‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 13 sur 283 · JACQUES I^, ROI D*£00SSE. DUMBÀRD. DOUGLAS · texte numérisé non relu

JACQUES I^, ROI D*£00SSE. DUMBÀRD. DOUGLAS

v?oacEST£a. kivërs.

Jacques P% le roi le plus accompli et le plus infortuné de ces princes malheureux qui régnèrent en Ecosse, surpassa, comme poète, Barbour, Occlève et Lydgate. Dix-huit ans ci^tif en Angleterre, il composa dans sa prison son King's^ quair (le livre du roi), ouvrage en six chants , divisés par strophes , chacune de sept vers. Lady Jeanne Beaufort le loi inspira.

« Un matin d'un Jour de mai , dit le roi poète , c appuyé sur la fenêtre de ma prison et regardant « le chêteau de Windsor, J'écoutois les chants du « rossignol. J'admirois ce que peut la passion de a l'amour que Je n'avois Jamais sentie. En abais- «c sant mes regards , Je vis se promener au pied « de la tour la plus belle et la plus firaiehe des • Jeunes fleurs. >

Le prisonnier a des visions ; il est tran^orté sur un nuage à la planète de Vénus ; Il voyage au palais de Minerve. Revenu de ses extases, 11 s'approche de la fenêtre ; une tourterelle d'une blancheur éclatante se vient poser sur sa main ; elle porte dans son bee une fleur; elle la lui donne , et s'envole. Sur les feuilles de la fleur sont écrits ces mots : « Éveille toi , ê amant , Je t'apporte de « Joyeuses nouvelles. •

On doit à Jacques I^ le mode d'une musique plaintive inconnue avant lui.

Ce fût sous le règne de Jacques T' , vers l'an

SUR LA LIÏTÉRATIJRE ANGLOISE

1 446 , que Henri le MéDestrel oa Uarry 1* Aveugle {Blind Bany) chanta le guerrier Guillaume Wallaoe , si populaire en Éooase. Quelques critiques préArent le ménestrel Henri à Barbour et àChauctf.

Dufflbard et Douglas fleurirent encore en

En Ann^fltene , le comte de Worcester et le comte de Hivers , tous deux protecteurs des lettres et les cultivant eux-mêmes, perdirent la tête nr réefaa&ud. Hivers, et Gaxton, son imprimeur et son pan^grriste, sont les premiers auteurs dont les écrits aient été donnés par la presse angkiîse; Les ouvrages de Hivers consistoient en tnductioDsdafrançoîs, aotammentdes Proverbes de GhristiDe de Plsan.

Sous Henri YII» le premier Tudor, il y eut beaiKoup de poètes sans génie : un des serviteurs de ce roi , qui mit fin aux guerres des maisons d'York et de Lancastre , avoit quelque talent pov la satire.

aàiJ,APRS ET CHANSONS POPULAmES.

Les ballades et chansons populaires, tant écossoiscs qa*angloises et irlandoises du quatorsième et du quinzième siècle, sont simples sans être DBifes : la naïveté est un fruit de la Gaule. La simplicité vient du cœur, la naïveté , de Tesprit : on homme simple est presque toujours un bon homme; on liomme naïf peut n*être pas toujours boD : et pourtant la naïveté ne cesse jamais d*être naturelle , tandis que la simplicité est souvent reffet de l'art.

Les pins renommées des ballades angloises et sont les en&nts dans le bois (ike chil» t» the wood) , et la Càanson du saïuie alpar Shakespeare. Dans l'original, c'est un aaiittt qui se plaint d'être abandonné. « Une pau-

• vre âme étoit assise en soupii^aût sous uû syco-

• more: 6saule, saule, saule lia main sur son

• sein, la tête sur ses genonx : 6 saule, saule,

• saule! 6 saule, saule , saute! Chantez : Oh le « saule vert serama gulriande, etc. » Cette chansta s'est emparée si fortement de l'imagination des poètes anglois , que Rowe n'a pas craint de limiter après Shakespeare.

