LIVRE IX
orbe , labyrinthe croissant ! Une crête s^élevoit haute sar sa tète; ses yenx étoient d'escarboacle; son coa étoit â*un or vert bruni; il se tenoit debout an milieu de ses spirales arrondies qui sur le gazon flottoient redondantes. Agréable et charmante étoit sa forme : Jamais serpents depuis n ont été plus beaux , ni celui dans lequel furent changés en Illyrie Hermione et Cadmus, ni celui q'ji fut le dieu d'Épidaure, ni ceux en qui transformés ftirent tus Jupiter Ammon et Jupiter Capltolin, le premier avec Olympias, le second avec ff Ile qui enfanta Scipion , ia grandeur de Rome. D'une course oblique, comme quelqu'un qui cherche accès auprès d'une personne , mais qui craint de l'interrompre, il trace d'abord son chemin de côté : tel qu'un vaisseau manœuvré par un pilote habile à Tembouchure d'une rivière ou près d'un cap, autant de fois que le vent tourne, iQlant de fois il vire de bord et change sa voile; ainsi Satan varioit ses mouvements, et de sa queue formoit de eapricieux tonneaux à la vue d*Ève , pour amorcer ses regards.
Occupée, elle entendit le bruit des feuilles froissées; mais elle n'y fit aucune attention, accootamée qu'elle étoit dans les champs à voir se jooer devant elle toutes les bétes , plus soumises à sa voix que ne le fut à la voix de Circé le troupeau métamorphosé.
Plus hardi alors , le serpent non appelé se tint devant Eve , mais comme dans Tétonnement
Wîthboniîsh'd neck of verdant gold, erect Amidst bis drcUag spires , that on Uie grass Floaled redandant : pleasing was his shape Aod loTdy; neTer sinee of serpent-kind LoTelW ; not Ibose that In lUjrria chang'd Hermione and Cadmas , or the god In Epidaamt; nor to ivhich transforma AmmoniaD JoTe, or Capitoline, was seen ; He wiU) 01 jmpias ; this wlth her who bore 5dpio, Ihe bighth orRorae. WiUi tract oblique At first , as oneivho sougbt access , but Tear'd To mtcmipt, side^ong be works bis way.
As wben a shîp, bjr skilfbl steersman wrought >H!h rÎTer's moatb or foreiand , wliere tbe wiud VepTsoft, as oft so steers, and sbifts ber sail : ^ Tarifd be , and of bis lortuous train Curl'd oiany a wanton wreath in sight of Eve , To lure her eye.
She f Irasled , beard tbe sound or raaUing leaves, bat minded not, as us*d To soch disport belbre ber through tbe field , From e?cry beast; more duteous at her call , Tban at Cîroean caU tbe berd disguis'd.
He , bolder now , uncaU'd before ber stood | Bat asingaae adnûring : oft be bow*d
de l'admiration : souvent d une manière caressante il abalssoit sa crête superbe, son cou poli et émaillé , et léchoit la terre qu*Ève avoit foulée. Sa gentille expression muette amène enfin les regards d'Eve à remarquer son badinage. Ravi d'avoir fixé son attention, Satan, avec la langue organique du serpent , ou par l'impulsion de Tair vocal , commença de la sorte sa tentation astucieuse :
« Nesoispasémerveillée,mattressesouveralne, « si tu peux l'être, toi qui es la seule merveille. « Encore moins n'arme pas de mépris ton regard, « ciel de la douceur, irritée que Je m'approche de « toi et que Je te contemple insatiable : moi ainsi « seul , Je n*ai pas craint ton front, plus Imposant « encore ainsi retirée. 0 ia plus belle ressemblance « de ton beau Créateur ! toi , toutes les choses vi- « vantes t'admirent , toutes les choses qui t*ap- « partiennent en don adorent ta beauté céleste •t contemplée avec ravissement. La beauté est « considérée davantage là où elle est universel- « lement admirée; mais ici , dans cet enclos sau- « vage, parmi ces bétes (spectateurs grossiers et a insuffisants pour discerner la moitié de ce qui « en toi est beau], un homme excepté, qui te « voit? Et qu'est-ce qu'un seul à te voir, toi qui « devrois être vue déesse parmi les dieux , ado- <« rée et servie des anges sans nombre, ta cour «Journalière!»
