‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 210 sur 283 · LA MER · texte numérisé non relu

LA MER

Des vastes mers tableau philosophique , Tu plais au cœur de chagrins agité :

Quand de ton sein par les vents tourmenté, Quand des écueils et des grèves antiques Sortent des bruits , des voix mélancoliques , L'âme attendrie en ses rêves se perd , Et, s'égarant de penser en penser.

Comme les flots de murmure en murmure , Elle se mêle à toute la nature :

Avec les vents , dans le fond des déserts , Elle gémit le long des bois sauvagea , Sur l'Océan vole avec les orages , Gronde en la foudre , et tonne dans les mers. Mais quand le jour sur les vagues tremblantes S'en va mourir; quand, souriant encor.

Le vieux soleil glace de pourpre et d'or Le vert changeant des mers étincelantes , Dans des lointains fuyants et veloutés.

En enfonçant ma pensée et ma vue , Taime à créer des mondes enchantés , Baignés des eaux d'une mer inconnue.

L'ardent désir, des obstacles vainqueur, Trouve , embellit des rives bocagères , Des lieux de paix, des tles de bonheur, Où transporté par les douces chimères , Je m'abandonne aux songes de mon cœur.

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