DES
Février 1803.
Les amis des lettres observent depuis quelque temps avec ud plaisir extrême que Ton commence a revenir de toutes parts à ces principes du goût et de la raison dont on n*anroit Jamais dû s*écar* ter. On abandonne peu à peu les systèmes qui nous ont fait tant de mal; on ose examiner et combattre les jugements incroyables prononcés parla littérature du dix-huitième siècle. La philosophie, jadis trop féconde, semble à présent menacée de stérilité, tandis que la religion fait éelore chaque jour de nouveaux talents, et voit se multiplier ses disciples.
Uo symptôme non moins équivoque du retour des esprits aux idées saines, c*est la réimpression des livres classiques que Tignorance et le dédain ridicule des philosophes avoient rejetés. Rollin , par exemple, tout chargé qu'il est des trésors de Tantiquité, ne parolssoit plus digne de servir de guide aux écoliers d*un siècle de lumière y qui auroit eu grand besoin lui-même d'être renvoyé a recelé '.... Des hommes qui avoient passé quarante ans de leur vie à faire en conscience quelques excellents volumes pour Tinstruction de la jeunesse ; des hommes qui , dans le silence de leur cabinet, vi voient familièrement avec Homère, Démosthène, Cicéron, Virgile; des hommes qui étoient si simplement et si naturellement vertueux , qu'on ne soogeoit pas même à louer leurs vertus; des hommes de cette sorte se voyoient préférer une méchante espèce de charlatans sans science , sans gravité , sans mœurs. Les poétiques d'Aristote, d'Horace, de Boileau étoient remplacées par des poétiques pleines d'ignorance, de mauvais goût, de principes erronés et de faux jui^ements. On répétoit d'après le maître :
Boileau , correct auteur de quelques bons écrite » ZoUe de Quinault
Od répétoit d'après Técolier :
Saos feu , sans verre et sans fécondité , BoUeaucopie.
Quand le respect pour les modèles est perdu
'On seot qoni ^'n0i, id du tltele en général, et non de Wquei hommes dont les talents feront toujours la gloire «fclaFrance.
à un tel degré , il ne faut plus s^étonner de voir une nation retourner à la barbarie.
Heureusement Topinlon du siècle qui commence cherche à prendre tin autre coufs. Dans un moment où l'on s'empresse de revenir aux anciennes méthodes d'enseignement, on apprendra sans doute avec plaisir que Ton prépare une édition des œuvres complètes de Rollin.... Cette belle entreprise est dirigée par un homme qui conserve le dépôt sacré des traditions et de Tautorlté des siècles , et qui méritera dans la postérité le titre de restaurateur de l'école de Boileau et de Racine.
La Vie de Rollin qui doit précéder Tédition de ses œuvres est déjà imprimée , et nous l'ayons sous les yeux : elle est également remarquable par la simplicité et la douce chaleur du style , et par la mesure des opinions et la Justesse des idées. Nous n'aurons qu'un regret en faisant connottre aux lecteurs quelques fragments dé cette vie, c'est de ne pouvoir nommer l'auteur. Jeune et modeste , à qui nous en sommes redevables.
Après avoir parlé de la naissance de Rollin , et de son entrée comme boursier au collège des DiX'Huit , récrivain de sa vie ajoute :
« Le Jeune Rollin ne connut point ces mou- « vements de fierté qui accompagnent des con- « noissances nouvellement acquises , et qui cèdent « parla suite à une instruction plus étendue. Son « bon naturel se développoitavec son intelligence, « et on le trouvoit plus aimable à mesure qu'il A devenoit plus savant. Il faut dire que ses pro- « grès rapides, dont on ne parloit dans le monde « qu'avec une sorte d'étonnement, rcdoubloient « encore la tendresse de son heureuse mère. Et * sans doute elle n'étoit pas moins flattée de voir « chez elle les personnes les plus considérables « par leur rang et leur naissance , qui venolent « la féliciter, en lui demandant comme une fh veur « que le Jeune étudiant passât les Jours de cotigé « avec leurs enfants qui étoient au même collège , <r et fdit associé & leurs plaisirs comme à leurs « exercices....