Telles étoient les flatteries du tentateur, tel
His torret crest , and sieek enameird neck, Fawning; and lick'd tbe ground wbereon sbe trod. His gentie dumb expression turn*d at length Tbe eye of Eve , to mark bis play ; lie , glad Of ber attention gain'd , witb serpent-toDgue Organic , or impulse of vocal air, His fraudaient temptation tbus began :
« Wonder not, sovran mistress, if perhaps Tbou canst, wbo art sole wonder ! mucb less arro Thy looks, tbe Heaven of mildness, witb dis<lain, Displeas'd tbat I approacb thee (bus, and gaze Insaliate ; I thns single ; nor bave fear*d Tby awfui brow, more awfui tbus relir'd. Fairest resemblance of thy Maker fair, Tbee ail Uiings living gaze on , ail tbings thine By gifi, and thy celestial beauty adore Witb ravisbment bebeld ! tberc beat bebeld , Wbere universally admir*d; but bere In tbis enclosure wild , tbese beasts amoDg» Bebolders rude , and shallow to discern Haïr what in thee is fair, one man except, Who sees tbee? (and wbat is one?) who sbooldst be A goddess among gods , ador*d and serv^d By angels numberleâs, Uiy daily train. »
So gIoz*d Uie teropter, and bis proem tun*d :
LE PARADIS PERDU
fut le ton de son prélude : ses paroles firent leur chemin dans le cœur d*Ëve, bien qu'elle s*étonnât beaucoup de la voix. Enfin, non sans cesser d'être surprise , elle répondit :
« Qu'est-ce que ceci? le langage de Thomme « prononcé , la pensée humaine exprimée par la « langue d'une brute? je croyois du moins que la « parole avoit été refusée aux animaux, que Dieu « au jour de leur création les avoit faits muets « pour tout son articulé. Quant à la pensée , je « doutois ; car dans les regards et dans les actions « des bétes, souvent paroit beaucoup de raisou. « Toi , serpent , je te connoissois bien pour le plus « subtildes animaux des champs, mais j'ignorois « que tu fusses doué de la voix humaine. Redou- « ble donc ce miracle, et dis comment tu es de- 1 venu parlant de muet que tu étois , et comment « tu es devenu plus mon ami que le reste de Tes- « pèce brute qui est journellement sous mes yeux. « Dis , car une telle merveille réclame l'attention « qui lui est due. »
L'astucieux tentateur répliqua de la sorte :
« Impératrice de ce monde beau , Eve resplen- « dissante, il m'est aisé de te dire tout ce que tu « ordonnes ; il est juste que tu sois obéie.
« J 'étois d'abord comme sont les autres bétes K qui paissent Therbe foulée aux pieds; mes pen- « sées étolent abjectes et basses comme l'étoit ma « nourriture; je ne pou vois discerner que Tali- « ment ou le sexe, et ne comprenois rien d'élevé :
Into the heart of Eve his words made way , Tbough at the voice mucli marvelling ; at length, Not anamaz*dy she tlios in answer spalic :
« What may this mean ? language of man pronounc'd By longue of brute , and human sensé express'd? The first , at least, of thèse 1 thought denied To beasts ; whom God , on their creation-day, Created mute to ail articulate sound :
The latter I demur; for in their looks Much reason, and in their actions , ofl appean. Thee, arpent, subtlest beast of ail the fîeld I knew , but not with hunnan voice endued : Redouble tlien this miracle, and say, How cam'st thou speakable of mute , and tiow To me 80 friendly grown above the rest Of brutal kind , that daily are lu sight ? Say» for such wonder daims attention due. »
To wliom the guileful tempter thus replied :
« Empress of this fair world , resplendent £?e î Easy to me it is to tell thee ail Wliat tiioucommand*st ; and right Uiou shouldst be ohey*d.
