‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 207 sur 283 · NUIT DE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

NUIT DE PRINTEMPS

Le del est puri la lune est sans nuage : Déjà la nuit au calice des fleurs Verat la perla et l'ambre de we§ pieari ;

Aucun zéphyr ii*agite le feoflflage.

Sous un berceau , tranquillement assis,

Où le lilas flotte et pend sur ma tête,

Je sens couler mes pensers rafratchis

Dans les parfums que la nature apprête.

Des bois dont l'ombre , en ces prés blanchissants,

Avec lenteur se dessine et repose ,

Deux rossignols , jaloux de leurs accents,

Vont tour à tour réveiller le printemps

Qui sommeiiloit sous ces touffes de rose.

Mélodieux, solitaire Ségrais,

Jusqu'à mon cœur vous portez votre paix!

Des prés aussi traversant le silence,

Tentends au loin , vers ce riant séjour,

La voix du chien qui gronde et veille autour

De rbumble toit qu'habite l'innocence.

Mais quoi « déjà , belle nuit , je te perds !

Parmi les cieux à l'aurore entr'ouverts, t

Phébé n*a plus que des clartés mourantes;

Et le zéphyr, en rasant le verger,

De l'orient, avec un bruit léger,

Se vient poser sur ces tiges tremblantes.

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