‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 188 sur 283 · LES ESSAIS DE MORALE ET DE POLITIQUE · texte numérisé non relu

LES ESSAIS DE MORALE ET DE POLITIQUE

Décembre 1805.

On peut trouver plusieurs causes du succès prodigieux des romans pendant ces dernières années : il y en a une principale , indépendante du goAt et des mœurs. Fatigué des déclamations de la philosophie, on s'est Jeté par besoin de repos dans les lectures frivoles ; on s'est délassé des erreurs de l'esprit par celles du cœur : les dernières n'ont du moins ni la sécheresse ni l'orgueil des premières; et à tout considérer, s'il falloit faire un choix dans le mal , la corruption des sentiments seroit peotrétre préférable à la corruption des idées : un cœur vicieux peut revenir à la vertn; un esprit pervers ne se corrige jamais.

Mais l'esprit humain tourne sans cesse dans le même cercle, et les romans nous ramèneront aux ouvrages sérieux, comme les ouvrages séi^eux nous ont conduits aux romans. En effet , ceux-ci commencentàpasser de mode \ les auteur

cherchent des siyets plus propres à satisfaire la raison ; les livi*es sérieux reparoissent* Nous avons déjà eu le plaisir d'annoncer la l^égUiMiim primitive de M. 4e Bonald : ^ntre les jeunes gens distingués par le tour grave de leur esprit) nous avons fait remarquer Tauteur de le Vie de Rol- Hn : aujourd'hui les Essais de Morale et de PoliliquQ sont une nouvelle preuve de notre retour aux études solides.

Cet ouvrage a pour but de montrer qu'une seule fonne de gouvernement convient à la nature de rhomme. De là deux parties ou deux divisions dans l'ouvrage : dans la première on pose les faits ; dans la seconde on conclut : c'està-dire que dans l'une on traite de la nature de l'homme , et que dans l'autre on fait voir quel est le gouvernement le plus conforme à cette nature.

Les facultés dont se compose notre esprit , les causes des égarements de notre esprit , la force de notre volonté, rasoendant de nos passions , l'amour du beau et du bon , ou notre penchant pour la vertu , sont dono l'ot^et de la première partie.

Que rhomme doit vivre en sodété ; qu'il y a une sorte de nécessité venant de Dieu ; qu'il y a des gou vemeroentsybc(/o«« et un gouvernement naturel; que les mœurs sont des habitudes que nous ont données ou nous ont laissé prendre les lois : telles sont à peu près les questions qu'on examine dans la seconde partie.

C'est toucher, comme on le voit, à oe qui fit dans tous les temps Tobjet des recherdies des plus grands g^es. L'auteur a su prouver qu'il n'y a point de matière épuisée pour un homme de talent , et que des principes aussi féconds seront éternellement la source de véritéi nouvelles.

Une gravité naturelle et soutenue, un ton ferme sans Jactance, noble sans enflure, des vues fines et quelquefois profondes, enfin cette mesure dans les opinions , cette décence de la bonne compagnie, d'autant plus précieuses qu'elles de^ viennent tous les jours plus rares : telles sont les qualités qui nous paroissent recommander cet ouvrage au public.

Nous choisirons quelques morceaux propres à donner aux lecteurs une idée du style des £«• sais y et de la manière dont l'auteur a traité des scyets si graves. Dans le chapitre intitulé Rap* ports des deux natures de rSomme, volet

MÉLANGES LITTÉRAIRES

comme il parle de ronion de Tâme avec le corps : « Son âme et son corps sont tellement unis, qa'lls « sont obligés, pour ainsi dire, d*assister rédpro- « qnement à lears jooissances et d'en modifier « la nature , pour qu'ils puissent y participer •^ également. Dans les plaisirs du corps on re- « trouve ceux de l'âme , et dans les plaisirsile « rame on retrouve ceux du corps. Le corps « ex! ge, dans les objets de ses penchants, quelques « trace8decebeauoudecebon,suJetsderétemel « amour de Tâme. Il veut qu'elle lui vante le « bonheur dont il Jouit, et qu'elle y applaudisse « en le partageant. L'âme (et c'est sa misère) ne « peut saisir ce qu'elle aime que sous des forai mes et par des moyens qui lui sont fournis par « le corps.... Les deux natures de l'homme con- « fondent ainsi leurs désirs, unissent leursforces, « et se concertent ensemble pour arriver à leurs « desseins.... L'âme découvre pour le corps une « foule de plaisirs qu'il ignoreroit toujours : elle

• lui eonserve la mémoire de ceux qu'il a goAtés , « et dans les temps de disette elle le nourrit de « Timage des objets qu'elle a chéris.... »

Tout cela nous semble ingénieux, agréable, bien dit, délicatement observé. On lira avec le même plaisir le chapitre sur les Cattses et les suites des égarements de Pesprii. Si l'on trouvolt ce portrait de Perreur dans les Caractères de la Bruyère , on le remarqueroit peut-être :