Bobm Boodf voleur célèbre, est un personnage iavori des ballades : Il y a vingt chansons sur sa saissanee , sur son prétendu combat avec le roi Uehard , et sur ses exploits avec Petit-John : sa kmgue histoire rtmée et celle d'Adam Belle ressembloient aux complaintes latines de la Jac-

querie , ou aux confessions de potence que le peuple répétoit dans nos mes :

Or, prions le doux Rédempteur Qa*il nous préserve de malheur, De la potence et des galères 9 £1 de plusieurs autres misères.

lady Anne BothweU est le Dors , mon enfanty de Berquin ; le Friar ( le moine ) , est l'aventure du père Arsène, et cellc-d vient du Comte de Comminges. Le Huntingin Chevy-Chace, très-belleballade ( lâchasse dans Chevy-Chasse) décrit le combat du comte Douglas et du comte Percy, dans une forêt sur la frontière deFÉcosse.

Selon moi , les deux ballades qui sortent le plus des lieux communs sont Sir Cauline et Chiide^Waters : pour en soutenir le rhythme , on n'a pas besoin de savoir l'anglois; la mesure tombe aussi marquée que celle d'une walse. Chaque strophe se forme de quatre vers , alternativement de huit et de six syllabes; quelques vers redondants sont i\Jou tés aux strophes du Sir Cait- Une. La langue de ces ballades n'est pas tout à fait du temps où elles furent composées ; le style en paroft rajeuni.

Sir Cauline , chevalier à la cour d'un roi d'Irlande, est devenu amoureux deChristabelle, fille unique de ce roi ; Christabelle, comme toutes lesprincesses bien élevées de ce temps-là , connoît la vertu des simples. Sir Caulineestmaladed'amour. Le roi , après avoir entendu la messe , un dimanche, s'en va dîner. Il s'enqulert du chevalier Cauline, chargé de lui verser a boire; un courtisan répond que Féchanson est au Ht. Le roi ordonne à sa fille de visiter le chevalier, et de lui porter du pain et du vin. Christabelle se rend à la chambre du chevalier. « Comment vous portez- « vous, milord ?— Oh ! bien malade, belle lady. — « Levez-vous, homme, et ne restez pas couché « comme un poltron , car on dit dans la salle de « mon père que vous mourez d'amour pour mol. • — Belle lady! c'est pour l'amour de vous que « Je me dessèche. Si vouliez me réconforter d'un « baiser. Je passerais de la pehie au bonheur. — « Sire chevalier ! mon père est un roi , et Je suis « sa seule héritière. — 0 lady 1 tu es la fille d'un « roi , et Je ne suis pas ton égal ! maïs qu'il me « soit permis d'accomplir quelque fait d'armes « pour devenir ton bachelier. »

Christabelle envoie Cauline sur le coteau d'Eldridge , à rendrait où cratt une éptne isolée au milieu d'une bruyère. Leseigneur d'EIdrldge est

un chevalier païen d'une force prodigieuse. Sir Cauliue le combat, iui coupe une main et le désarme. Gliristabelle déclare qu'elle n'aura d'autre mari que le vainqueur.

Dans la seconde partie de la ballade , le roi , étant allé prendre l'air sur le soir, rencontre par malheur Ghristabelle et Cauline in dalliance sweet (dans un doux abandon ) . Il renferme Gaolineaufondd'uoe cave, Ghristabelle, au haut d'une tour ; il vouloit tout d'abord occire le chevalier, car ce roi étoit « un homme colère , » dit la chanson , an angrye man was hee* Mais , adouci par les prières de la reine , il se contenta de le bannir à perpétuité. Gependant il cherche à consoler sa fille qui pleure; il fait proclamer un tournois. A ce tournois se présente un chevalier inconnu couvert d'une armure noire, puis un géant qui se propose de venger l'autre géant d'EIdridge. Le chevalier noir ose seul se mesurer avec le mécréant provocateur ; il le tue , et meurt lui-même de ses blessures. Ghristabelle meurt aussi, après avoir reconnu sir Gauline dans le chevalier noir et pansé ses plaies. « Un profond soupir brisa c son gentil cœur en deux. »

A deep-fette sigbe Thar bant heart in Iwayne.