R Les deux fils de M. le^ Pelletier, alors ml- « nistre, qui étoient de la même classe que Roln lin , avoient trouvé un redoutable concurrent n dans ce nouveau venu. M. le Pelletier, qut « connoissoit tous les avantages de l'émulation , R cherchoit tous les moyens de l'entretenir. Quand « le jeune boursier étolt empereur, ce qui lui
MÉLANGES UTTÉBAIRES.
« arriYoit souvent , il lui envoyoit la gratification « qu'il avoit coutume de donner à ses fils : ceux- « ci aimoient tendrement leur rival. Les jours de « congé, ils Tamenoient cliez eux dans leur car- « rosse , le conduisoient chez sa mère s'il le dé- « siroit, et l'attendoient avec complaisance tout « le temps qu'il vouloit y rester.
« Un jour elle remarqua que son fils , en mon- « tant en voiture , prenoit sans façon la première « place. Elle commençoit à lui en faire une répria mande sévère, comme d'un manque de bien- « séance et de politesse; mais le précepteur, qui « étoit là, rinterrompit avec douceur, et luire- « présenta que M. le Pelletier avoit réglé qu'on « se rangeroH toujours dans le carrosse suivant « Pordre de la classe. Rollin conserva toute sa « vie, pour le protecteur de sa jeunesse, un res- « pect tendre, et une reconnoissance qu'il ne « croyoit jamais pouvoir acquitter. Il fut l'ami « constant de ses fils, surveilla l'éducation des « fils de ses compagnons d'étude, et s'attacha de « plus en plus à cette respectable famille, par ce « sentiment aimable qui se nourrit des souvenirs « de Tenfanee , et s'étend à tout le reste de la vie. « Tel étoit le fruit de cette éducation vraiment « sociale. Les jeunes gens , au sortir des études, < se dispersoient dans le monde , suivant leurs « différentes conditions : mais on y rencontroit un « ami de collège avec la joie que l'on éprouve au « retour d'un voyageur chéri et longtemps atten- « du. On se rappeloit la foi jurée , les plaisirs de « l'enfance ; et souvent ces douces amitiés de col- • lége sont devenues un patronage honorable au- « quel la France a dû la plupart de ses grands « hommes. »
Il nous semble que ce passage est bien touchant : on y entend l'accent d'un cœur françois ; on y trouve quelque chose de grave et de tendre, comme les vieux magistrats et les jeunes amis de collège dont l'auteur rappelle le souvenir. Il est remarquablequecen'étoitqu'enFrance, dans ce pays célèbre par la frivolité de ses habitants, que l'on voyoit ces augustes familles distinguées par la sévérité de leurs mœurs. Les Harlay, lesdeXhou, les Lamoignon, les Daguesseau, formolent un contraste singulier avec le caractère général de la nation. Leurs habitudes sérieuses, leurs vertus intègres, leurs opinions incorruptibles, étoient comme une expiation qu'ils off roient sans cesse pour Tinconstance et la légèreté du peuple. Ils rendoient à l'État des services
de plus d'une sorte : ce Matthieu Mole, qni fit entreprendre à Duchesne la Collection des historiens de France , exposa plusieurs fois sa vie dans les troubles de laFronde,commesonpèreÉdouard Mole avoit bravé les fureurs de la Ligae ponr assurer la couronne à Henri IV. C'était ce même Matthieu , plus brave que Gustave et M. le Prince * , qui répondoit, lorsqu'on vouloit l'empêcher de s'exposer à la rage du peuple : Six pieds de terre feront toujours raison au plus grand homme du monde. C'est agir comme le vieux Caton , et parler comme le vieux Corneille.
Rollin étoit un homme rare qui avoit pi^sqne du génie à force de science, de candeur et de bonté. Ce n'est que parmi les titres obscurs des services rendus à l'enfance que l'on peut trouver les documents de sa gloire. C'est là que Tautettr de sa vie a cherché les traits dont il a composé un tableau plein de naïveté et de douceur : il se plaît à nous montrer Rollin chargé de l'éducation de la jeunesse. Le tendre respect que le nouveau recteur conservoit pour ses anciens maîtres , son amour et ses sollicitudes pour les enfants qui lui étoient confiés, tout cela est peint avec beaucoup de charme , et toujours avec le ton convenable au sujet. Quand l'auteur parle ensuite des ouvrages de Rollin, et qu'il entre dans les discussions importantes, il montre un esprit nourri de bonnes doctrines, et une tête capable de concevoir des idées fortes et sérieuses. Nous en citerons un exemple.
