DE PARIS A
donna des cliahes à la Gr^. Retombée au pouvoir des Tares, Goron fbt assiégée et prise de nouveau par Morosini en J685 : on remarque à ce tiége deux de mes compatriotes. Coronelli ne cite que le commandeur de la Tour, qui y périt glorieusement ; mais Giacomo Diedo parle encore du marquis de Gourl)on. J*aimois à retrouver les traces de l'honneur françôls dès mes premiers pas dans la véritable patrie de la gloire , et dans le pays d un peuple qui fat si bon Juge de la valeur. Mais où ne retrouve-t-on pas ces traces? A Coustanttnople, à Rhodes, en Syrie, en Egypte, & Carthage, partout où j'ai abordé, on m'a montré le camp des François, la tour des François, le diâteau des François : TArabe m'a fait voir les tombes de nos soldats sous les sycomores du Caire, et le Siminole sous les peupliers de la Floride.
Cest encore dans cette même ville de Coron que M. de Choiseul a commencé ses tableaux. Ainsi le sort me conduisoit au même lieu où mes compatriotes avoient cpeilii cette double palme des talents et des armes , dont la Grèce aimoit à couronner ses enfants. Si J ai moi-même parcouru sans gloire , mais non sans honneur, les deux carrières où les citoyens d'Athènes et de Sparte acquirent tant de renommée, je m'en console en songeant que d*autres François ont été plus heureux que moi.
M. Vial se donna la peine de me montrer Coron, qui nest qu'un amas de ruines modernes ; il me fit voir aussi l'endroit d'où les Russes canonnèrent la ville en 1770, époque fetale à la Morée, dont les Albanois ont depuis massacré la population. La relation des voyages de Peliegrin date de 1715 et de 1719 : le ressort de Go- , rons'étendoit alors, selon ce voyageur, à quatrevingts villages; je ne sais si l'on en trouveroit aujourd'hui cinq ou six dans le même arrondissement. Le reste de ces champs dévastés appartient à des Turcs qui possèdent trois ou quatre mille pieds d'oHviers, et qui dévorent dans un harem à Gonstantinople l'héritage d'Aristomène. Les larmes me venoient aux yeux en voyant les mains du Grec esclave inutilement trempées de ces flots d'huile qui rendoient la vigueur aux bras de ses pères pour triompher des tyrans.
La maison du consul domlnolt le golfe de Gdfw : Je voyois de ma fenêtre la mer de Messénie peinte do plus bel asur; devant moi, de l'autre cAté de cette mer, s'éievoit la haute chaîne du Taygète couvert de neige, et justement comparé |