CONTRAT PASSÉ ENTRE LE CAPITAINE DIMITRI ET M. DE CHATEAUBRIAND
Aià TOO nop^vtoç yçé\i^axQÇ ftiymwu fii^Xov fin 4 x{ip XotCl ïloXuKopiïOç ToO AoCdpou XoSiaptÇlç iicou lx« va- ^ai(jiyv)v T^v icoWnca ôvÔ|Miti à dcYioç 'Iwdwriç toO Kov. ATui.r,Tpiou Sxipiou àicè t* BoXo \ià 1û6w jonix^ iwwnipav &n6 èîù Ôià t6v yiéufON Sià va iciYaCv^p toù; XaT;i6ouc P»- (Ltttou; , itj\t]upû>yi<nv ^ oi^iupov (ictà toO {MMicroû £at«b MirptàvT (iicslCocvcèç 4>pavTCâ;oç va toO fiwoouv yjtaa ti« ta dva>6sv, %a^6i (MCtv titxpàv xd4&apav va xaOltng aùtàç x«l duàb Tou SouXoi (AoCl, dt& vàx(i{&v) ta To^fit éacà éd«b 2tc x6 yié/poLf va ToO &tdouv T07C0V elc x6 ôrCdoiT) toO xflcfnTdmou va (ta- -yeipeuT) tè çoqpfrrou , w<tov vepov xpstoortTxàOe ^o^àv, va tdv xoXoxitàCouv elç dxTOv xaipèv oroÔeï elçtè tantôt, xal xatà wàvta Tpcoicov va tàv <Tvxapt<maow xwpÇ va tov itpoÇevtOijj xa(i.îa év<oxXT]o-ic- Sià vd^ov aOti}c tyjc xdifjiapac dirov etvai 1^ àvnxdpLcpa toO xairtràviou , xal Sià dXXaiç tatc avtoOev SouXs'jçaic loupLçwvtffav ypoffovç é^rraxcoma ir^xi L : 700 : Ta diroià à âvwOev jiîteîCavTE; xà l(iiTpy]<Tev toù XotÇI IIo- XuxàpiTOu , xal ovrà; ô{ioXGfYeT 7cc5c rà IXaSev, 66ev 8àv S^st icX^ov 6 xamtdvoç va tou T^r^xà TiTtore^ , oOte è6o) , oOre eU
* Ce contrat a été copié avec les fautes d^orlbographe grossières, les faux accents et les barbarismes de Toriginal.
t6 Yid^ov, diocv fOdtfCt xal ixetvà Uvxaçauiçfjsi. là taûn al Oicco^rrot TbMJOv 6 ^6tlc XorCt iwXvKapitoc «flitgife xaOcb; xai d Kairitàvoc va çuXd|ouv oXXa ovià fcnlîiinMj^ Otxav xal sic MvÇtv àXiiOioc Oic<dYP«?«v &|içMtcpettinpai Tpdti{ia xal tô iScôaav si; x'^P^ '^^ |Mvooû Istè Hpt, Sico; Sx» ta xupo; xal n^ l^vv iv icavnxaipi^iaBnn. KftyvoTOVTtvdiroX. -fg vtRTC|ilSp(ou 1806.
XotC?] icoXixapicoc XoCapou pcftovo ' xamiTav ^\Lrfcçn^ 0TV)pT)0 pcCijovo '.
^ O xasiTav 8l{j.iTpt; T]no<7Xsn (UtojttVB neç c^ cvavTtaç xspou va |uv oroOi) xupursgin^ ORo {iiav Tifopa xaorpi xoi X'^cXadov Tov va6a(&v Ypo 700 nn ncsonais XatC^I iroXixopRO XaCopou.
TRADUCTION DU CONTRAT méCÉHBlt K
Par le présent contrat, dédare le Hadgi PoTiorpe^U zare Caviarzi nolisateor de la polaqoe oomméeSs ia/vAsi, commandé par le capitain Dimitry Sterio de Yslo, tiec pavillon ottoman pour porter les pellerins ^ccs M à Jaffa, avoir aujourd'hui contracté avec M. de CUkÊMbriaad, deloi céder une petite chambre dans le «il Mtiment , où il puisse se loger lui et deux doraesliqwsà« service ; en outre II lui sera donné une place dw h dcmmée du capitain pour faire sa cuisine. On hi toan de Teau quand il en aura besoin , et Ton ftlra tout œqa sera nécessaire pour le contenter pendant son vcyag^aM permettre qu'il lui soit occasioné aucune molestie Mie temps de sa demeure à bord — Pour noilsdeioifHnjSe et payement de tout service qui doit lui être leoM, le «il convenus la somme de piastres sept-cent n**700qMlL Chateaubriand a compté audit Policarpe, et lui dédaer à les avoir reçu ; moyennant quoi le capitain ne doit et bb pourra rien autre demander de lui , ni ici , ni à leur airivée à JalRi, et lorsqu'il devra se débarquer.
C'est pourquoi ils s'engagent, ce ndisalenretceai^ tain, d'observer et remplir les susdits oonditioDsdoBtiii se sont convenus, et ont signé tous les deux le présent o» trat, qui doit valoir en tout temps, et lieu. ConstantinopoU 6 septembre 1806.
HadgI Poligarpe de Lazare
Noligeateur Capitain DiwTRl acro
Le susdit cap*, s'engageavec moi (pHae^tf' rétera devant les Dardanelles etScM»<l>'« jour.
HADGI POIJCARPE DR LAIARR.
NoTB4,pagel39.
Cette citation faisoit partie du texte dans les deux premières éditions.
« En arrivant dans l'Ile*, dit le fils d'Llysse , jeMBtis « « air doux qui rendoit les corps lAcbes et parasieos, i>^ « qui inspiroit une humeur enjouée et fol&tre, JerflDtff'
* Signature de Policarpe.
* Signahire de Démétrius.
* Écrite de la main de Policarpe.
* Otte traduction barbare est de Tinterprète fraocàCoo^ tantinople.
NOTES
que b <^mpiflpi^ y BâtureUement fertile et agréable , étoit presque ioculte, tant les habitants étoient ennemis du travail. Je tIs de tous côtés des femmes et des jeunes fiUes, Taiaenieot parées, qui alloient en chantant les louanges de Vénus se dérouer à son temple. La beauté , ks grâces, la joie, les plaisirs, éclatoient également sur feora Tisages, mais les grâces j étoient affectés : en n'y Toyott point une noUe simplicité et une pudeur aimable , qai bit le plus grand cbarnie de la beauté. L'air de mol- Icise, l'art de composer leur visage, leur parure vaine, leur démarche lan^issante , leurs regards qui semblent chercher ceux des hommes , leur jalousie entre elles pour alloiner de grandes passions, en on mot tout ce que je royois dans ces femmes me sembloit vil et méprisable : à force de vouloir plaire elles me dégoûloient. « On me conduisit au temple de la déesse : elle en a plusicon dans cette Ile; car elle est particulièrement adorée à Cythère, à Idalie et à Paphos. C'est à Cytbère que je fus oondniL Le temple est tout de marbre , c'est on parbit péristyle; les colonnes sont d'une grosseur et d'une hauteur qui rendent cet édifice Irès-majestueux : au-des- SI1S de l'architrave et de la frise sont, à chaque face , de grands Gronlons où l'on voit en bas-relief toutes les plus ag^éaUes aventures de la déesse. A la porte du temple est sans cesse une foule de peuples qui viennent faire leurs oflraades.
• On tk'éffxfffè jamais dans l'enceinte du lieu sacré aucune Tlcline; on n'y brûle point, comme ailleurs, la graisse des génîBses et des taureaux ; on n'y répand jamais leur sang : on présente seulement devant Taulel les bètes qu'on ofire , et on n'en peut oflHr aucune qui ne soit jenne , blanche, sans défaut et sans tache.: on les couvre de bandelettes de pourpre brodées d'or; leurs cornes sont dorées et ornées de bouquets et de fleurs odoriférantes. Après qu'elles ont été présentées devant l'autel , on ks renvoie dans on lieu écarté , où elles sont égorgées pour ks festins des prêtres de la déesse. « On offre aussi toutes sortes de liqueurs parfumées et do vin plus doux que le nectar. Les prêtres sont revêtus de longues robes blanches avec des ceintures d'or et des franges de même au bas de leurs robes. On brûle , nuit et Jour, sur les autels, les parfums les plus exquis de l'Orienl , et ils ferment une espèce de nuage qui monte vers le del. Toutes les colonnes du temple sont ornées de fesions pendants; tous les vases qui servent aux sacrifices sont d'or : un bois sacré de myrtes environne le bAtiment. Il n'y a que de jeunes garçons et de jeunes filles d'une rare beauté qui puissent présenter les victimes aux prêtres , et qui osent allumer le feu des autels. Mais l'impudeoce et k dissolution déshonorent un temple si ma^niliqne« » (Télémaque.)