Dans un passage où il s'agit des principes de l'éducation , et des reproches que l'on a faits à l'ancienne manière d'enseigner, l'auteur dit:
« On a trouvé des inconvénients plus graves « dans l'enseignement de l'Université, qui, ra- « menant sans cesse , a-t-on dit , sous les regards « du jeune homme les héros et les vertus des « républiques anciennes, l'entretient dans des « maximes et des pensées contraires à Tordre soft cial. Quelques-uiks même ont vu sortir des col- « léges les doctrines d'anarchie et de révolution. <( Assurément tout est mortel à ceux qui sont déjà « malades, et cette remarque accuse le temps ou « elle a été faite. Cependant, quoiqu'on puisse te « justifier pai* des exemples particuliers, elle ne « peut être une objectioa contre renseignement « de l'Université ^le lorsqu'on séparera les objets « qu'elle y réunissoit toujours : je veux dire les « exemples d'héroïsme, et les maximes propres»
' Mémoim ûu cardinal m AiTR.
MÉLANGES LITTÉRAIRES
exciter renthousiasme de la religion, qui les épore et les conforme à l'ordre. Aussi Roilin ne les sépare-t-il point. Si quelquefois il abandonne son disciple à nne admiration toute naturelle pour des actions éclatantes, il est prompt à le retenir dans les bornes légitimes. Il revient sur ses pas; il examine ce héros païen à la clarté d'une lumière plus sûre et plus pénétrante, et il montre tout ce qui lui a manqué, et par rezcès et par l'imperfection de ses vertus.
« C'est donc toujours aTCC ce divin tempérament que l'on doit proposer au Jeune homme des vertus sans convenance, et des maximes enivrantes et trop fortes pour sa raison; mais aussi l'on ne craint plus d'échauffer son cœur lorsqu'on est sûr de la règle qui doit le diriger. Alors l'admiration des héros de l'antiquité est aussi favorable à la vertu que les chefs-d'œuvre où ils sont célébrés sont féconds pour le talent , et toute l'éducation s'accomplit. Cette instruction classique contribue à l'ornement de toute la vie, par ime multitude de maximes et de comparaisons qui se mêlent aux diverses situations de l'homme public , et répandent sur les actions les plus communes une sorte de dignité qui prépare l'élégance des mœurs. J'aime à croire qu'au milieu de l'étude et des travaux champêtres qui remplissoient leurs loisirs , nos illustres magistrats de la France trouvoieut on charme secret dans le souvenir des Fabricius et des Caton , qui avoient été l'objet de l'enthousiasme de leur jeunesse. En un mot, ces instincts vertueux qui défendirent les républiques anciennes contre le vice des institutions et des lois sont comme une excellente nature que la religion achève. Non-seulement elle en réprime l'énergie dangereuse et les ennoblit par des motifs plus purs , mais elle les élève , par la règle même qu'elle leur impose, à une hauteur encore plus héroïque qui assure la prééminence des caractères que nous admirons dans nos histoires modernes. »
On peut appliquer Ici pour jugement à l'auteur la comparaison qui suit immédiatement ce morceau, aussi bien pensé que bien écrit :
« Cest ainsi que, dans les ouvrages immortels > auxquels nous sommes toujours ramenés par
• un attrait inépuisiible , on reconuolt l'expression « d'une belle imagination, soumise à une raison
• forte et sévère, mais enrichie de ses privations
< mêmes , et qui , venant à se déclarer par lnter« « valles, atteste toute la grandeur de la oon* « quête. » t
Le reste de la vie de Roilin est rempli par ces petits détails qui plaisoient tant à Plutarque, et qui lui faisoienc dire :
« Comme les peintres qui font des portraits « cherchent surtout laressemblancedanslestraits « du visage, et particulièrement dans les yeux , « où éclatent les signes les plus sensibles des « mœurs et du naturel , il faut qu'on me permette « de rechercher dans l'âme les principaux tmits , « afin qu'en les rassemblant je fasse de la vie des « grands hommes un portrait vivant et animé '. » On nous saura gré de citer en entier le mouvement oratoire par lequel l'auteur termine son ouvrage :
