‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 15 sur 283 · BOÉSICS ET SCHISMES QUI PE£GSDÊRENT LE SCHISME DE LUTHER · texte numérisé non relu

BOÉSICS ET SCHISMES QUI PE£GSDÊRENT LE SCHISME DE LUTHER

Depuis le momenl oà la Croix fut plantée à lérasalem ; Fonité de l'Église ne cessa point d'ètif attaquée. Les j^losophies des Hébreux, des fma , des Indiens , des Égyptiens , s'étoient concmtrees dans l'Asie sous la domination de Rome : de ee foyer allumé par l*étinceHe évangélique jaOlit cette multitude d'opinions aussi diverses que les mœurs des hérésiarques étolent dissem- Iriablcs. On poorroit dresser un catalogue des systèmes philosophiques, et placer à côté de chaque sntème l'hérésie qui lui correspond. Tertuilieu ravoit reconnu : les hérésies furent au christianisme ce que les systèmes philosophique furent mi paganisme, avec cette différence que les systèmes pMIosc^hiques étoient les vérités du culte pajen, et les hérésies, les erreurs de la religion chrétienne.

Saint Augustin comptoit de son temps quatre-vingt-huit hérésies, en commençant aux sirnooiens et finissant aux pélagiens.

L'Eglise faisoit tète à tout : sa lutte perpétuelle donne la raison de ces conciles, de ces syoodes , de ces assemblées de tous les noms , de toutes les sortes , que Ton remarque dès la naissance do christianisme. C'est une chose prodlgiettseque l'infatigable activité de lacommuuauté dirétienne : oocopée à se défendre contre les édits des empereurs et contre les supplices , die étoit encore obligée de combattre ses enfants et ses ennenûsdonMsâqoes. Il y alloit , il est vrai , de l'existeDce même de la foi : si les hérésies n'avoient (lé eonUDoelleiDeBt retranchéesduseinde l'Église par des canons , dénoncées et stigmatisées par des écrits, les peuples n'aorolent plus su de quelle religion ils étolent. Au milieu des sectes se propageant sans idMtaeles , se ramifiant à l'infini , le principe chrétien se fût épuisé dans ses déri vatioDs Dombreoies , comme un fleuve se perd dans la rooltitude de ses canaux.

Le moyen âge proprement dit n'Ignora pohit le fehiinie. Ploslears novateurs en Italie, Wtcleff tt Angletenre, Jérôme de Pragne et Jean Huss a Allemagne, firent les précurseurs des réfi>rnttteorsdnseiziènie siècle. Une fbule d'hérésies se tromroieiit an fond des doetrines qui donnèrent lim aox horribles eroisades contre les malheoreox Albigeois. Jusque dans les écoles de théolo- ^ 1 un esprit 4e curiosilé ébranloit les dogmes

de l'Église : les questiims étoient tour à tour obscènes , impies et puériles.

Valflrède, au dixième siècle, s'éleva contre la résurrection des corps. Béranger expliqua à sa manière l'eucharistie. Les erreurs de Rosceiius , d'Abeilard , de Gilbert , de la Porée , de Pierre Lombard et de Pierre dePoitiers, furent célèbres : on demandoit si Jésus-Christ , eonune homme , étoit quelque chose; ceux qui le nioient furent appelés NihilianisUs. On en vint à ne pins lire les Écritures et à ne tirer les arguments en preuve de la vérité chrétienne que de la doctrine d'Aris* tote. La scolastique domina tout , et Guillaume d* Auxerre se servit le premier des termes de ma^ teria et àt forma ^ appliqués à la doctrine des sacrements. Hélolse vouloit savoir d'Abeilard pourquoi les quadrupèdes et les oiseaux forent les seuls animaux amenés à Adam pour recevoir des noms : Jésus-Christ, entre sa mort et sa ré* surrection , fut-il ce qu'il avoit été avant sa mort et depuis sa résurrection? Son corps glorieux étoit-il assis ou debout dans le del? Son corps, que i*ou mangeoit dans l'eucharistie , étoit-il nu ou vêtu ? Telles étoi^t les choses dont les esprits les plus orthodoxes s'enquéroient ^ et Luther luimême, dans ses investigations , avoit moins d'au* dace. f

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