KoT£ 5 , page 163.
Cette citation fiaisoit partie do texte dans les deux éditions.
« Toute retendue de Jérasalem est environnée de hautes
• montagnes; mais c'est sur oeUe de Sion que doivent être
• les sépulcres de k femille de David dont on ignore le lien. « £n effet , il y a quinze ans qu'un des murs du temple , que
• j'ai dit être sur k montagne de Sion, crouk. Là-dessus, le
• patriarche donna ordre à un prêtre dek réparer des pier-
CBATEAUBaïAHD. — TOHB IV.
« res qui setrouvoientdans le fondement des murailles de « l'ancienne Sion. Pour cet effet, celui-ci fit marché avec « environ vingt ouvriers , entre lesquels il se trouva deux « hoDunes amis et de bonne intelligence. L'un d'eux mena « un jour l'autre dans sa maison pour lui donner à déjeûner. « Étant revenus après avoir mangé ensemble, l'inspecteur « de l'ouvrage leur demanda la raison pourquoi ils étoient « venus si tard, auquel ils répondirent qu'ils compen- « seroient cette heure de travail par une autre. Pendant « donc que le reste des ouvriers furent à dîner, et que « ceux-ci faisoient le travail qu'ils avoient pronûs , ils le- « yèrent une pierre qui bouchoit l'ouverture d'un antre, « et se dirent l'un à l'autre : Voyons s'il n'y a pas là-des- « sous quelque trésor caché. Après y être entrés, ils « avancèrent jusqu'à un palais soutenu par des colonnes « de marbre, et couvert de feuilles d'or et d'aigent. Au « devant il y avoit une table avec un sceptre et une cou- « ronne dessus : c'étoit là le sépulcre de David , roi d'is- « raél ; celui de Salomon , avec leé mêmes ornements , étoit « à la gauche , aussi bien que plusieurs autres rois de Juda « de la famille de David , qui avoient été enterrés en ce « lieu. 11 s'y trouva aussi des coffres fermés; mais on « ignore encore ce qu'ils contenoient. Les deux ouvriers « ayant voulu péi^trer dans le palais, il s'éleva un tour* < bilion de vent qui entrant par l'ouverture de l'antre, les « renversa par terre , où ils demeurèrent , comme s'ils eus- « sent été morts, jusqu'au soir. Un autre souflle de vent « les réveilla , et ils entendirent une voix semblable à « celle d'un homme, qui leur dit : Levez-wm$, et soriex m de ce lieu, La frayeur dont ils étoient saisis les fit retirer « en diligence, et ils rapportèrent tout ce qui leur étoit ar- « rivé au patriarche , qui le leur fit répéter en présence d'A* « braham de Constantinople , le pharisien, et surnommé « le Pieux , qui demeuroit alors à Jérusalem. II l'avoit en- « voyé chercher pour lui demander quel étoit son senti* « ment là-dessus ; à quoi il répondit que c'étoit le Heu de « la sépulture de la maison de David , destiné pour les rois « de Juda. Le lendemam, on trouva ces deux hommes « couchés dans leurs lits, et fort malades de la peur qu'ils « avoient eue. Us refusèrent de retourner dans le même « lieu, à quel prix que ce fût, assurant qu'il n'étoit pas « permis à aucun mortel de pénétrer dans un lieu dont « Dieu défendoit l'entrée; de sorte qu'elle a été bouchée « par le commandement du patriarche , et la vue en a été « ainsi cachée jusqu'aujourd'hui. »
Cette histoire parott être renouvelée de celle que raconte Josèplie au sujet du même tombeau. Hérode le Grand ayant voulu faire ouvrir le cercueil de David , il en sortit une flamme qui l'empêcha de poursuivre son des-
sem.
KoTE 6» page 165.
Cette ciution faisoit partie du texte dans les deux premières éditionSé
« A peine, dit MassiUon, rame sainte du Sauveor a-t* « éUe ainsi accepté le mmistère sanglant de notre réconci- « liation , que la justice de son Père commence à le re* « garder comme un homme de péché. Dès lors il ne voit a plus en lui son Fils hien-aimé , en qui il avoit mis toute « sa complaisance ; il n'y voit plus qu'une hostie d'expia- « tion et de colère, chargée de toutes les uiquités du
NOTES
« iDonde , et qaMI né peat plas se dispetifter dMimnoler k « toute la séTérJté de sa vengeance. Et c*est ici que tout le « poids de sa justice commence k tomber sur cette âme pure « et innocente : c'est ici où JësusClirist , comme le ?érita- « bje Jacob , va lutter toute la onlt contre la colère d*un « Dieu même, et où ya se consommer par avance son sait crifice , mais d'une manière d'autant plus douloureuse « que son Ame sainte Ta expirer, pour ainsi dire , sous le» « coups de la justice d'un Dieu irrité , au lien que sur le « Calvaire elle ne sera llviée qu'à la fureur et k la puissance « des hommes.
« L'Ame sainte du SauTcnr, pleine de grAce, de Térité et « de lumière ; ah ! elle folt le péché dans toute son hor- « reur ; elle en voit le dé^rdre, l'injustice, la (ache im- ^ mortelle ; elle en foit les suites déplorables : la mort , la « malédiction, l'ignorance, l'orgueil, la comiptlon, tou- « tes les passions , de cette source fatale nées et répandues « sur la terre. En ce moment douloureux , la durée de tous « les siècles se présente à elle : depuis le sang d'Abel jus- « qu'à la dernière consommation , elle Toit une tradition « non interrompue de crimes sur la terre ; elle parcourt « cette histoire afTreuse de l'univers , et rien n'échappe « aux secrètes horreurs de sa tristesse ; elle y voit les plus • monstrueuses superstitions établies parmi les hommes : « la connoissance de son père efTacée ; les crimes infâmes « érigt^s en divinités ; les adultères , les incestes, le^ abomi- « nations avoir leurs temples et leurs autels ; l'impiété et « rirrélij^ion devenues le paKi des plus modérés et des « plus sages. Si elle se tourne vers les siècles des chrém tiens , elle y découvre les maux futurs de son Église : les M schismes, les erreurs, les dissensions qui dévoient dé- « chirer le mystère précieux de son unité , les profanations « de ses autels, l'indigne usage des sacrements, l'exlinc- « tlon presque de sa foi , et les moeurs corrompues du pa- « ganisme rétablies parmi ses disciples
« Aussi , cette Ame sainte ne pouvant plus porter le poids de ses maux , et retenue d'ailleurs dans son corps par la rigueur delà justice divine , triste jusqu'à la mort , et ne pouvant mourir, hors d'état et de finir ses peines , et de les soutenir, semble combattre, par les défaillances et les douleurs de son agonie, contre la mort et contre la vie ; et une sueur de sang qu'on voit couler à teri-e est le triste fruit de ses pénibles efforts : Etfaclus est sudor ejus sicut guiiœ sanguinis decurrentis in terram. Père juste , falloitil encore du sang à ce sacrifice intérieur de votre Fils ? N'est-ce pas assez qu'il doive être répandu par ses ennemis? Faut-ll que votre justice se hâte , pour ainsi dire , de le voir répandre ? »
Note 7, page 165.
Cette citation faisolt partie du texte dans tes deux premières éditions.
La destruction de Jémstlem , prédite et pleura par Jétos-ChrisI, mérite bien qu'on s'y arrête. Écoutons Josèphe, témoin oculaire de cet événement. La ville étant prise, un soldat met le feu au temple.