« I was at ûrst as otlier beasts that graze Tlic trodden herb, of abject thoughts and low, As was my food ; nor aught but food discerna Or sex , and apprehended nothiiig high :
« jusqu'à ce qu'un jour, roulant dans la campa- « gne , je découvris au lom , par hasard, un bel « arbre chargé de fruit des plus belles couleurs « mêlées , pourpre et or. Je m'en approchois pour « le contempler, quand des rameaux s'exhalaoa «parfum savoureux, agréable à l'appétit; il K charma mes sens plus'que l'odeur du doux fe- « nouil , plus que la mamelle de la brebis, ou de <c la chèvre, qui laisse échapper le soir le lait « non sucé de Tagneau ou du chevreau oocapés « de leurs jeux.
« Pour satisfaire le vif désir que je ressentois « de goûter à ces belles pommes , je résolus de « ne pas différer : la faim et la soif, conseillères « persuasives, aiguisées par Todeur de ce fruit *i séducteur, me pressoient vivement Soudain «je m'entortille au tronc moussu, car pourat* « teindre aux branches élevées au-dessus de la « terre , cela demanderoit ta haute taille ou celle « d'Adam. Autour de l'arbre se tendent toutes « les autres bétes qui me voyoient; languissaot « d'un pareil désir elles me portoient eovie, « mais ne pouvoient arriver au fruit. Déjà par* « venu au milieu de l'arbre où pendoit Tabou* « dance si tentante et si près , je ne me fis faute « de cueillir et de manger à satiété, car jusqu'à « cette heure je n'a vois jamais trouvé un pareil « plaisir aux aliments ou à la fontaine.
« Rassasié enfin , je ne tardai pas d^apercevoir « en moi un changement étrange an degré de
Till y on a day roving the field , I clianc'd A goodly tree far distant to behold Loaden with fruit of fairest oolours mix'd , Ruddy and gold : I nearer drew to gaze; When from the boughs a savoury odour UoWtt, Grateful to appetite , more pleas*d my sensé Than smell of sweetest fennel , or the teats Of ewe or goat dropping with mUk at even , Unsuck'd of lamb or kid , that tend their play.
« To satisfy tlie sharp deshre I had Of tasting those fair apples , I resolv'd Not to defcr; hunger and Ihirst at once, Powerful persuaders , quicken'd at the scent Of that alluring fruit , urg'd me so keen. About the mossy trunk I wound me soon; For, bigh from ground, tlie branches would reqairo Thy utmost reach or Adam*s : round the tree AU otber beasts tbat saw , with like désire Louging and envyûag stood , but oould not rcach. Amid the tree now got, where plenty bung Tempting so nigh » to pluck and eat my fill I spar*d not; for sudi pleasure till that hour, At feed or fountain, ncver had I found.
« Sated at lengtb , ère long I miglit peroeive Strange altefation in me , to dcgree
UVRE IX
«nboD de mes facultés iotérieures ; la parole < ne me manqua pas longtemps , quoique Je oon« «senfassema fonne. Dès ce moment , je tournai
• mes pensées vers des méditations élevées ou
• profondes , et Je considérai d'un esprit étendu ctootes les choses visibles dans le ciel, sur la «terre on dans l'air, toutes les choses bonnes et « belles. Mais tout ce qui est beau et bon, dans «ta divine image etdans le rayon céleste de ta « beauté Je le trouve réuni. Il n'est point debeauté «à la tienne pareille ou seconde 1 elle m'a con- « traint, quoique importun peut-être, à venir, à te « contempler,àt'adorer,toiquidedroitesdéclarée «souveraine des créatures, dame universelle I »
Ainsi parle Fanimé et rusé serpent; et Eve, coeore plus surprise , lui répliqua , imprudente : « Serpent, tes louanges excessives me laissent es doute de la vertu de ce fruit sur toi le premier éprouvée. Hais, dis-moi , où crott l'arbre? est-il loin d'ici? Car nombreux sont les arbres de Dieu qui croissent dans le paradis, (t plusieurs nous sont encore inconnus : une telle abondance s'offre à notre choix, que nous laissons un grand trésor de fruits sans les toucher ; ils restent suspendus incorroptibies Jusqu'à ce que les hommes naissent pour les cueillir, et qu'un plus grand nombre de mains nous aident à soulager la nature de son enfantement. • L'insidieuse couleuvre Joyeuse et satisfaite : « Impératrice, le chemin est facile et n'est pas