« Vraiment on calomnie les passions : elles ne « sont que la cause des maux dont l'erreur est « le principe. Les passions s*usent; il faut bien m qu'elles se reposent ; l'erreur est étemelle et ne

* se fatigue Jamais. Les passions entraînent ceux « qu'elles tourmentent, les aveuglent, et sou- « vent les abîment. L'erreur conduit avec mé- « thode, conseille avec prudence ; elle n'ôte pas « la connoissance , et laisse éviter le danger ; elle « est austère etmême inexorable, et le mal qu'elle « fait commettre, on l'exécute avec la rigueur « du devoir ; elle édaire le crime, elle s'entend « avec l'orgueil ; et tous les crimes qu'elle fait « commettre, l'orgueil les récompense. »

Qui ne reconnoft ici la philosophie du dernier siècle? Pour faire un portrait aussi fidèle , il ne suffisoit pas d'avoir le modèle sous les yeux ; il falloit encore posséder, dans un d^é éminent, le talent du peintre.

Jusqu'ici nous n'avons cité que la première partie des Essais. Dans la seconde, consacrée à l'examen des gouvernements, on remarquera

surtout deux chapitres sur l'Angleterre. L'anteur, cherchant à prouver que la mouarchie Qbsolue est le seul gouvernement naturel m coqforme à la naiure de Phomme, fidtla pemlore de la monarchie angloise, dont le gouvernement, selon lui , n'est pas naturel. Par une idée ingénieuse il attribue aux andennes mœurs des Àoglois, c'est-À-dire aux mœors qui ont précédé leur constitution de 1688, ce qu^lyadebon parmi eux , tandis qu'il soutient que les vices du peuple et du gouvernement de la Grande-Bretagne naissent pour la plupart de la coDStitntioD actuelle de ce pays.

Ge système a l'avantage d'expliquer les contradictions que l'on remarque dans le caractère de la nation britannique. Il est vrai que l'auteur est alors obligé de prouver que les Anglois, du temps de Henri YIII, étoient plus heureux et valoient mieux que les Anglois d'aujourd'hui, ce qui pourroit souffrir quelques difficultés ; il est eDOoremi que l'auteur a contre lui V Esprit des Uns. Mon- ^squieu parle aussi de l'inquiétude des Anglois, de leur orgueil , de leurs changements de partis, des orages de leur liberté ; mais il voit tout cela comme des conséquences nécessaires et non/vnestes d'une monarchie mixte ou tempéré. On lit dans Tacite ce passage singulier : Tfam cundas natianes et urbes populus, aut primons, m/ singuli reçfunt : dilecta ex his et consiituia reip. forma, laudarifaciliuSy quant evenire;velà evenit, haud diutuma esse potest D'où il résulte que Tacite avoit conçu l'idéie d'un goaTernement à peu près semblable à celui de TAngieterre, et qu'en le regardant comme le meilleor en théorie, il le Jugeoit presque impossible en pratique. Aristote et Qcéron, semblent avoir partagé l'opinionde Tacite, ou plutôtTacite avoitpaisé cette opinion dans lesécritsdupbilosopbeetdero* rateur. Ces autorités sont de quelque poids sans doute, mais l'auteur des Essais r^ndroit a\ee raison que nous avons aujourd'hui de nouvelles lumières qui nous empêchent de penser comme Aristote , Cicéron , Tacite et Montesquieu. Quoi qu'il en soit, les juges sont maintenant nombreux dans cette cause : plusieurs milliers de François ayant vécu, pendant leur exil, m Angleterre, j peuvent avoirtippris à connottre le fort et le foible des lois de ce pays.

Le dernier chapitre des Essais renferme des considérations sur le génie des peuples, et sur le but de la société, qui est le bonheur. L'aateur

m^UlNGes lutébaibes.

pense que Tordre et le repos sont les deux plus sûrs moyens d'arriver à ce bat Son tableau de rÉgypte nous a rappelé quelque chose des belles pages de Platon sur les Perses , et le ton calme , élevé, moral, du philosophe de l'Académie.

Au reste 9 il y a dans cet ouvrage un assez grand nombre d*opinions que nous ne partageons pas avec l'auteur. Il soutient, par exemple, quHl existe un degré de civilisation qui exclut le despolismeetlerendimpossible;quHl y aurait trop de lumières à éteindre; quHl n*yapointde despotisme où Von crie au despote^ etc.

C'est contredire, il nous semble, le témoignage de l'histoire. Nous seroit-il permis de faire observer à Fauteur que la corruption des mœurs marche de front avec la civilisation des peuples , et que si la dernière présente des moyensde liberté, la première est une source inépuisable d'esclavage?