« Lorsque le feu dévorott ainsi ce superbe temple, les « soldaU, ardents au pillage, tuoient tons ceux qu'ils y « rancontroieat. Us ne pardonnoleot ni à l'Age ni à la qut-
« lité : les vieillards aussi bien que les eafcnts, et les pré- • très comme les laïques , passoient par le tranchut de « l'épée : tons se trouvoient enveloppés dans ce carni<^ « général, et ceux qui avoient recours aux prières n'éUneot « pas plus humainement traités que ceax qot avoieol te « courage de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Les « gémissements des mourants se mèloient an bnût di pé- « tillementdu feu, qui gagnoit toujours plus avant; el « l'embrasement d'un si grand édifice, joint à la buteur « de son assiette , faisoit croire à ceux qui ne le voyoient « que de loin que toute la ville étoit en leo.
n On ne sanrott rien imaginer de plus terrible que le « bruit dont l'air retentissoit de toutes parts ; car, qod « n'étoit pas celui que feisoient les légions romaines dans « leur fureur? Quels cris ne jetoient pas les factieoiqoi « se voy oient environnés de tous côtés du fer etdofes? ■ Quelle plainte ne faisoit point ce panvre people qoi,tt n trouvant alors dans le temple, étoit àaos one telle « frayeur, qu'il se jetoit, en fuyant, au miliea des en^ « mis ! Et quelles voix oonibses ne pousseit point jusqs'ai « ciel la multitude de ceux qui , de dessus la nwotagse «opposée au temple, voyoient un spectacle ililfiein! « Ceux même que la faim avolt réduits à une telle eitié- N mité que la mort étoit prête à leur fermer pour jamais ki « yeux, apercevant cet embrasement du temple, rtssesB- « bloient tout ce qui leur restoit de forces pour déptotr « un si étrange malheur; et les échos des mootagoesd'a* R lentour et du pays qui est au delà du Jourdain redoo* « bloient encore cet horrible bruit ; mais qoflqoe ^ « vantable qu'il fût , les maux qui le causoieot Féleieil « encore davantage. Ce feu qui dévoroit le temple étoils M grand et si violent, qu'il sembloit que la montagne nèaft « sur laquelle il étoit assis brtklAt jusque dans ses faad^ m ment S. Le sang oouloit en telle abondance, qnH pvov* « soit disputer avec le feu à qui s'étendroit davantage. Le •t nombre de ceux qui étoient tués snrpassoit celai de moi « qui les sacrifioient à leur colère et à leur vengeaoee; H toute la terre étoit couverte de corps morts; et les sot- « data marchoient dessus (lour suivre par un cfaemio si é K froyable ceux quis'enfuyoient
a Quatre ans avant le commencement de la goerre, lors* que Jérusalem étoit encore dans une nrofondc piiici dans l'abondance , Jésus , fils d'Ananus, qui n'étoit qo'oi simple paysan , étant venu à la (èie des Tabernacles, qfli se célèbre tous les ans dans le temple en Ilionneor de Dieu , cria : « Voix du c6té de l'orient ; voix da côté de l'occident ; voix dn côté des quatre vents ; voix contre Jérusalem et contre le temple; voix contre lesnoaTeux mariés et les nouvelles mariées ; voix contre tool le pea* pie. " Et il ne cessoit point , jour et nuit , de eooHr ftf toute la ville en répéUmt même chose. Quelques penonnés de qualité , ne {)Ouvant souffrir des paroles d'on h mauvais présage, le firent ptendre et extréoMBent fouetter
« Mais à chaque coup qu'on lui donnoit , il répéM « d'une voix plaintive et lamentable : « Malheur! mAetf
« sur Jérusalem !» . *
« Quand Jérusalem fht assiégée, on vit l'flflMdei» m prédîctkxis. Et fiOsant alors le toor des mrnitt»^^
NOTES
« TiUe, il se mK encore à crier : « Malheur! malheur sur « la Tille ! malheur sur le peuple ! malheur sur le temple ! » « A quoi ayant ajouté : « et malheur sur moi ! » , une pierre « poussée par une machine le porta par terre , et U rendit « Tesprit en proférant ces mêmes mois. »
N0TB8,page 166.
• On verra, dit encore Massillon, le Fils de l'Homme parcourant des yeux, du haut des airs, les peuples et les nations confondus et assemblés k ses pieds , relisant dans ce spectacle IMiistoire de Tunivers, c*e8t-à dire des passions ou des vertus des hommes : on le verra rassembler ses élus des quatre vents, les choisir de toute langue, de tout état, de toute nation; réunir les enfants d'Israël dispersés dans l'univers ; exposer rhisloire secrète d*un peuple saint et nouveau ; produire sur la scène des héros de la foi , juftque-là inconnus au monde : ne plus distinguer les siècles par les victoires des conquérants , par rétablissement ou la décadence des empires» par la politesse ou la barbarie des temps, par les grands hommes qui ont paru dans cliaque âge, mais pir les divers triomphes de la grâce , par les vicleires cachées des justes sur leurs passions, par Tétabllssenent de son règne dans un cceur, par la fermeté héroiqoe d'oB idèle persécuté
■ La dis^position de Tunivers ainsi ordonnée; tous les peuples de la terre ainsi séparés ; chacun Immobile à la place qui lui sent tombée en partage; la surprise, la lerreor, le désespoir, la confusion , peints sur le visage des ans ; sur celui des autres la joie , la sérénité , la conianoe; les yeux des justes levés en liant vers le Fils de rHoinBie d'où ils attendent leur délivrance; ceux des impies fixés d'une manière affreuse sur la terre, et perçant presque les abfanes de leurs regards, comme pour y marquer d<yà la place qui leur est destinée. »
NOT£ 9, page 166.
Cette citation faisoit partie du texte daiis les deux premières éditions.
Bossaet a renfermé toute cette histoire en quelques pages , mais ces pages sont sublimes :
'^ Cependant ia jalousie des pharisiens et des prêtres le iii4»e à un supplice Infâme; ses disciples Tabandon- Dent; un d*eux le trahit; le premier et le plus télé de tûos le renie trois fois. Accusé devant le conseil, il honore jusqu'à la fin le ministère des prêtres, et répond en termes préds au penttfe qui Tinterrogeoit juridiquemenl ; mais le moment étoit arrivé où la synagogue devoit être réprouvée. Le pontife et tout le conseil condamnent Jésus-Christ, parce qu'il se diaoit le Christ, Fâs de Dieu, il est livré à Ponoe-Pilate, président romain : son innocence est reconnue par^son juge, que la politique et l'intérêt font agir contre sa conscience : le Josie est oondanmé à mort : le plus grand de tous les crimes donne lieu à la plus parfaite obéissance qui fut jamais. Jésus, maître de sa vie et de toutes choses s'alMUMkHMe v^dontairement à la foreur des méchants, et olfre œ acrifice qui devoH être l'expiation du genre bnmaîn. A la croix, il regarde dans les prophéties ce qui lui resloit à fiûre : il l'achève, et dit enfin : « Tout
« A ce mot, tout change dans le monde : la loi cesse, « les figures passent, les sacrifices sont abolis par une « oblatlon plus parfaite. Cela fait, Jésus-Christ expire « avec un grand cri : toute k nature s'émeut; le centu- « rion qui le gardoit, étonné d'une telle mort, s'écrie qull (t est vraiment le Fils de Dieu ; et les spectateurs s'en re- « tournent firappant leur poitrine. Au troisième jour il « ressuscite; il parolt aux siens qui Tavoient abandonné, ft et qui s'obstinoient à ne pas croire sa résurrection. Ils « le voient, ils lui parlent, ils le touchent, ils sont con- « vaincus
« Sur ce fondement , douze pécheurs entreprennent de convertir le monde entier, qu'ils voient si opposé aux lois qu'ils avoient à lui prescrire et aux vérités qu'ils avoient à lui annoncer. Ils ont ordre de commencer par Jérusalem , et de là de se répandre par toute hi terre, pour inslriiire toutes les nations et les baptiser au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Jésus-Christ leur promet d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles, et assure par celte parole la perpétuelle durée du ministère ecclésiastique. Cela dit, il monte auxcieux en leur présence. »
Note 10, page 171.
Cette citation faisoit partie du texte dans les deux premières éditions.
« Voyant le roi qui avoit la maladie de l'ost et la menai- « son comme les autres que nous laissions, se fust bien « garanti s'il eust voulu es grands gallées; mais il disoit « qu'il aimoit miens mourir que laisser son peuple : il tt nous commença à bûcher et à crier que demeurassions , « et nous tiroit de bons garrots pour nous faire demeurer « jusqu'à ce qu'il nous donnast congé de nager. Or je vous •« lerray ici , et vous dirai la façon et manière comme fut « prins le roi , ainsi que lui-mesme me conta. Je lui oui « dire qu'il avoit laissé ses gens d'armes et sa bataille, et ic s'estoit mis lui et messire Geoflroy de Seigine en la bâte taille de messire Gaultier de Cbaslillon, qui faisoit i'ar- « rière-garde. Et estoit le roi monté sur un petit coursier, « une housse de soie vestue ; et ne lui demoura , ainsi que R lui ai depuis oy dire, de tous ses gens d'armes, que le « bon chevalier messire Geoffroy de Sergine, lequel se « rendit jusques à une petite ville nommée C€tsel, là où « le roi fut prins. Mais avant que les Turcs le pussent voir, « lui oy conter que messire Geoffroy de Sergine le defTen- « doit en hi façon que le bon serviteur deffend le hanap a de son seigneur, de peur des mouches. Car toutes les a fois que les Sarrazins l'approchoient, messire Geoffroy « le deffendoit à grands coups d'espée et de pointe , et res- « sembloit sa force lui estre doublée d'oultre moitié, et son « preux et hardi courage. El à tous les coups les cbassoit « de dessus le roi. Et ainsi l'emmena jusqu'au lieu de Caa sel, et là fut descendu au giron d'une bouiigeoisie qui « estoii de Paris. Et là le coidèrent voir passer le pas de « mort, et n^esperoientpoiut que jamais U peust paascr celui R jour sans mourir '*. »
C'étoit d^ un coup assex surprenant de la foitnne » que d'avoir livré un des plus grands rois que la France ait
> Sire de Jolnville.