Orreason io my inward powers; and speech Waated not long'; thoogti to tliis shape reUdn'd. TlKBoeforUi to speculatioDS liigb or deep I tnni'd my tbon^ts , and wiih capacious mind Coosider'd ail thinga viûMe in Heaven, Or orth, or middie; ail tiiings fiiir and good : 1^1 ail that faif and good in tby divine SemblaDce, and in tby beauty's lieavenly ray, Inited I beheld ; no lair to Uilne Equivalent or second! wbich compell'd Ne Uras, ttioogli importune perbapa, to come And gaze, and worship thee» of right dedar'd SoTTin of aeaUii es , universai dame ! »
So tilk*d the spirited sly snake; and Eve» ïet more amaifd , anwary thna replied :
« Serpent , thy overpraising leaves in donbt Tbe Tirtoe of ttiat fruit , in Uiee first prov'd : i^t say : wbere grows tbe tree ? from hence bow IvP For many are tbe treea of God thaï grow la Paradiae» and varions, yet unlmown To 08; io 8och abondance lies oar choice. As leaves a greatcr alore of froit untoach'd ^ banglog faioorroptihle, tiO men • Grow up to theh* provision', and more banda Help Io diaborden Nature of ber birth. » CBàTumaïAim. — ton v.
t long ; il se trouve au delà d'une allée de msnrtes , « surunepelouse, tout près d'une fontaine, quand « on a passé un petit bois exhalant la myrrhe et le « baume. Si tu m'acceptes pour conducteur, Je t'y « aurai bientôt menée.
« — Conduis-moi donc , » dit Eve.
Le serpent, guide, roule rapidement ses an- . neaux, et les fait paroître droits quoique entortillés, prompt qu'il est au crime. L'espérance l'élève, et la Joie enlumine sa crête : comme un feu follet, formé d'une onctueuse vapeur que la nuit condense et que la frigidité environne, s'allume en une flamme par le mouvement ( lequel feu accompagne souvent, dit-on, quelque malin esprit ) ; voltigeant et brillant d'une lumière trompeuse, il égare de sa route le voyageur nocturne étonné ; il le conduit dans des marais et des fondrières, à travers des viviers et des étangs où il s'engloutit et se perd loin de tout secours : ainsi reluisoit le serpent fatal , et par supercherie menoit Eve, notre mère crédule, à l'arbre de prohibition , racine de tout notre malheur. Dès qu'elle le vit , die dit à son guide :
« Serpent, nous aurions pu éviter notre venir « ici , infructueux pour moi, quoique le fruit soit « ici en abondance. Le bénéfice de sa vertu sera • seul pour toi; vertu merveilleuse en vérité, « si elle produit de pareils efietsl Mais nous ne « pouvons à cet arbre ni toucher, ni <?oûter : ainsi « Dieu l'a ordonné , et il nous a laissé cette dé-
To whom the wily adder, blithe and glad :
« Empress , the way is ready , and not long ; Beyond a row of myrtles , on a flat , Fast by a fountain, one small Uiicket past Of blowing myrrh and balm : if thon aocept My oondiict, I can bring thee thither aoon. »
« Lead then , » said Eve. He , leading , awilUy rolTd In tangies , and made intricate seem straiglit, To miacliief swift. Hope élevâtes , and joy Brightens bis crest. As when a wandering fire , Compact of imctuoas vapour, which the night Condenses , and the oold environs round , Kindied throogh agitation to a flame , Which oft, Ihey say , some evU spirit attends, Hovering and blazing with ddualve llght, Mideads th* amaz'd night-wanderer from Ma way To bogs and mires, and oft through pond or pool ; There swallow'd up and lost , from aucoour fiûr : So glister'd the dire snalie , and into fraud Led Eve , our creduloua mother, to tbe tree Of prohibition , root of ail oor woe ; Wliich when slie saw , thus to her guide slie spake :
« Serpent, we might bave spar*d our coming hither, Fruitless io me , tbough fruit be hère l' excess, Tbe crédit of whose virtœ rest with thee;
ai
LE PÀMMS PERDU.