Ainsi trépassèrent les deux amants, comme Pyrame et Thisbé. La complainte françoise a célébré ceux-ci :

Os étoient si par&its Qu*on dtsoit qu'ils étoient Les plus i)eaax de la Tille.

Vers nature^ et tels , grâce à Dieu , qu*on s'est mis à les faire aujourd'hui.

Le sijyet de la ballade désir Gauline se retrouve à peu près partout La ballade Childe-WcUers peint la vie privée dans ce qu'elle a d'intime et dé pathétique. Le mot Childe ou Chield, maintenant Child (enfant), est employé par les vieux poètes anglob comme une sorte de titre; ce titre est donné au prince Arthur dans la fairie queen ( la reinedes fées) ; le fils du roi est appelé Childe Tristram. Voici cette ballade à quelques strophes près. Vous remarquerez qn'EUen répète presque motà mot les paroles de Childe-Wàters, [de même que les héros d'Homère répèlent iotidem verbis les messagesdes chefs. La nature, lorsqu'elle n'est pas sophistiquée, a un type commun dont l'empreinte est gravée au fond des mœurs de tous les peuples.

ESSAI

CHtLDE-WATERS.

Qiilde-Waters étoit dans son écurie et flattoit de sa main son coursier blanc comme du lait. Vers lui s avance une jeune lady , aussi belle que cpiîconque porta jamais habillement de femme. Elle dit : « Le Ghrfst vous sauve, bon Childe- Watersl « Elle dit : « Le Christ vous.;sauve, et voyez I ma ceinture d'or, qui étoit trop longue, est maintenant trop ooorte pour moi* « Et tout cela est que d'un enfant de vous je sens le poids à mon côté. Marobe verteesttrop étroite ; auparavant elle étoit trop large.

— « Si l'enfant est mien , belle Ellen , dlt-il ; s'il est mien , comme vous nse le dites , prenez pour vous Cheshire et Lancashire ensemble; prenez-les pour être votre bien.

• Si l'enâmt est mien , belle Eilen , dit-Il ; s*ii est mien, comme vous le jurez , prenez pour vous Cheshire et Lancashire ensemble, et faites cet enfant votre héritier. »

Elle dit : — « J'aime mieux avoir un baiser^ Ghilde-Waters,deta bouche que d'avoir ensemble Cheshire et Lancashire qui sont au nord et au sud.

« Et j'aime mieux avoir un regard, Cbilde- Waters, de tes yeux, que d'avoir Cheshire et Lancashire enscmible et de les prendre pour mon bien.

— « Demain, Ellen, je dois chevaucher loin dans la contrée du nord : la plus belle lady que je rencontrerai, Ellen, il fiiudra qu'elle vienne avec moi.

^ « Quoique je ne sols pas cette belle lady , laisse-moi aller avec toi ; et je vous prie , Childe- Waters, laissez-moi être votre page à {ried.

— « Si vous vouiez être mon page à pied, Ellen, comme vous me le dites, il faut alors couper votre ro|)e verte un pouce au-dessus de vos genoux.

« Ainsi ferez de vos cheveux blonds, un ponce au-dessus de vos yeux. Vous ne direz à personne quel est mon nom, et alors vous serez mon page à pied. »

Elle , tout le long jour que Childe-Waters chevaucha , courut pieds nus à son oftté , et il ne fut jamais assez courtois chevalier pour dire : « £1- « len, voulez-vous chevaucher? »

— «Chevauchez doucement, ditelle, 6 Childe- «Waters; pourquoi chevauchez«*vou8 si vite? « L'enfant qui n'appartient à d'autre homme qn^ « toi brisera mes entrailles. »

SUR LA LITTÉBATURE ANGLOISE

Odil : — « Vois^^ta cette eau, Ellen, qui «eBttie à plein bord? — J'espère en Dieu, 6

• Childe-Waten; vous ne souffrirez Jamais que «jen^»

Mais quand elle vint à la rivière , elle y entra jnqu'aux épaules : « Que le Seigneur du ciel soit

• maintmant mon aide , car il fiiut que j'apprenne ■ anagH'. »

Les eaux salées enflèrent ses vêtements; notre Wj souleva son sein. Ghilde-Waters étoit un kaaK de malheur : bon Dieu I obliger la belle EUenàDager!