INOTES.
eus aux mains d*uD jeune soodan d*Égypte, deinier bérilier du grand Saladin. Mais cetle fortune, qui dispose des empires, voulant, pour ainsi dire, monlrer en un jour Texcès de sa puissance et de ses caprices , ût égorger le roi vainqueur sous les yeux du roi vaincu.
n Et ce voyant le Soudan qui esloit encore jeune , et la « malice qui avoit esté inspirée contre sa personne, il s*en- <c fuit en sa haute tour, qu*il avoit près de sa chambre, « dont j*ai devant parlé. Car ses gens mesme de la Haule- « qua lui avoient jà abattu tous ses pavillons, et environ- « noient cette tour, où il s'en estoit fui. Et dedans la tour « il y avoit trois de ses evesques , qui avoient mangé avec « lui , qui lui escrivirent qu'il desoendist. Et il leur dit que « volontiers il descendroit , mais qu'ils l'assurassent. Ils a lui respondirent que bien le ieroient descendre par force, R et malgré lui ; et qu'il n'estoit myc encore à Damiète. Et « tantostils vont jecter le feu grégeois dedans celte tour, qui « estoit seulement de perches de sapin et de toile , comme « j'ai devant dit. Et incontinent fut embrasée la tour. Et « vous promets que jamais ne vis plus beau feu , ne plus « soudain. Quand le sultan vit que le feu le prcssoit, il « descendit par la voie du Prael , dont j'ai devant parlé, « et s'enfuit vers le fleuve; et en s'enfuyant, l'un des che- « valiers de la Haulequa le ferit d'un grand glaive parmi « les cosles, et il se jecle à tout le glaive dedans le fleuve. « Et après lui descendirent environ de neuf chevaliers , qui « le tuèrent là dans le fleuve, assez près de noslre gallée. « Et quand le Soudan fut mort, l'un desdits chevaliers, « qui avoit nom Faracataie, le fendit, et lui tira le cœur « du ventre. Et lors il s'en vint au roi, sa main toute en- « sanglantée , et lui demanda : r Que me donneras-tu , dont « j'ai occis ton ennemi qui t'eust fait mourir s'il eust vescu ? » « Et à celte demande ne lui respondit oncques un seul mot « le bon roi saint Louis. »
NoTB 11, page 172.
Cette citation faisoit partie du texte dans les deux premières éditions.
Le tableau du royaume de Jérusalem , tracé par l'abbé Guénée, mérite d'être rapporté. Il y auroit de la témérité h vouloir refaire un ouvrage qui ne pèche que par des omissions volontaires. Sans doute l'auteur, ne pouvant pas tout dire , s'est contenté des principaux traits.
« Ce royaume s'étendoit, dit-Il, du couchant au levant, « depuis la mer Méditerranée jusqu'au désert de l'Arabie, « et du midi au nord , depuis le fort de Darum au delà du « torrent d'Egypte jusqu'à la rivière qui coule entre Bé- « rith et Biblos. Ainsi, il comprenoil d'abord les trois Pan lestines, qui avoient pour capitales : la première, Jérum salem ; Ui deuxième, Césarée maritime ; et la troisième, « Bethsan , puis Nazareth : il comprenoit en outre tout « le pays des Philistins , toute la Phénicie avec la deu- « xième et la troisième Arabie , et quelques parties de la « première.
et Cet État , disent les Assises de Jérusalem, avoit deux « chefs seigneurs, l'un spirituel et l'autre temporel : le pa- « triarche étoit le seigneur spirituel , et le roi , le seigneur « temporel.
« Le patriarche étendoit sa juridiction sur les quatre ar- <t dievèchés de Tyr, de Césarée, de Nazareth et de Krak; « ii avoit pour tuffhigants les évéques de Bethléem , de « Lyde et d'Hébron ; de lui dépendoieot encore les six
e abbés de Mont-Sioo, de la Latine, du Temple, do Mont- «Olivct, de Josaphat et de Saml-Samud; le prieur ài « Saint-Sépulcre, et les trois abbesses de Notre-Dime h « Grande, de Sainte-Anne et de Saint-Ladre.
« Les archevêques avoient pour suifragants : celui de « Tyr, les évéques de Bérith , de Sidon , de Panéas et de « Ptolémaïs ; celui de Césarée , Tévèqoe de Sébaste ; cdii " de Nazareth, l'évèque de Tibériade et le prieur du Moot- « Tabor; celui de Krak, l'évèque du Mont-Sinal
«Les évèques de Saint-Georges, de Lyde et d'Acre, « avoient sous leur juridiction : le premier, les deux abbéi « de Saint-Joseph d'Arimathie et de Saint-Habacttc,lesdeox « prieurs de Saint-Jean l'Évangéliste et de Sainte-Othe « rine du Mont-Gisart, avec l'abbesse des Trois-Ombrei; « le deuxième, la Trinité et les Repenties.
« Tous ces évèchés, abbayes, chapitres, couvents d'hon* « mes et de femmes , paroissent avoir eu d'assez gnoà « biens, à en juger par les troupes qu'ils étoient obljféi « de fournir à l'État. Trois ordres surtout religieux et ni- « litaires tout à la fois se distinguoient par leur opdeDoe; «ils avoient dans le pays des terres considérables, dei « châteaux et des villes.
« Outre les domaines que le roi possédoit en propre, « comme Jérusalem, Naplouse, Acre, Tyr et leurs d^ « dances , on comptoit dans le royaume quatre grandei « baronnies ; elles comprenoient , la première, les oon* « tés de Jafa et d'Ascalon , avec les seigneuries de Rim, « de Mirabel et d' Ybelin ; la deuxième , la principtoté de « Galilée; la troisième, les seigneuries de Sidoo, de Ce» « rée et de BeUisan ; la quatrième, les seigneuries de Knk, « de Montréal et d'Hébron. Le comté de Tripoli (vuxA nune principauté à part, dépendante, mais distiogoiteàa « royaume de Jérusalem.
A Un des premiers soins des rois avoit été de domer « un code à leur peuple. De sages hommes forent char- « gés de recueillir les principales lois des différeQts pays « d'où étoient venus les croisés , et d'eo former on corps « de législation , d'après lequel les affaires civiles et criai* a nelles seraient jugées. On établit deux cours de justice: « la haute pour les nobles, l'autre pour la booiigeolsie (H « toute la roture. Les Syriens obtinrent d'être jugés loi- <« vant leurs propres lois.
« Les différents seigneurs, tels que les comtes de JafSi « les seigneurs d'Ybelin, de Césarée, de Caifas, de Knkj «l'archevêque de Nazareth, etc., eurent leurs oooit et «justice; et les principales villes, Jérusalem, Ifaploiise» «Acre, Jafa, Césarée, Bethsan, Hébron, Gades, Lyde, «Assur, Panéas, Tibériade, Nazareth, etc., leurs oous A et justices bourgeoises : les justices seigneuriales et « bourgeoises , au nombre d'abord de vingt à trente de «chaque espè^^e, augmentèrent à proportion qatïtid « s*agrandis6oit.
« Les baronnies et leurs dépendances étoient cbiigées « de fournir deux mille cavaliers ; les villes de Jérsialeflf « d'Acre et de Naplouse en devoient^x cent soixaole-sii» « et cent treize sergents; les cités de Tjr, de Césaréei m d'Ascalon, de Tibériade, mille sejigents.
« Les églises , évèques, abbés , chapitres, etc., deToîent « en donner environ sept mille, savoir : le patriarche, r^ « glise du Saint-Sépulcre, l'évèque de Tibériade, et l'abbé « du Mont-Tabor, chacun six cents; l'archevêque de ïjr « et l'évèque de Tibériade, cbscon cinq eeat dsfB»^»
NOTES
Um
les ëTèqoes de Lyde et de Bethléem , chacun deui cento ; et les autres à proportion de leurs domaines. « Les troupes de TÉtat réunies firent d'abord une armée de dii à douze mille hommes; on les porta ensuite à quinze; et quand Lusignan tîit défait par Saladiu, soo année montolt à près de vingt-deux mille hommes, toutes troupes du royaume.
« Bfalgré les dépenses et les pertes qu'entratnoient des gnenespresque oontmuelles, les impôts étoient modérés, l'abondaiiGe régnoit dans le pays, le peuple semultipUoit, les seigneurs trouToient dans leurs fiels de quoi se dédommager de ce qu'ils aboient quitté en Europe ; H Btii4M!iff du Bourg lui-même ne regretta pas long- Umçs ton riche et beau eomté d'Édesse. »
Note 12, page 173.