UrCy a point de despotisme où Von crie audespote. Sans doute quand le cri est public, général, violent, quand c'est toute une nation qui parle sans coutrainte. Mais dans quel cas cela peut-il avoir lieu ? Quand le despote est foible, ou quand, à force de maux , il a potissé à bout ses esclaves. Mais si le despote est fort, que lui importeront les gémissements secrets de la fouie ou l'indignation impuissante de quelque honnête homme? Il ne faut pas croire d'ailleurs que le plus rude despotisme produise un silence absolu, excepté chez tes nations barbares. A Rome, sous les Néron même et sous les Tibère, on faisoit des satires, et Ton alloit à la mort : Morituri te salutant!

Bans un autre endroit, l'auteur suppose que la société primitive étant devenue trop nombreuse , on s'assembla et Von convint. C'est donc admettre un contrai social, et retomber dans toutes les chimères philosophiques que les Essais combattent avec tant de succès.

Quelques points de métaphysique demanderoient aussi plus de développement. On lit , page 84 : Toutes les âmes sont égales; leurs développements ne peuvent dépendre que de la conformation des organes. Page 2 1 : L esprit est une faculté, une puissance.... Il n'y a point d'idées f(m$es, mais des appellations fausses, etc.

U y a là-dessus vingt bonnes querelles à faire à Tauteur; et si l'on pressoit un peu ses raisonnements, on les mèneroit à des conséquences dont il seroit lui-même effirayé. Mais nous ne voulons point élever de question bitempestive,

CHATEAUBRIAND — TOSfIS V.

et quelques propositions douteuses ne gâtent rien à un ouvrage d'ailleurs rempli de principes excellents.

Nous ne nous permettrons plus de combattre qu'une seule définition. L'imagination se montre dans tous les instants, dit l'auteur. Quel que soit l'objet qu'il examine, V esprit doué de cette qualité est toujours frappé des rapports les moins abstraits.

L'auteur semble n'avoir été frappé lui-même que d'une des facultés de l'imagination , celle de peindre les objets matériels : il a pris la partie pour le tout. Nous lui soumettons les observations suivantes :

Considérée en elle-même , l'imagination s'applique à tout, et revêt toutes les formes : elle à quelquefois l'air du génie, de l'esprit, de la sensibilité, du talent; elle affecte tout, parle tous les langages; elle sait emprunter, quand elle le veut, jusqu'au maintien austère de la sagesse; mais elle ne peut être longtemps sérieuse; elle sourit sons le masque : Patuit dea.

Prise séparément, l'imagination est donc peu de chose. Maisc'est un don inestimable lorsqu'elle se Joint aux autres facultés de l'esprit; c'est elle alors qui donne la chaleur et la vie; elle se combine de mille manières avec le génie, l'esprit, la tendresse du cœur, le talent. Elle achève, pour ainsi dire , les heureuses dispositions qu'on a reçues de Ift nature, et qui, sans l'imagination, resteroient incomplètes et stériles. Elle marche, ou plutôt elle vole , devant les facultés auxquelles elle s'allie ; elle les encourage à la suivre , les appelle sur sa trace , leur découvre des routes nouvelles. Mariée au génie, elle a créé Homère et Milton , Bossuet et Pascal , Cicéron et Démosthène. Tacite et Montesquieu; unie au talent et à la tendresse de l'âme , elle a formé Virgile et Racine, la Fontaine et Fénelon ; de son mélange avec le talent et l'esprit on a vu naître Horace et Voltaire'.

L'auteur veut que Tûnagination ne soit frappée que des rapports les moins abstraits. Jusqu'ici on lui avoit fait le reproche contraire; on l'avoit accusée d'un trop grand penchant à la contemplation et à la mysticité. C'est sur ses ai* les que les âmes ardentes s'élèvent à Dieu : c'est elle qui a conduit au désert et dans les clottres

> II ne s^agit pas Id de jagements rigooreax. Racine avott da génie, Bossuet, de l'esprit, etc. On n'indique à présent que les traits caractéristiques,

MÉUNGES LITTÉRAIBES.

tant d'hommes qui ne vouloieut plus s'occuper des images de la terre. Bien plus, c'est par la seule imagination que Ton peut concevoir la spi" ritualité de Tâme et Vimmatérialité des esprits : tant elle est loin de ne saisir que le c6té matériel des choses I

Et les plus grands' métaphysiciens ne sont 41s pas distingués surtout par Tlmagination? N'estce pas cette imagination qui a valu à Platon le nom de rêveur^ et à Descartes celui de songe creux? Platon avec ses harmonies , Descartes avec ses tourbillons, Gassendi avec ses atomes, Leibnitz avec ses monades , n*étoient que des espèces de poètes qui imaginoient beaucoup de choses. Cependant c'étoient aussi de grands géomètres; car les grands géomètres sont encore des hommes à grande imagination. Enfin, Malebranches qui voyoit tout en Dieu , et qui passa sa vie à faire la guerre à l'imagination , en étoit lui-môme un prodige; Sénèque, au milieu de ses trésors , écrivoit sur le mépris des richesses.