« Louis XVI , frappé d'une renommée si tou* chante, a acquitté ce que nous devions à la mémoi re de Roilin : il a élevé son nom jusqu'aux noms les plus fameux, en ordonnant qu'on lui dressât une statue au milieu des Rossuet et des Turenne. Le vénérable pasteur de la jeunesse s'avance vers la postérité au milieu des grands hommes qui ont illustré le beau siècle de la France. S*il ne les a point égalés il nous apprend à les admirer. Conune eux , il eut dans ses écrits le naturel des anciens; dans sa conduite, les vertus qui conservent les forces de l'esprit et deviennent même de véritables talents ; comme eux , il grandira toujours , et la reconnoissance publique (joutera sans cesse à sa gloire. « En racontant les travaux et les simples événements qui remplirent la vie de Roilin, nous nous sommes quelquefois reportée une époque qui s'éloigne de nous tous les jours , et une réflexion douloureuse s'est mêlée à nos récits. Nous avons parlé des études françoises, et il n'y a pas longtemps qu'elles étoient interrompues. Nous avons retracé le gouvernement et la discipline des collèges où s'élevoit une jeunesse heureuse loin des séductions de la société , et la plupart sont encore déserts !... Nous avons rappelé les services de cette Université célèbre et vénérable par ses souvenirs, ses antiques honneurs, et cet esprit de corps qui perpétuoit la tradition des bonnes études et les maîtres qui dévoient la répandre... et elle n'est plus, et elle a péri comme tout ce qui étoit grand et utile. Les quartiers mêmes où fieurissoit l'Université
> In nta J(4X,
MÉLANGES LIITÉRAIBBS.
de ParU témoignent le deuil de eette deetructiou : lear oélébrité n*y attire plus sans cesse de nouveaux liabitants, et la population s'est éeoulée vert d'aulres lieux , pour y donner le spectacle d'autres mœurp. Où sont les éducations sévères qui préparoientdes âmes fortes et tendres? Où sont les Jeunes gens modestes et savants qui unisfloient l'ingénuité de l'enfance aux qualités solides qui annonoent l'homme? Où est la Jeunesse de la France?... une génération nouvelle lui a succédé..,.
« Qui pourroit redire les plaintes et les reproches qui s'élèvent tous les Jours contre ces nouveaux venus? Hélas 1 ils croissent presque à l'insu des pères, au milieu des discordes civiles , et ils sont absous par les malheurs publics , car toutleuramanqué, Tinstruction, les remontrances, les bonsexemples, et ces douceurs de la maison paternelle qui disposent lesenfantsaux sentiments vertueux , et leur mettent sur les lèvres un sourire qui ne s'efface plus.... Cependant ils n'en témoignent aucun regret; ils ne rejettent point en arrière un regard de tristesse. On les voit errer dans les places publiques , et rem* pllr les théâtres comme s'ils n'avoient qu'à se reposer des travaux d'une longue vie. Les ruines les environnent , et ils passent devant elles sans éprouver seulement la curiosité ordinaire à un voyageur : il ont déjà oublié ces temps d'une étemelle mémoire!...
« Génération vraiment nouvelle , et qui sera toujours distincte et marquée d'un caractère singulier qui la sépare des temps anciens et de temps à venir! Elle ne transmettra point ces traditions qui sont l'honneur des fhmilles, ni ces bienséances qui défendent les mœurs publiques , ni ces usages qui sont les liens de la société. Elle marche vers un terme Inconnu , entraînant avec elle nos souvenirs^nos bienséances, nos mœurs, nos usages : les vieillards ont gémi de se trouver plus étrangers à mesure que leurs enfants se multiplioient sur la terre....