« fj^oae, lasenle 8U# i» $a ytAx ; pour le rest^ , n m\9 vivQ|[i4 |pi ^ qpHS7r»An^9 note mifioa^ ^ zratre \m. •
Le teatateufi pteia de («Nnperie, répUqoa :
a Eq vérité I Dieu a do»e dU c^ 4u fruU de « tous les ybres de ce jardip vous ne mapge^ « pa^ , l)ieQ quç YQu» sqyez déclarés s^gi^ears « 4e tout sur la terre et dans Tair 7 »
|)ve , eueore sans péché :
<( Pu fruit de chaque arbre de ee jardiu nous « pouvoQS manger, mais du fruit de ce bel arbre « dans |e jardia Diei| a dit : Vous n'en manger « rez point; vous n'y toucherez point, de peur « que vous ne mouriez. •
A peine a-t-e|le dit brièvement , que le tentateur, maintenant plfis hardi ( mais avec une appareifKe de sèle et d'amour pour l'iionaroe, d^indignatifm pour le tort qu'on lui faisoit ), joue ui| fôle nouveau. Gomme touché dp compassion , il se balance troublé , pourtant avec grâce, et il se lève posé comme prêt à traiter quelque matière importante : au vieux temps, dans Athtoes et daqs Rosine libre , où florissoit 1 éloquence { n^uette depuis ! ) , un orateur renopumé, chargé de quelque grande cause , se tenait debout en luimême recueilli , tandis que chaque partie de son corps , chacun de ses mouvements, chacun de ses gestes obtenoient audience avant sa parole ; quelquefiûs il débutoit avec hauteur, son sèlepour
Wondrous indeed, if cause of such efTecU.
But of Uiis trae we may sot ta$te npr louch|
God 80 oommanded, s^d left that command
Sole daughter of his voioe : the resl, w<i i|ve
Law to ourseWe»; our reaaon is our law. » To fvhom t)ie tompter goilefuUy replied : « Indeed! Iia^b God then said tb^t (^tbe fruit
Of a|l thèse garden-trees ye shall not est,
Yet lords depiar'd of aU io earih or air? » To wbom thus Eve , yet «iiilesa :
«ortheftnit
Of each tree JB the g^den W6 m^ eat ; But of the fruit pf this f air tree amidst Tlie garden , God liaiti said, Ye sball not est Tbereof, npr 6ball ye Ipach it, let»t y^ die. »
She scarce had sMil f tl^iNigb brieC, wiien now V^orû bold The tempter, but witb sbow of zeal and love To mai^ , aofi iodignation at bis wroag , New part pots on; and , as to passion inoy'd, Fluctuâtes disturb'd, yet cgniêly and in act Bais'd , as of spm^ great matter Io begtn* As wben of old some oratur renown'd»
In Âtliens» or free Rome» wbere elp<iumo9 Flo.urish'd , «ince mùto , to some great «sause addressSl , Stood in bioiself ooUected; wbile eacb part, MoUon I eacb ac|, vonsudiençs ère the tongae;
la justiise ne lui permettant pae le délai d'un exof de : ainsi ç'^nr^tant , se »muaipt, se grandissant de touta sa hauteur, le tentateur, tout pas* sloiiné, s'écria:
« 0 plante sacrée , saga et d<Hinant la sagesse, f inèr^dp la si^ience, à présent je sens au dedans f dp n^oi mop pouvoir qui m'éclaire, non-seule* s roant pour discerner les choses dans leurs cao- « ses, mais pour découvrir les voies des agents « suprêmes , réputés sages cependant. Reine de « cet univers, ne crois pas ces rigides menaces de « mort : vous ne mourrez point : comment le pooi^ <( riez-vous? Par le fruit? Il vous donnera la vie « de la science. Par Tf^uteur de la menace? Rega^ « dei-moi, nmi qui ai touché et goûté; cependant «Je vis. J'ai mènie atteint une vie plus parfaite « que cell^ que le sort me