‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 208 sur 283 · NUIT D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

NUIT D'AUTOMNE

Mais des nuits d'automqe Goûtons les douceurs ; Qu'aux aimables fleurs Succède Pomone!

Le pâle couchant Brille encore à peine; De Vénus, qu'il mène, L'astre va penchant; La lune, emportée Vers d'autres climats , Ne montrera pas Sa face argentée.

De ces peupliers , Au bord des sentiers , Les zéphyrs descendent , Dans les airs s'étendent , Effleurent les eaux , Et de ces ormeaux Raniment la sève :

Comme une vapeur, La douce fraîcheur De ces bois s'élève.

Sous ces arbres verts « .

Qu'un vent frais balance , J'entends en nlenoe Leurs légers concerts :

Mollement bercée, La voûte pressée

POÉSIES

En dôme orgueilleux Serre son ombrage, Et puis s*entr*ouvant , Du ciel lentement Déeoutre l'image.

Là, des nuits Tazur Dans un cristal pur Déroule ses voiles, Et le flot brillant Coule en sommeillant Sur un lit d'étoiles.

O charme nouveau f Le son du pipeau Dans l'air se déploie , Et du fond des bois M'apporte à la fois L'amour et la joie. Près des ruisseaux clairs, Au cbaume d'Adèle Le pasteur fidèle Module ses airs.

Tantôt il soupire.

Tantôt il désire, Se tait : tour à tour Sa simple cadence Me peint son amour Et son innocence.

Dans son lit heureux La pauvre attentive Écoute, pensive, Ces sons dangereux :

Le drap qui la couvre Loin d'elle a roulé, Et son œil troublé Mollement s'entr'ouvre.

Tout entière au bruit Qui , pendant la nuit, La charme et l'accuse, Adèle au vainqueur Son aveu refuse, Et donne son cœur.

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