encore le dire avec douleur : l'établisse* ment des républiques du Mexique , de la Colombie, du Pérou , du Chili , de Buenos-Ayres, est un danger pour les États-Unis. Lorsque ceux-ci n'avoient auprès d'eux que les colonies d'un royaume transatlantique, aucune guerre n'étoit probable. Maintenant des rivalités ne nattrontelles point entre les anciennes républiques de l'Amérique septentrionale et les nouvelles républiques de l'Amérique espagnole? Celles-ci ne s*int«*diront-elles pas des alliances avec des puissances européennes? Si de part et d'autre on oouroit aux armes ; si l'esprit militaire s'emparoit des États-Unis , un grand capitaine pourroit s'élever : la gloire aime les couronnes; les soldats ne sont que de brillants fabricants de chai* nés , et la liberté n'est pas sûre de conserver son patrimoine sous la tutelle de la- victoire.
Quoi qu'il en soit de l'avenir, la liberté ne disparottra Jamais tout entière de l'Amérique; et c'est ici qu'il fout rignaler un des grands avantages de la liberté fille des lumières, sur la liberté fille des mœurs.
La liberté fille des mœurs périt quand son principe s'altère, et il est de la nature ^es mœurs de se détériorer avec le temps.
La liberté fille des mœurs commence avant le despotipae aux jours d'obscurité et de pauvreté; elle vient se perdre dans le despotisme et dans les siècles d'éclat et de luxe.
La liberté fille des lumières brilla après lea Iges d'oppression et de corruption; elle marohe avec le principe qui la conserve et la renouvelle; les lumières dont elle est Teffet, loin de s'affoiblir avec le temps , comme les mœurs qui enfan* tent la première liberté, les lumières, dis*je, se fortifient au contraire avec le temps : ainsi ellea n'abandonnent point la liberté qu'elles ont produite; toujours auprès de cette liberté, elles en sont à la fois hi vertu générative et la source intarissable*
Enfin les États-Unis ont une sauvegarde de plus : leur populatl<m n'occupe pas un dix-huitième de leur territoire. L'Amérique habite encore
la solitude; longtemps encore ses déserts seront ses- mœurs, et ses lamières, sa liberté.
Je Youdrois pouvoir en dire autant des républiques espagnoles de T Amérique. Elles jouissent de l'indépendance; elles sont séparées de l'Europe : c'est un fait accompli, un fait immense sans doute dans ses résultats , mais d'où ne dérive pas immédiatement et nécessairement la liberté.