Mais nous voulons que l'auteur des Essais nous serve de preuve contre lui-même. Il s'occupe des sujets les plus sérieux , et cependant son style est plein d'imagination. On lit, page 95, ce morceau contre l'égolsme, qui semble être échappé à l'âme de Fénelon :

« Il faut que l'homme unisse sa vie à quelque « autre vie. Sa pensée elle-même a besoin d'une « douce union pour devenir féconde. L'égolsme « est court dans ses vues; il reste sans lumière, « solitaire et sans gloire. Nos facultés ne se dé- « veloppent Jamais d'une manière aussi heureuse « que lorsque le cœur est rempli des sentiments « les plus doux. Belle nature d'un être qui ne « s'aime Jamais tant que lorsqu'il s'oublie , et « qui peut trouver son bonheur dans un entier «dévouement!»

Nous conseillons à l'auteur de maltraiter un peu moins cette imagination qui lui prête un si heureux langage. Il seroit trop long de citer tous les morceaux de ce genre que l'on trouve dans les Essais. Nous ne pouvons cependant nous refuser à transcrire cet autre passage, parce qu'il jbit connoftre l'auteur : « Le genre humain, dit- « il, paroit blasé. Les générations qui naissent, « désenchantées par Texpérience des générations « qui les ont précédées , considèrent froidement « leur carrière, et spéculent sans jouir. Et moi, • qu'on doit accuser ici de présomption ou de «^ confiance, J'appartiens à l'une de ces généra-

« tiens tardives , et je n*^ point échappé au malf> heur commun ; du moins je déplore mes roi- « sères, et je n'ose en parler qu'en tremblant. « Porté naturellement à l'étude des choses qui « font le sujet de cet ouvrage , j« fus entraîné à « récrire par les goûts de mon esprit et la eon- « tinuité de mes loisirs : ce sont de simples ré- « flexions que je publie. On y reconnoitra, j'es- « père , un amour pur du vrai. J'aimerois mieoi « les anéantir jusqu'à la moindre trace, que « d'apprendre qu'elles renferment une opinion « qui puisse égarer. »

Bien n'est plus noble , plus touchant , pins aimable que ce mouvement ; rien ne fait tant de plaisir que de rencontrer de pareils traits au milieu d'un siget naturellement sévère. On peut appliquer ici à l'auteur le mot du poète grec : « Il sied bien à un homme armé de jouer de la « lyre. »

On prétend a^Jourd'hui qu'il faut toujours, dans l'examen des ouvrages , faire une part i la critique; nous l'avons donc faite. Cependant nou l'avouerons, si nous étions condamné à jooer souvent le triste rôle de censeur (ce qu'à Dieu ne plaise ! ) , nous aimerions mieux suivre reiemple d'Aristote , qui , au lieu de blâmer les fautes d'Homère , trouve douze raisons ( apiOp) Mm] pour les excuser. Nous pourrions encore reprocher A l'auteur des Essais quelques amphibologies dans l'emploi des pronoms , et quelque obscurité dans la construction des phrases ; toutefois son livre, où Ton trouve différents genres de mé^ rite , est purgé de ees fiiutes de goût que tant d'auteurs laissent échapper dans leurs premiers ouvrages. Racine même ne fut pas exempt d'affectation et de recherche dans sa jeunesse, <^1^ grand , le sublime , le grave Bossuet fut un bel esprit de l'hôtel de Bambouillet. Ses prenne sermons sont pleins d'antithèses, de battologies et 4'enflure de style. Dans un endroit il s'écrie tout à coup : < Vive l'Étemel 1 » U appelle les enfants la recrue continoelle du genre humain; il dit que Dieu nous donne par la mort on a/^'^ (ement dans son palais. Mais ce rare génie, épuré par la raison qu'amènent naturellement les années, ne tarda pas à parottre dans toute sa beauté : semblable à un fleuve qui en s'éloigoant de « source dépose peu à peu le limon qui troubMt son eau, et devient aussi limpide vors le ffilUeQ de son cours que profond et magestueux.

Par une modestie peu commune , l'auteur des

MÉLANGES LITTÉRAIRES

Essais^ ne 8*flst point nommé à la.téte de son ouvrage ; mais on assure que c'est le dernier desceadant d*une de ces nobles familles de magistrats qui ont si longtemps illustré la France. Dans ce cas nous serions moins étonné de l'amour du beau , de l'ordre et de la vertu qui règne dans les Essais; nous ne ferions plus un mérite à Tauteur de posséder un avantage héréditaire ; DOQS ne louerions que son talent.

SUR

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