SHAKESPEARE
XoQsarriTons à Shakespeare I parlons*en tout iootreaise, comme dit Montesquieu d'Alexan« et #
k cite seulement ici pour mémoire Every» «m, joQé sous Henri VIII , VAiguUle de la affeGtfffoHy par Stell, en 1551. Les auteurs dranatiques contemporains de Shakespeare étoient i^obert Green, Heywood, Decker, Rowley, M, Ghaproan , Ren- Johnson , Reaumont , Flei- <^ liaeei oraHof Pourtant la comédie du Fox ^ci\kàtVAiehimisie, de Ren-Johnson, sont (Bcore estimées.
Speoser Ait le poète célèbre sous Elisabeth. L'iQtev éclipsé de Macbeth et de Richard III se ■Mroit à peine dans les rayons du Calendrier Al^f^eretdela Reine des fées. Montmorency iBiron, Sully, tour à tour ambassadeurs de ^nnee auprès d'Elisabeth et de Jacques T' , entrent-ils Jamais parler d'un baladin, acteur ^ ses propres forées et dans celles des autres? l'^Boncèrent-ils jamais le nom , si barbare en ^i"^, de Shakespeare? soupçonnèrent- ils ^'fl y aTolt là une gloire devant laquelle leurs ^^Qttors, leurs pompes, leurs rangs, \iendroient ^ibimer? Hé bien! le comédien de tréteaux, ^^ du rMe du spectre dans Uamlety étoit le ^'Stti bntôme , l*omlNre du moyen âge qui se le-
Ca%lK4f 1AU1<ID. — TOUB V.
voit sur le monde , comme l'astre de la nuit, au moment où le moyen âge achevoit de descendre parmi les morts : siècles énormes que Dante ouvrit , que ferma Shakespeare '.
Dans \t Précis Awton^wedeWitheloke, contemporain du chantre du Paradis perdu, on lit : « Un certain aveugle, nommé Milton, se- « crétaire du parlement pour les dépêches latines. » Molière, V histrion j jouoit son Pourceaugnac, de même que Shakespeare , le bateleur, grimaçoit son Falstaff. Camarade du pauvre Mondorge, l'auteur du Tartufe avoit changé son illustre nom de Poquelin pour le nom obscur de Molière, afin de ne pas déshonorer son père le tapissier.
Avant qu'un peu de terre obtenu par prière Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière» Mille de ses beaux traits, aujourd'hui si vantés, Furent des sots esprits à dos yeux rebutés.
Ainsi ces voyageurs voilés, qui viennent de fois à autre s'asseoir à notre table , sont traités par nous en hôtes vulgaires; nous ignorons leur nature immortelle jusqu'au Jour de leur dispari^ tion. En quittant la terre ils se transfigurent et nous disent , comme l'envoyé du ciel à Tobie : « Je « suis l'un des sept qui sommes présents devant « le Seigneur. »
Ces divinités méconnues des hommes à leur passage , ne se méconnoissent point entre elles* R Qu'a besoin mon Shakespeare , dit Milton , pour « ses os vénérés, de pierres entassées par le tra* « vail d'un siècle? ou faut-il que ses saintes reli- « ques soient cachées sous une pyramide à pointe « étoilée *? Fils chéri de la mémoire , grand héri- « tier de la gloire , que t'importe un si foible té- « moignage de ton nom ? toi qui t'es bâti , à notre «merveilleux étonnement, un monument de « longue vie.... Tu demeures enseveli dans une « telle pompe , que les rois , pour avoir un pareil «tombeau , souhaiteroient mourir. »
What needs my Shakspear, for bis hono'd bones,
The labour of an âge in piled stones ?
Or that bis tiallov'd reliques sbould be bid
Under a stary-pointing pyramk) ?
Dear son of roemory , great heir of famé ,
"Wliat need'st tboii sucli veak witness of tby name?
Tbon in our wonder and astonisbment
Hast boilt thyself a live-long moDoment.
* Sbakespeare écrit lui-même son nom Shakêpeare ; Taatre oHbographe a prévalu. On trouve aussi souvent Shaketpear,
* C*est la traduction mot pour mot : on peut aussi traduira ( par un de ces souveoln classiques si familiers au génie de Milton ) une pyramide dont le tommet frappe les astres, porte les astres, perce les astres.