Cette citation faisoit partie du texte dans les deux premières éditions.
le ne pois cependant m'empécfaer de donner ici un calcnl qui fais(^t partie de mon trayaU; il est tiré de Vltiné' Taire de Beigamin de Tudële. Ce Juif espagnol aToit parcoom la terre au treizième siècle pour déterminer Tétat du peuple héiveu dans le monde connu ' . J'ai releré, la plume à la main, les nombres donnés par le Yoyageor, et j*ai trouTé sept cent soixante-huit miUe huit cent soixantecinq Joift dans r Afrique, l'Asie et TEnrope. Il est yrai que Benjamin parle des Juifs d'Allemagne sans en citer Je nombre, et qu'il se tait sur les Juifs de Londres et de Paris. Portons la somme totale à un mUlion d'hommes ; j^outom à ce odllion d'hommes un million de femmes et deux millions d'enfonts, nous aurons quatre millions d'individtts pour la population juive au treizième siècle. Selon la supputation la plus probable , la Judée proprement dite , la Gaulée , la Palestine ou l'Idomée, comptoient, du temps de Vespasien, euTiron six ou sept millions d'habitants; quelques auteurs portent ce nombre beaucoup plus haut : au seul siège de Jérusalem par Tittis il périt onze cent mille Juife. La population juive aurait donc été, au treizième siède, le sixième de ce qu'elle étoit avant sa dispersion. Voici le tableau td que je l'ai composé d'après Y Itinéraire de Benjamin. 11 est curieux d'ailleurs pour la géographie du moyen âge; mais les noms des UeuK y sont souvent eatrof^ par le yoyageor : l'original hébreu a dû se refuser à leur véritable orthographe dans cerlames lettres; Arias Monlanusaporté de nouvelles altérations dans la yersion latine, el la traduction françoiae achève de défigurer ces noms:
▼ILLU.
Vn.x.cs.
Barœlonne.
Ilarbonne. .
Bidnscfa. .
Montpdlier.
Lund. . . .
Beaucahe. .
SaintrGiDes.
Arles. . . .
Bfarsetlle. .
Juifs.
4 chefs.
3 chefs.
6 chefs.
* n n^est pourtant pas bien clair que Benjam in ait parcouru tous tes lieux qu*it a nommés. Il est même évident, par des passages du texte hébreu , que le voyageur Juif n*a souvent écrit que tor des Mémoires.
Gènes. .
Lucques.
Rome. .
Capoue.
Naples. .
Saleme.
Malfi. . .
Bénévent
MalchL
Ascoli
Trani
Tarente. ^ <
Bardenis
Otrante
Corfou
Leptao
Achilon
Patras
Lépante
Crissa
.Coiinthe
Thèbes
Egrifou
Jabustérisa
Sinon-Potamon
Gardegin (quelques Juifs).
Armilon
Bissine
Séleude
Mitricin
Darman
Canisthol
ConstantiDople
Doroston
Galipoline
Galas
Mitylcs (une université).
Gibam
Ismos
Rhodes
Dophros (assemblée de Juifs).
Laodicée
Gébal
Birot
Sidon '
Tyr. . .
Akadi. .
Césarée.
Luz
Betbgebarin
Torondolos (autrefois Sunam).
Nob
Ramas
Joppé - . * .
Ascalon > • •
Dans la même ville, Juifs samaritahis.
Ségura
Tibériade
Tûnin.
Joirs.
Vnxifl.
Gbalmal
Damas
Thadmur ^ . . . .
Siba
KelagMieber. *
Dakîa.
Hliaran. ,,,,,,.* ^
Achabor
Nisibis
Gezir-Ben-Gbamar
Al-Motsal (autrefois Aâsur)
Rababan
Karkésia
Al-Jobar
HbardaQ
GhukbéraD
Bagdad.
Géhiaga.
Dans uo liea à yiiigt pas de Oégisiga. . .
Hlûlan : . . .
fiaphahh
Alkotsonath
Rupha
Séphîtbib (ane synagogue).
Juifs qui habitent dans les Tilles et autres lieux du pays de Tliéina
Cbibar
Vira, fleuve du pays d'Eliman (au bord). .
liéasat
Bostan
Samura.
Chuzsetbam
Bobard-Bar
Vaanath
Pays de Molhheath (deux synagogues).
Charian
Hbendam
Xabarethan
Asbaham
. Scaphas
Ginat
Samareant
Dans les montagnes de Nisbon , appartenant au roi de Perse , on dit qu'il y a quatre tribus d'Israél » savoir : Dan, Zabulon, Aser et Nephtali.
Cberataan
Kflthipban
pays de Haalam (les Juifs, au nombre de
yingt familles).
Hé de Cbeneray
Gingslan
L'Yode ( une grande quantité de Juifs).
Hhala?an. . ,
Kita
Misraim «..*....
Gossen
Al-Bubng
Bamb'a
Kons.
Jcirs.
TILLU.
Alexandrie Damiette . Tunis. . .
Messine. .
PaieriDe. .
Total.
àOO
BenjaiBin mt ipéciie point le noiabre te Juift d'AHe- DH^pie; mais fldte les Tilles oè se trouToéenlIe» principales synagoencs; oes Tilles soat : Coblenlz , AodlNiiach, Caub, CreutaMch, Beofeii, Germentieim, MoMter, Strasbourg , Mantem , Freising , Bamberg ,Tsor et Regiiespurcb. En parlant des JuUs de Paris , il dit : In qua sapientium éiteiptUi suHt omnium pU kodie in ommi rtgione stmi doctissimi.
I>ïOTE 13, page 177.
Cette citation faisoit partie du texte dans les deox premières éditions.
losèphe parle ainsi du premier tenqile :
« La longueur du lenpie est de soixante oeodées, st ■ hauteur d'autant, et sa largeur de vingt. Sur eetédifiet «oo en éleva un autre de même grandeur; et aiasi, taule #la hauteur du temple étoit de six vingts coudées. Iléloit « tournévers l'orient, et son portique étoit de pareille faao" « leur de six vingts coudées , de vingt de long et de «i « de laige. Il y avoit k Tenlour du temple tnaite dnn- « bres en forme de galeries, et qui servoieiit an ériioft • comme d'arcs-boutants pour le soutenir. On pacaoîl des « unes dans les autres , et chacune avoit vingt ooiidées de « long , autant de large , et vingt de hauteur. Il y avoit an- « dessus de ces chambres deux étages de pareil nonbre de « chambres toutes semblables. Ainsi, la hauteur des Iniis « étages ensemble , montant ensemble à soixante coudées , « revenoit justement à la liauteur du bas édifice du lem- « pie dont nous venons de parler ; et il n'y avoit ri» a»> « dessus. Toutes ces chambres étoient couvertes de bois du « cèdre, et chacune avoit sa couverture à part, en forme n de pavillon; mais elles étoient jointes par de longneset « grosses poutres , afin de les rendre plus fermes , et ainsi « elles ne faJsment ensemble qu'un seul corps. Leurs pla- « fonds étoient de bois de cèdre fort poli , et enrichis de « feuillages dorés , taillés dans le bois. Le reste étoit ausû « lambrissé de bois de cèdre , si bien travaillé et si bien « doré , qu'on ne pouvoit y entrer sans que leur édat « éblouit les yeux. Toute la structure de ce superbe édifice « étoit de pierres si polies et tellement jomtes, qu'on ne « pouvoit pas en apercevoir les liaisons; mais U sembloit R que la nature les eût formées de la sorte, d'une seule « pièce, sans que l'art ni les instrumentsUrait les excellents « maltresse servent pour embellir leurs onvra^, y eus* R sent en rien contribué. Salomon fit faire duHs l'épaisseur « du mur, du côté de l'orient , où U n'y avoit point de grud « portail , mais seulement deux portes , un degré à vis de « son invention pour monter jusqu'au haut du temple. Il A y avoit dedana et dehors le temple des aïs de cèdre, « attachés ensemble avec de grandes et fortes chaînes, « pour servir encore à le maintenir en état
NOTES
« Lonqoê tout ce grand eorpt éê bàtimoit Ait achevé , « SaloinoDl«fitdififlereadeuxpartie8,doDtrune,nommée « le Saint des Saints ou Sanctuaire, qui avoit vingt « ooodéea de long , élolt paiiâculièrement consacréeà Dieu , « el il D'étoit pemisàperiooned'y entrer; l'autre partie, « qui aroit quarante coudées de longueur, fut nommée le « Saint-Tsmple, et destinée pour tes saBrificateurs. Ces
• deox parties étoient séparées par de grandes portes de « cèdre , pariaitemeot bien taillées et fort dorées , sur les- « queiles pendoiènt des voiles de lin, pleins de diverses ■ fleurs de couleur de pourpre, d*tiyaciiitlie e( d'écarlate.