destinoit , en osant m'é- « lever au-dessus de mon lot. Seroit*il fermé à « rhomme, ce qui est ouvert à la bète? Ou Diea « allumera-t-il sa colère pour une si légère of* « &nse? Ne louera-t-il pas plutAt votre courage « indompté qui , sous la menace de la mort dé « noncée ( quelque chose que soit la mort) , ne M « point détourné d'achever ce qui pouvolt coo' « duire à une plus heureuse vie, à la ccmnois* « sance , du bien et du mal. Du bien? quoi de plus « Justel Du mal (si ee qui est mal est réel)? poa^ « quoi ne pas leconnottre, puisqu'il en seroit pias <« facilement évité 1 Dieu ne peut done voos firap-
Sometimes in bightb began , as no delay Of préface brooking , tbroagh his aeal of right : So standing , moTing , or to highth op grovn , The templer, ail impassion'd , tfavs began :
« O sacred , wise , and wisdom-giving plant, Mother of science I now I feel thy power Within me clear ; not only to d^m Things in their causes, bat to trace the wiys Of highest agents , deem'd however wise. Queen of this universe ! do not believo Those rigid Uireats of death : ye shaU not die; How should you? by the fruit? it gives yoa làÊè To knowledge; by the tlireatener? look on dm, Me , who bave touch'd and tasted ; yet both U ve , And life moreperfect h^ve attani'd thaa ftle Meant me , by ventnring higlier than my k>t. Shall thaï be shut to man , which to the beast Is open? or will God inoense his ûpe For such a petty trespass? and not prdse Rather your dauntl»^ virtne, wbom the pain Of death denounc-d , whaterei* tfalng dealli be , Detcrr*d not from acliiering what nùght lead To happier life , knowledge of good and evil ; Of gcKMl , how just ? of evil , if what is eTîi Be real , why not known , since easier sbannMF God thcrefore cannot hurt ye , and be Just;
UVBBIX.
pereiétnjasta ; s'il n'est pas Jastoi il n'sit pM Din; il ne bot alors ni laeraindrei ni lui obéir. Votre crainte eUennéme écarte la crainte de la mort.
« Pourquoi donc Ait ced défendu? Pourquoi , siDonpour ¥OQseffirayer? Pourquoi, sinon pour TOUS tenir bas et ignorants , vous ses adorateurs? Il sait que le jour où vous mangerez du fruit, vos yeux , qui semblent si clairs, et qui cependant sont troubles, seront parfaite* ment ouverts et éclalrcis, et vous serez comme des dieux, connoissant à la fois le bien et le mai, comme ils le connoissent. Que vous soyez eomnie des dieux , puisque je suis comme un homme, comme un homme intérieurement , ce Qttt qu'une juste proportion gardée , moi de l^te devenu homme, vous d*bommes devenus dieux.
' Ainsi , vous mourrez peut-être, en vous dépouillant de l'homme pour revêtir le Dieu : mort désirable quoique annoncée avec me- Daces, puisqu'elle ne peut amener rien de pis que ceci I Et que sont les dieux pour que Iliomme ne puisse devenir comme eux, en participant à une nourriture divine ? Les dieux existèrent les premiers , et ils se prévalent de oet avantage pour nous faire croire que tout procède d*eux : J'en doute ; car je vois cette belle terre échauffée par le soleil , et produisant toutes clioses ; eux, rien. S'ils produisent tout , qui doQc a renfermé laeonnolssance du bien et du
Kot jost, Dût God ; noi Cbst*!! then, Bor abejr'd : Your ku itaetf oT deatb NTOovea the finr.