Et quand die fàt de l'autre côté de l'eau , elle viat à ses genoux.. Il dit : « Viens ici, toi, belle

• Ey» : vob là-bas ce que je vois.

« Ne vois-tu pas un château , Eiien, dont la « porte brille d'or rougi? De vingt-quatre belles

• ladies qui sont là , la plus belle est ma com- •psgne.

^ « Je vols maintenant le château , Chiide-

• Walers; d'or rougi brille la porte. Dieu vous « donne bonne eonnoissance de vous-même et de

• Totre digne compagne ! »

Là étment vingt-quatre belles ladies folâtrant aa lai, et EUen, la plus belle lady de toutes, Dmale destrier à l'écurie.

Et alors parla la sœur de Childe-Waters. Voici ks mois qu'elle dit : « Vous avez le plus Joli pe- « tit page, mon frère, que j'aie jamais vu. « Mais ses flancs sont si gros, sa ceinture est placée si bautl Childe-Waters, Je vous prie, laisBez-le coodier dans ma chambre.

— « Il n'est pas convenable qu'un petit page à pied, qui a couru à travers les marais et la boue, couche dans la chambre d'une lady qui porte de si ridies atours.

« n est plus convenable pour un petit page à pied, qui a eoora a travers les marais et la boue, de souper sur ses genoux , devant le feu de la

Quand chacun eut soupe , chacun prit le cheniade son lit II dit : t Viens ici, mon petit page « a pied, et écoute que ce Je dis :

• Descends à la ville et reste dans la rue : la

• plus belle femme que tu pourras trouver, ar-

• réte-la pour domdr dans mes bras. Apporte-la "dans tes deux bras, de peur qu'elle ne se sa- •fine les pieds. »

Ellen est allé à la ville; elle a demeuré dans h rue; la plus belle femme qu'elle a pu rencontrer, die l'a arrêtée pour dormir dans les bras

de Childe-Waters. El le l'a apportéodans ses deux bras, de peur qu'elle ne se salit les pieds.

« Je vous prie maintenant, bon Ghilde-Wa- « ters, de me laisser coucher à vos pieds , éar 11 « n'y a pas de place dans cette maison où Je puisse « essayer de dormir. »

11 lui accorda la permission , et la belle Ellen se coucha au pied de son lit Cela fait, la nuit passa vite , et quand le Jour approcha ,

11 dit : « Lève-toi , mon petit page à pied ; va « donner à mon cheval le blé et le foin ; donneff lui à présent la bonne avoine noire, afin qu'il « m'emmène mieux. »

Lors se leva la belle Ellen et dmuna au cheval le blé et le foin : elle en fit ainsi de la bonne avoine noire , afin que le cheval emmenât mieux Childe-Waters.

Elle appuya son dos contre le bord de la mau" geoire , et gémit tristement ; elle appuya son dos contre le bord de la mangeoire , et là elle fit sa plainte.

Et elle fut entenduede la mère chériede Childe^ Waters. La mère entendit la dolent douleur; cHe dit : « Debout, toi, Childe-Waters! et va à l'é- « curie.

« Car^dans ton écurie est un spectre qui gé-* « mit péniblement, ou bien quelque femme est en « travail d'enfant : elle commence la douleur.

Childe-Waters se leva promptement ; il revêtit sa chemise de soie , et mit ses autres habits sur son corps blanc comme du lait.

Et quand il fût à la porte de l'écurie , il s'arrêta tout court pour entendre comment sa belle Ellen faisoit ses lamentations.

Elle disoit : « Lullabve, mon cher enfant! « Lullabye, cher enfant I cher! Je voudrois que ' « ton père fût un roi , et que ta mère fût enfer- « mée dans une bière.