« Saloraoo se servit, pour tout ce que je viens de dire, « d'un ouvrier admirriile , mais principalement aux ouvra* « ges d'or, d'aigent et de enivre, nommé CMram, qu'il « a voit fait venir de Tyr, dont le père, nommé Vr, quoique
• habitué àTyr, étoit descendu des Israélites, et sa mère
« éloit de la tribu de NephtaU. Ce même homme lui fit aussi
« deux ooloanes de bronze qui avoient quatre doigts d'é-
« paisseor, dix -huit coudées de haut , et douze coudées de
« tour, au-dessus desquelles étoient des corniches de fonte
m. en forme de lis, de cinq coudées de hauteur. Il y avoit à
« Pentoor de ces colonnes des feuillages d'or qui couvroient
« «a lia , cC oa y voyoit pendre en denx rangs deux cents
« grenades aussi de fbnte. Ces colonnes furent placées à
« rentrée du porche du temple; l'une nommée Jachim, à
« la main droite ; et l'autre nommée Boz, à bi main gauche.
m Saloroon fit bâtir hors de cette enceinte une espèce » d'autre temple d'une forme quadrangulaire, environné « de grandes galeries, avec quatre giimds portiques qui m regardoient le levant, le couchant, le septentrion et le
• midi , et auxquels étoient attachées de grandes portes « toutes dorées ; mais il n'y avoit que ceux qui étoient pu-
• ri^és selon la loi , et résolus d'observer les commande- « oMntsde Dieu, qui eussent la permission d'y entrer. La « construction de cet autre temple étoit un ouvrage si di-
• gpe d'admiration, qu'à peine est-ce une chose croyable; « car, pour le pouvoir bâtir au niveau du haut de la mon- « tagne sur laquelle le temple étoit assis, il fallut remplir, « jusqu'à la hauteur de quatre cents coudées , un vallon « dont la profondeur étoit telle qu'on ne pouvoit la regar- « der sans frayeur. Il fit environner ce temple d'une don- « ble galerie soutenue par un double rang de colonnes de « pierres d'une seule pièce; et ces galeries, dont toutes « les portes étoient d'argent , étoient lambrissées de bois de « cèdre'. »
Il est clair par cette description que les Hébreux , lorsqu'ils bâtirent le premier temple , n'avoieot aucune connoissance des ordres. Les deux colonnes de bronze suffisent pour le prouver : les chapiteaux et les proportions de ces colonnes n'ont aucun rapport avec le premier dorique , seul ordre qui fût peut-être alors inventé dans la Grèce; mais ces mêmes colonnes , ornées de feuillages d'or, de fleurs de lis et de grenades , rappellent les décorations capricieuses de la colonne égyptienne. Au reste , les chambres en forme de pavillons, les lambris de cèdre doré, et tous ces détails imperceptibles sur de grandes masses, prouvent la vérité de ce que j'ai dit sur le goût des premiers Hébreux.
' HisioindeêjMi/M, trad. d'Arnaud d'Andilf y.
N0TB14, page 189.
Cette citation faisoit partie du texte dans les deipL premières éditions.
Le phis ancien auteur qui ait décrit la naosquée de ia Roche , est Guillaume de Tyr : il la devoit bien connoltre, puisqu'elle sortoit à peine des mains des chrétiens à l'époque où le sage archevêque écrivoit ton histoire. Void eoooment il en parie :
« Nous avons dit , au commencement de ce livre , qu'O-
« mar, fils de Cahib, avoit fait bâtir ce temple
n et c'est ce que prouvent évidemment
« les inscriptions anciennes gravées au dedaiis et au dehors « de cet édifice »
L'historien passe à la description du parvis , et il «jouta :
« Dans les angles de ce parvis il y avoit des tours extré- « mement élevées , du haut desquelles , â certames heures » a les prêtres des Sarrasms avoient coutume d'inviter le « peuple à la prière. Quelques-unes de ces tours sont défi meurées debout jusqu'à présent; mais les autres ont été « ruinées par différents accidents. On ne pouvoit entrer « ni rester dans le parvis sans avoir les pieds nus et lavés. «,,,,,,,,,, ,, ,,,,,,,,,,,
a. Le temple est bâti au milieu du parvis supérieur; il a est octogone et décoré , en dedans et en dehors , de car- « reaux de naarbre et d'ouvrages de mosaïque. Les deux « parvis, tant le supérieur que l'Ultérieur, sont pavés de « dalles blanclies pour recevoir pendant l'hiver les eaux « de la pluie qui descendent en grande abondance des bâti- K menls du temple , et tombent très-limpides et sans limons « dans les citernes au-dessous. Au milieu du temple, entre « le rang intérieur des colonnes , on trouve une roche un « peu élevée; et sous cette roche il y a une grotte prati- « quée dans la même pierre. Ce fut sur cette pierre que s'assit « l'ange qui, en punition du dénombrement du peuple, ic lait inconsidérément par David , frap^ia ce peuple jusqu'à ft ce que Dieu lui ordonnât de remettre son épée dans le « fourreau. Cette rorJie, avant l'arrivée de nos armées , « étoit exposée nue et découverte; et elle demeora encore a en cet état pendant quûiae années ; mais ceux qui dans la « suite furent commis à la garde de ce lieu , la recouvrirent , « et construisirent dessus un ctusur et un autel , pour y «I célébrer l'ofiice divin ».
Ces détails sont curieux, parce qu'il y a huit cents ans qu'ils sont écrits; mais ils nous apprennent peu de chose sur l'intérieur de la mosquée. Les plus anciens voyageurs , Arculfe dans Adamannus , WiUibaldus , Bernard le Moine , Ludolphe , Breydenbach , Sanut , etc., n'en parlent que par ouï-dire, et ils ne paroissent pas toujours bien instruits. Le fanatisme des musulmans étoit beaucoup plus grand dans ces temps reculés qu'il ne Test aujourd'hui, et jamais ils n'auroient voulu révéler à un chrétien les mystères da leurs temples. 11 fautdonc passer aux voyageurs modemest et nous arrêter encore à Deshayes.
Cet ambassadeur de Louis XIH aux lieux saints refusa, comme je l'ai dit, d'entrer dans la mosquée de la Roche; mais les Turcs lui en firent la description.
« Il y a, dtt-il, un grand dôme qui est porté au dedans « par deux rangs de colonnes (le marbre , au milieu duquel « est une grosse pierre , sur laquelle les Turcs croient que « Mahomet monta quand il alla au ciel. Pour cette cause , « ils y ont une gronde dévotios; ^ eev» qui e^ W^W
NOTES
« moyen fondent de quoi entietenlr qiidqo*im , après leor « mort , qui lise TAlooran , à Teotour de cette pierre , à leur « intention.
« Le dedans de cette mosquée est tout blanchi , hormis « en quelques endroits, où le nom de Dieu est écrit en « grands caractères arabiques. »
Ceci ne diflère pas beaucoup de la relation de Guillaume de Tyr. Le père Roger nous instruira mieux; car il parolt ayoir trouvé le moyen d'entrer dans la mosquée. Du moins Toici conunent il s'explique :
« Si un chrétien y entroit (dans le parvis du temple), « quelques prières qu'il fit en ce lieu, disent les Turcs, Dieu « ne manqueroit pas de l'exaucer, quand même ce seroit de « mettre Jérusalem entre les mains des chrétiens. C*est « pourquoi , outre la défense qui est faite aux chrétiens « non-seulement d'entrer dans le temple , mais même dans « le panris, sous peme d'être brûlés vifs ou de se faire « Turcs, ils y font une soigneuse garde, laqueUe fut ga- « gnée de mon temps par un stratagème qu'il ne m'est « pas permis de dire, pour les accidents qui en pourroieiit « arriver, me contentant de dire toutes les particularités « qui s*y remarquent. »
Du parvis il vient h la description du temple.
« Pour entrer dans le temple , U y a quatre portes situées « à l'orient, occident , septentrion et midi ; chacune ayant « son portail bien élabouré de moulures, et six colonnes « avec leurs pieds-d'estail et chapiteaux , le tout de marbre « et de porphyre. Lé dedans est tout de marbre blanc : le « pavé même est de grandes tables de marbre de diverses « couleurs, dont la plus grande partie, tant des colonnes « que du marbre , et le plomb , ont été pris par les Turcs , « tant en l'église de Bethléem qu*en celle du Saint-Sépul- « cre , et autres qu'ils ont démolies.
« Dans le temple il y a trente-deux colonnes de marbre « gris en deui rangs, dont seize grandes soutiennent la •( première voûte, et les autres le dôme, chacune étant « posée sur son pied-d'estail et leurs chapiteaux. Tout au- « tour des colonnes , il y a de très-beaux ouvrages de fer « doré et de cuivre , faits en forme de chandeliers , sur les- « quels il y a sept mille lampes posées , lesquelles brûlent « depuis le jeudi au soleil couché jusqu'au vendredi matin ; « et tous les ans un mois durant , à savoir, au temps de leur « radaman, qui est leur carême.