« Wh j Umiwss thii forUd ? Why , but te swe 9 ^T, bot to kecp yelow and Ignorant, Hi&wonUppan? lieknDws,UiatiBUMday Ye cal Umof , yoar eyea, thaft MeQ ae dear, Yet Vf Mdhi, ahaU perfeclly he Ihen Opco'd ind clear*d , and ye aball be as goda» Knowiog both gaod and eril , aa they know. That ye sliiU ba as goda , ainoe I as nan , intcnul man, li bot praportkm onet; iiOflmileyliiiBian;ye,of human, goda.
* So je ihaU die perfaaps, by potling off Human, to put oo gada; deatii to be wisb*d, l^gb UmatanM , wUcb no worae tban thia cas bring. Aod whatare gods, tbat man may not beoome Asthey, partkipaling^godlilbe ftiod?
Ybt goda an iial , and tbat adranlage oae ^ oar belief, tbat aU firom tbam proceada i I question it ; «MT Uûa fiiir eartb I lee , WannM by ttie son , prododog evary lUnd ; Ybem, noibbig : if ttiey aU tbinga, wboeaaloa'd i^Aowledge ofgood and evU ia tliia tree , Hut wboae eato ttHieor,
9 mal dans oet arbre, de manière que quiconque « mange de son fruit acquiert aussitôt la sagesse « sans leur permission ? En quoi serait l'offense , « que l'homme parvint ainsi à connottre? En quoi « votre science pourroit-elie nuireà Dieu , ou que « pourrait communiquer cet arbre contre sa vo- « lonté, si tout est à lui? Agirait-il par envie? « L'envie peut-elle habiter dans les cœurs céles- 9 tes? Ces raisons, ces raisons et beaucoup d'au- « très prouvent le besoin que vous avez de ce « beau fruit. Divinité humaine, cueille et goûte « librement. »
Il dit, et ses paroles, grosses de tromperie, trouvèrent dans le cœur d'Eve une entrée trop facile. Les yeux fixes, elle conteraplolt le fruit qui, rien qu'à le voir, pou voit tenter: à ses oreilles retentissoit encore le son de ces paroles persuasives qui lui paraissoient remplies de raison et de vérité. Cependant Theure de midi approchoit et réveilloit dans Eve un ardent appétit qu'excitoit encore l'odeur si savoureuse de ce fruit; ioclinée qu'elle étoit maintenant à le toucher et à le goûter, elle y attachoit avec désir son œil avide. Toutefois elle s'arrête un moment et fait en elle-même ces réflexions :
« Grandes sont tes vertus sans doute , à le meiï> 1 leur des fruits I Quoique tu sols interdit i « l'homme, tu es digne d'êtro admiré, toi dont « le suc, trop longtemps négligé, a donné dès le « premier essai la parole au muet, et a enseigné « à une langue incapable de discours, à publier
Wtsdom wiOMHil tiieir loave : and wherein lies Th' oflenee, Uial nan aboald.tbna attain to know? What can yoor knowledga burt bim , or tbia trae Impart againat bis wUl, ifaU be bis?
Or 18 il envy ? and ean envy dwell In beavenly braaata? Tbeaa , tbeae , and many luore Causes import your need of tbis fair fruit. Goddess humane, reacb tbeo , and freely taate. v
He ended; and tiia wocda , replète «iUi guile, Into her heart loo eaay entranœ won :
FIx'd on ttie fruit abe gas*d , whicb to bebold Migbt temptalona» and inber ears tiie aound Yet niDg of bia peraiiaaive viorda , impregn'd WiUi reason , to ber aeeming, and witb trutb : MeanwbUe tbe bour of noon drew on , and wak'd An eager appetite, rais'd by tba anall So savoory of tbat fruit, wbkb witb deaire» Inclinable now grown to tooch or taaie » SoUdtêd ber bmgb^ eye ; yet flrst Pausing awhile , tbns to beraelf sbe mua'd :
« Great are Uiy virtnea^doubUesa, beat offfiitta, Thongb kept from BMn , and wortby to be admb^d ; W hoae taste , too long forborne , at first aasay Gave elocution to tbç oiutot and tangbt