« Maintenant le jeune homme , jeté comme par un naufrage à l'entrée de sa carrière , en contemple vainement l'étendue. Il n'enfante que des désirs mourants et des projets sans consistance. Il est privé de souvenirs , et il n'a plus le courage de former des espérances. Il se croit désabusé, et il n'a point d'expérience. Son cœur est flétri , et il n'a point eu de passions. Gomme il n'a pas rempli les différentes époques de sa
« vie, il ressent toujours au dedans de lui-même « quelque chose d'imparfait qui nés achèvera pas. « Ses goûts et ses pensées, par un contraste af- « fligeant ,'appaitiénnent à la fols à tous les âges , « mais sans rappeler le charme de la jeunesse ni « la gravité de l'âge mûr. Sa vie entière se présente « comme une de ces années orageuseset frappées « de stérilité , où l*on dlroit que le cours des sai- « sons et l'ordre de la nature sont intervertis. Dans « cette confusion, les facultés les plus heareoses *i se sont tournées contre elles-mêmes. La Jeu- « nesse a été en proie à des tristesses extraordi- « naires, aux fausses douceurs d'une imagiDAtioo « bizarre et emportée , au mépris superbe de la « vie , à rindifférenoe qui naît du désespoir ; une « grande maladie s'est manifestée sous mille for- « mes diverses. Geu]( même qui ont été assez • heureux pouréchapperàoettecontagiondescs- « prltsontattestétoutela violence qu'ils ontsouff ferte. Ils ont franchi brusquement toutes la « époques du premier âge, et se sont assis parmi « les anciens , qu'ils ont étonnés par une matante N précoce , mais sans y trouver oe qui avoit roan- « que à leur Jeunesse.
« Peut-être en est-il de ces derniers qui visi- « tent quelquefois, ces asiles de la science dont « ils ont été exilés. Alors, revoyant ces vastes « enceintes qui retentissent de nouveau du bruit « des jeux et des triomphes classiques, ces han- « tes murailles, où on lit toujours les noms à demi « effacésdequelquesgrandshommesdelaFrance, « ils sentent revivre en eux des regrets amers, « et des désirs plus douloureux que les regrets, lis « demandent encore cette éducation qui porte des fruits pour toute la vie , et qui ne se remplace point. Ils demandent tant de plaisirs Innocents qu'ils n'ont pas connus ; ils demandent jusqu'à ces peines et à ces chagrins de l'enfance qui laissent des souvenirs si tendres et si sensibles. Mais c'est Inutilement : voilà qu'après avoir consumé bientôt quinze années , cette grande portion de ta vie humaine , dans le silence et pourtant au milieu des révolutions des empires, ils n'ont survécu aux compagnons de leur âge, et pour ainsi dire à eux*mémes , que pour toucher à ce terme où Ton ne fait plus que des pertes sans retour. Ainsi donc lis seront toujours livrés à un gémissement secret et inconsolable , et désormais ils resteront exposés aux regards d'une autre génération qui les presse, comme des sentinelles qui hii crieront de se
MÉLANGES LITTÉHAIHES.
« détoorner des routes funestes où Us se sont
• égarés, « ILeur voix sera eptenâuey etc. eto,.», • Ce morceau suffiroit seul pour Justifier les élogei que nous avons donnés à cette Vie de BolHn. Uo peut y remarquer des beautés du premier ordre, exprimées avec éloquence, et quelques* unes de ces pensées que Ton ne trouve que chez Ici grands écrivains. Nous ne saurions trop encourager Tauteur à s'abandonner à son génie. Jusqu'à présent une timidité naturelle au vrai talent lui a fait rechercher les sujets les moins éle\és; mais il devroit peut-être essayer de sortir du genre tempéré qui retient son imagination dans des bornes trop étroites. On s'aperçoit aisément dans la Vie de Uollin qu'il a sacrifié partout des richesses. En parlant du bon recteur de l'Université , il s*est prescrit la modération et la riserve ; il a craint de blesser des vertus modi'stes, en répandant sur elles une trop vive lumière : on diroit quMl s'est souvenu de cette loi des anciens qui ne permettoit de chanter les dieux que sur le mode le plus grave et le plus doux de la lyre.
SUR