« Dans le milieu du temple , il y a une petite tour de « marbre , où l'on monte en dehors par dix-huit degrés. « C'est où se met le cadi-tous les vendredis, depuis midi « jusqu'à deux heures , que durent leurs cérémonies , tant « la prière que les expositions qu'il fait sur les principaux « points de l'Alcoran.
« Outre les trente-deux colonnes qui soutiennent la voûte « et le dôme , il y en a deux autres moindres , assez proches « de la porte de l'occident , que l'on montre aux pèlerins « étrangers, auxquels ils font accroire que lorsqu'ils pas- « sent librement entre ces colonnes, ils sont prédestinés « pour le paradis de Mahomet, et disent que si un chré- « tien passoit entre ces colonnes , elles se serreroient et « l'écraseroient. J'en sais bien pourtant à qui cet accident « n'est pas arrivé , quoiqu'ils fussent bons chrétiens.
« A trois pas de ces deux colonnes il y a une pierre dans « le pavé, qui semble de marbre noir, de deux pieds et « demi en carré , élevée un peu plus que le pavé. En cette « pierre il y a yin^-trob trous où il sentble qu'autrefois il
y ait eu des eiûiis , cooMBe de iiût fl en reste eneore deoL Savoir à quoi ils servoient, je ne le sais pas : mésK Ici mabométans l'ignorait , quoiqu'ils croieai que c'éloit w cette pierre que les prophètes mettoient les pieds Ionqu'ils deecendoient de cheval pour entrer aa tcople, et que ce fut sur cette pierre que descendit Hahoaiel kin> qu'il arriva de rArabie Heureuse, quand il IH le f oji§e do paradis pour trailer d'allûrw avec Dieu. «
T^OTE 15,page283.
Cette note faisoit partie da texte dani les deox premières éditions.
« Cependant la barque s'approcha , et Septimios se leri « le premier en pieds qui salua Pompdus, en langage ro* « main, du nom d*Jmperalor, qui est à dire, souTefaJBa- « pitaine, et Achillas le salua aussi en langi^grec,etlij « dit qu'il passast en sa barque, pouroe que le kngda ri* « vage il y avoit force vase et des l>ans de sable, tellenest « qu'il n'y avoit pas assez eau pour sa galère ; maUe&mesoe « temps on voyoit de loiog plusieurs galères de cfUfs da t roy, qu'on armoil eà diligence , et toute la oosle cuu?erte K de gens de guerre , tellement que quand Pompoos et « ceulx de sa compagnie eussent voulu chai^d*adfis,iii « n'eussent plus sceu se sauver, et si y avoit d'avvtafB « qu'en monstrant de se deffier, Uz donnoient ao meorther « quelque couleur d'exécuter sa meschanœté. Panjuoj pf^ « nant congé de sa femme Comelia , laquelle defjà iTaolle « coup falsoit les lamentations de sa fin , il conunaïKia è « deux centeniers qu'ilz entrassent en la barque de ÏÏGf" « tien devant luy , et à un de ses serfîs aCTranchiz gut'^ « peloit Philippus, avec un autre esdave qui se loaDoit « Scynes, £1 comme jà Achillas luy tendoil la auilàEâ^ « dans sa barque , il se retourna devers sa femine d sfli « filz, et leur dit ces vers de Sophocle ;
Qui en maison de prince entr»^ devient Serf, quoy qu*il soit libre quand il y vieot
« Ce furent les dernières paroles qu'il dit aux siens, qau^ n il passa de sa galère en la barque : etpourcequil ytToH a loing de sa galère jusqu'à la terre ferme, voyant qoe par « le chemin personne ne lui entamoit propos d amiable es* « trelien, il regarda Seplimius au visage, et luy dit : « U iM « semble que je te recognois, compagnon , pour sToir ao* « trefois esté à la guerre avec moy. » L'autre luy fdt signe « de la teste seulement qu'il estoit vray , sans luy fiûreaa- « tre réponse ne caresse quelconque : parquoy o*y *y*^^ n plus personne qui dist mot , il prist en sa main un peut « livret, dedans lequel il avoit escript une bareogaeen « langage grec , qu'il vooloil faire à Ptolemœos , et se met « à la lire. Quand ilz vindrent à approcher de la terre, « Comelia, avec ses domestiques et familiers amis, se leva « sur ses pieds, regardant en grande détresse quelle seroit « l'issue. Si luy sembla qu'elle devoit bien espérer, qoand « elle aperceut plusieurs des gens du roy, qui se prcsen- « terent à la descente comme pour le recueilliretl'bonorer: K mais sur ce poinct ainsi comme ilprenoit la main de son « aflraochy Pliilippus pour se lever plus k son aise,Sepli- « mius vint le premier par derrière qui luy passa son espée « à travers le corps, après lequel Salvius et Achillas des- « gaisnerent aussi leurs espées , et adonc Pompeius tira sa « robe à deux mahis au-devant de sa face, sans dire ny « fidre aucune chose indigne de luy , et endura vertoesse-
NOTES
I len eoape qulh hiy domiereiit, en Bonspirant an peu Mulement; esUnt aagé de diMiuanie-neur ans, et ayanl acbevé sa ?ie le jour ensuivant celuy de sa nati- Tité. Ceuli qui estoient dedans \f» vaisseaux à la rade , quand ils aperœurent ce meurtre jetterent une si grande cUmear, que Ton renlenduit jusques à la coste , et le- TtDt en diligence les anchres se mirent à la voUe pour iTeniMiir, àquoy leur servit le vent qui se leva incontifrais aussi tost quili eurent gaigné la liaule mer, de que les Egyptiens qui s'appareilloient pour vojMTipièi aulx, quand ils veirent oda, s'en desporterent, cC ayant eoupé la teste en jellerent le tronc du corps hors de la barque , exposé à qui eut envie de veoir un si misetable spectacle.
m Philippus son affranchy demeura toujoui's auprès, jusqœs 4 ce que les Egyptiens furent assouvis de le regarder, et pois rayant lavé de Teau de la mer, et enveloppé d*nne sienne pauvre chemise, pource qu'il n*avoit autre cbose, il chercha au long de la grève , où il trouva quelque demonrant 4*un vieil bateau de pescheur, dont les pièces estaient bien vieilles , mais sufûsantes pour brusler un pauTre corps nud , et encore non tout entier. Ainsi comme il les araassoit et assembloit, il survint un Romûn hûoune d'aage , qui en ses jeunes ans avoit esté à la guerre sous PDm|ieius : si luy demanda, « Qui es tu , mon amy, qui fais cest apprest pour les funérailles du gnad Pompdus? • Philippus lui respondit qu'il estoit un sien alfranchy. « Ha! dit le Romain, tu n'auras pas tout seul cesl honneur, et te pi le, veuille-rooy recevoir pour compagnon en une sisaincte et si dévote rencontre, afin que je n'aie pomt occasion de me plaindre en tout et partout de m'estre habitué en pays estranger, ayant , en recompcnae de plusieurs maulx que j'y ay endures , rencontré au moins cette bonne adventure de pouvoir toucher avec mes mains , et aider k ensepvelir le plus grand capitaine des Romains. > Voilà comment Pompeius fut entepultnré. Le lendeniafai Locius Lentolns ne sachant rien de ce qui estoit passé, ams venant de Cypre, alloit cinglant au long du rivage, et apercent un feu de funérailles, et Philippus auprès, lequel il ne recogneut pas du premier coup : si luy demanda , « Qui est celuy qui, ayant ici achevé le cours de sa destinée, repose en ce Uen ? » Biais soubdain, jeltant un grand souph-, il ijoota : Hélas! à radventure est-ce toi, grand Pompeius? • Puis descendit en terre , là où tantost après il fut pris et tué. Telle fot la fin do grand Pompeius.
« Il ne passa guère de temps après que Cassar n'arrivast en Egypte ainsi troublée et estonnée, là où luy fut la teste de Pompeius présentée ; mais il tourna la fiice arrière pour ne la point veoir, et ayant en horreur celui qui la luy persenloit comme un meurtrier excommunié , se prit à plorer : bien prit-if Panneau duquel il cachettolt ses lettres , qui luy fut aussi présenté , et où il y avoit engravé en hi pierre un lion tenant une espée ; mais il feit mourir Achillas et Potbinus : et leur roy mesmePtolomseusayantesté desCût dafs une bataille au long de la rivière du NU, disparut, de manière qu'on ne sceut oncques puis ce qu'il estoit devenu. Quant au rhestoriden Theodotus, il escbappa la pum'tion de Csesar : car il s'enfouit de bonneheure , et s'en alla errant çà et là par le pays d'Egypte , estant misérable et hal de tout le monde. Mais depuis , Harcos Bratos , après avoir occis C«»ar, se trouvant le
« plus fort en Asie, le rencontra par cas d*adventnre, et « après lui avoir feit endurer tous les tourments dont il se « peut ad viser, le feit finablement mourir. Les cendres du ■ corps de Pompeius furent depuis rapportées à sa femme « Comelia, laquelle les posa en une sienne terre qu'il avoit K près la ville de Alba. »
Mots 16, page 311.