— « Paix à présent, dit Childe-Waters, bonne « et belle Ellen I prends courage, je te prie, et « les noces et les relevailles auront lieu ensemble ' « le même Jour. »

Un caractère sauvage se décèle dans cetto chanson. Childe-Waters est atroce; il se plaît k mettre sa maîtresse à l'épreuve des plus abomi* nables tortures du corps et de l'âme. Ellen , ensorcelée , s*y soumet avec la résignation d'un amour qui compte pour rien les sacrifices. Elle * fait une longue course à pied; elle traverse un ' fleuve à la nage , elle subit toutes les humiKa- * tions dans le château des vingt-quatre femmes;. '

aa

elle 8*eQtend dire de la bouche même de son amant moteur, qa'il aime la plus belle de ces femmes ; d'après son ordre elle va lui chercher une courtisane; elle, pauvre Ellen , qu'il força de courir pieds nus dans la fange , doit enlever dans ses bras cette courtisane, de peur qu^elle ne se salisse les pieds. Jamais une plainte, pas un reproche; et quand elle met au jour son enfant, au milieu de ses douleurs , elle le berce des paroles d*one nourrice; elle demande un trône pour Childe-Waters, un cercueil pour elle. L'homme cruel est touehé , et se croit enfin le père de l'innocente créature. Mais les noces et les relevailles ne viendront-elles pas trop tard ?

Childe-Waters et Ghilde*Harold n'ont-ils pas quelques traits de ressemblance? Lord Byron auroit-il moulé son caractère sur un ancien héros de ballade , comme il monta sa lyre sur le vieux mode des poètes du quinzième siècle?

' Il seroit possible que la première idée de cette ballade eût été empruntée de la dixième Nouvelle , dixième Journée du Décaméron. Griselda, éprouvée par Gualtieri, seroit Ellen, et le nom même de Waters n'est qu'une forme de celui de Gautier. Mais entre les deux Nouvelles , il y a la différence de la nature humaine angloise^et de la

nature humaine italienne.

Avant de quitter le moyen âge , je mentionnerai une chose dont on a pu s'apercevoir : je n'ai poiut parlé des auteurs qui ont écrit en latin pendant les sept ou huit sièdes que nous venons de parcourir. Gela n'entroit point dans le plan que Je me suis tracé, parce qu'en effet la littérature latine du moyeu âge, et avant le moyen âge, appartient également à l'Europe de cette époque ; or il ne s'agit ici que de l'idiome ou des idiomes particuliers aux Anglois. Ainsi je n'ai rien dit de Gildas dans le sixième siècle; de Nennuis, abbé deBanchor,d'Aldhelmdansleseptième; deBède, d'Alcuin , de Boniface , archevêque de Mayence et Anglois; de Willebad, d'Eddius, moine de Cantorbéry ; de Dnngal et de Clément, dans le huitième; de Jean Soot Érigène, d'Asser, à qui l'on doit la vie d* Alfred le Grand dont il étoit le favori, dans le neuvième; de saint Dunstan, d'Elfrie le grammairien, dans le dixième; d'Ingulphe, dansle onsième; deLanfranc, d'Anselme, de Robert White, de Guillaume de Malmsbury, de Huntiugton , de Jean de Salisbury , de Pierre de Blois, de Géraud-Barry, dans les douzième et tiçeiiième; de Roger Bacon, de Michel Scot, de

Guillaume Ockam, de Matdileu Paris, deThoraas Wykes d'Hemmingfort, d'Avesbury, dans les treizième et quatorzième siècles. Ce n'est pas que ces écrivains ne soient remplis des choses les plus curieuses pour l'étude de l'histoire , pour celle des mœurs, des sciences et des arts. Il seroit à désirer que nous eussions diss traductions des principaux ouvrages de ces auteurs.

Ici finit la première partia de cet Essai. La littérature angloise , pour ainsi dire orale dans ses quatre premières époques, est pariée plutôt qu'écrite ; transmise à la postérité au moyen d'une sorte de sténographie, elle a les avantages et les défauts de l'improvisation; la poésie est sim* pie, mais incorrecte; l'histoire, curieuse, mais renfermée dans le cercle individuel. Maintenant nous allons voir la haute poésie étouffer la poésie intime , et la grande histoire tuer la petite : cette révolution littéraire va s'opérer par la marche graduelle de la civilisation, au moment où une révolution religieuse va rompre l'unité catholique et la fraternité européenne.

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