Fragment d'une Lettre de /. B. d'Ansse de Filtoison, menUfre de f Institut de France, auprofes* seur MiUin » sur V inscription grecque de la pré' tendue colonne de Pompée,
Le professsur Jauberl vient de rapporter d'Alexandrie une copie de l'inscription fruste qui porte faussement le nom de Pompée, Cette copie est parfaitement conformera une autre que j'avois déjà reçue. La yoici avec mes notes et avec ma traduction :
1 TO...ÛTATONArrOKPATOPA
TONnOAIOrXONAAESAMAPEIAC 3 AIOK.H.IANONTON...TOM
4 no...£nAPxocAirruTor
Ligne première, TO. Il est évident que c'est l'artide xàv.
Ibidem, ligne première,... ÛTATONAÏTOKPATOPA. Il est également clair que c'est une épithète donnée à l'empereur Dioclétien ; mais, pour la trouver, il faut chercher un superlatif qui se termine en (oraTov , par un oméga ( et non par un omicron, ce qui seroit plus facile et plus commun), et ensuite qui convienne particulièrement à ce prince. Je crois que c'est 6atci>TaToy , très*saint : qu'on ne soit pas surpris de cette épithète; je la vois donnée à Diodétien sur une inscription grecque découverte dans la vallée de Thymbra ( aujourd'hui Thimbrek-Déré), près la plahie de Bouna^Bachi , et rapportée par Lechevalier, n® 1 , page 256 de son Voyage dans la Troade, seconde édition, Paris, an \U , m-8<*. On y lit : TON OCIÛTATÛN HMÛN AÏTOKPATOPÛN AIOAKHTIANOT KAI MASI- MIANOT; c'est à-dire cfe no« très-saints empereurs Dioctétien et Maximien, Sur une autre inscription d'une colonne voisine, ils partagent avec Constance Chlore ce même titre, 6<ncoTatot, trèS'Saints, dont les empereurs grecs et chrétiens du Bas-Empire ont hérité, comme je l'ai observé ibidem, page 249.
Ligne 2, TONnOAlOTXON AAESANAPEUC. C'est proprement le protecteur, le génie tutéiaire d'Alexan^ drie. Les Athéniens donnoient le non de iroXtoOxoc à Minerve , qui présidoit à leur ville et la couvroit de son égide. Voyez ce que dit Spanheim sur le 53^ vers de l'hymne de Cdlbnaque, sur les bains de Pallas, page 668 et suiv., tome ii, édition d'Emesti.
Ligne 3, AIOK.H.IANON. Le A et le T sont détruits; mais on reconnott tout de suite le nom de Dioctétien , AIOKAHTL^ON.
Ibid., ligne 3, TON...TON. Je crois qu'il faut suppléer CEBACTON, c*est'à'dire Auguste, Tèv (rc6a(rrôv«.Tout le monde sdt que Diodétien prend les deux titres d'eOoe- ^c et de mScunbç, plus Àugustus, sur plusieurs médailles, et celui de (jefiaorà;, Auccste, sur presque toutes, notamment sur cdles d'Alexandrie, et le place immédiatement après son nom. Voyez M. Zoêga, pag.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
335 et êaiw. de sté Summi jSgfpM iwiferatorii, Ramœ, 1787, iii-4».
Quatrième et dernière ligne , IIO. C'est Tabrè^iation û connue de UàSkioç , Publius. Voyex Corsini , pag. bi. col. 1, De notis Grœcorum, Florenliœ, 1749, in-folio; Gennaro Sisii, pag. 51 de son Indirizzo per la leltura greca dalle sue oscurilà rischiarala , in Sapoli, 1758, in-Vf etc. Les Romains rendoienl le même nom de Publius par ces deux lettres PV. Voyez page 328 d'un ouvrage fort utile, et totalement inconnu en France, intitulé : Notœ et siglœ quœ in nummis et lapidibus apud Romanos obtinebant , explicatœ, par mon saTant et Yertueu\ ami feu M. Jean-Dominiqne Coletti, ex-jésuite vénitien , dont je regretterai sans ces0e la perle. Ses estimables frères , les doctes MM. Coletti , les Aides de nos jours, ont donné cet ouvrage classique k Venise, enl785,in•4^
Peut-être la lettre initiale du nom suivant , entièrement effacé , de ce préfet d*Égypte , étoit-elle un M , qu'on aura pu joindre mal à propos dans cette occasion aux lettres précédentes nO. Alors on aura pu croire que nOM. étoit une abréviation de nOMÎlHIOC, Pompée, dont le nom est quelquefois indiqué par ces trois lettres , comme dans une inscription de Sparte , rapportée n<* 248 , page x\x viii des inscriptiones et Epigrammala grceca et latina, reperta a Cyriaco Anconilano , recueil publié à Rome, in-fol., en 1654, par Cliarles Moroni, bibliothécaire du cardinal Albani. Voyez aussi Maffei , pag. 66 de ses Siglœ Grœcorum lapidariœ, Veronœ, 1746, tn-8**; Gennaro Sisli, 1. c. pag. 51 , etc. Cette erreur en auroit engendré une autre , et auroit donné lieu à la dénomination vulgaire et fausse de colonne de Pompée, Les seules lettres IIO suffisoient pour accréditer cette opinion dans les siècles d'ignorance.
Quoi qu'il en soit de cette conjecture , les historiens qui ont parlé du règne de Dioclélien ne m'appiennent pas le nom totalement détruit de ce préfet d'Egypte, et me laissent dans rimpossibililé de suppléer celte petite lacune , peu importante, et la seule qui reste maintenant dans cette inscription. Seroitce Pomi)ouius Januarius , qui fut consul, en 288, avec Maximien?
Je soupçonne , au reste , que ce gouverneur a pris une ancienne colonne, monumeut d'un âge où les arts ilorissoient, et l'a choisie pour y placer le nom de Dioctétien, et lui faire sa cour aux dépens de l'antiquité.
A la fin de cette inscription , il faut nécessairement sous- . entendre, suivant l'usage constant, àvéOvixev , àviaTTioev, ou Ti(i,iQatv , ou àfiépcoaev , ou quelque autre verbe semblable, qui désigne que ce préfet a érigé, a consacré ce monument à la gloire de Dioclélien. L'on ferait un volume presque aussi gros que le recueil de Gruter, si l'on vouloit entasser toutes les pierres antiques et accumuler toutes les inscriptions grecques où se trouve cette ellipse si commune dont plusieurs antiquaires ont parlé , et cette construction avec l'accusatif sans verbe. C'est ainsi que les Latins omettent souvent le verbe POSVIT.
Il ne reste plus qu'à tâcher de déterminer la date précise de celte iuscription. Elle ne parolt pas pouvoir être antérieure à l'année 296 ou 297, époque de la défaite et de la mort d'Achillée , qui s'étoit emparé de TÉgy pie , et s'y soutint pendant environ six ans. Je serois tenté de croire qu'elle esl de l'an 302 , et a rapport à la distribution abon-
dante de pain que renpercnr Diadétei fit hkt à ne iMiie innombrable d'indieents de la Tille d* Alexandrie, dont il est appelé, pov cette raison, le génie le conservateur, le protecteur, koàmùxoç. Ces largesses continuèrent jusqu'aa règne de Jostâùes , qn les abolit Voyez le Chronieom PascMale, à l'an 902, pag. 276 de l'édition de du Cange, et VHtstairt searèti de Procope, cbap. xxvi , pag. 77, édition do Louvre.
Je crois maintenant avoir édairci tontes les difficnliéi de cette inscription fameuse. Voici la manière dont je técrirois en caractères grecs ordinaires cunifs; fj joins mt version latine at ma tradndion Irançoiae :
Tov ôauÔTacxov ocOTOxpotopa , Tàv nohwyw !4>A^ocv^£a( , ÂioxXriTiavôv tov (re^ouràv, IIo^Aioç.., iicQcfxo; Ai")(vircou.
SANCTISSIHO IHPEBATORl,
PATROKO CON&ERVàTORI ALEXJkKOaLB,
DIOCLETIANO AVGVSTO,
PTBUVS... PRJEFECTVS MC\nO.
C est-à-dire .Publius... (ou Pomponius), préfet dtgypte, a consacré ce monument à la gloire du tièsrsaiiit empereur Dioctétien Auguste, le génie tutélaire d'Akxaadrie.
Ce29juinl8(Kl.