LES ALPES OU L'ITALIE
Donc reconnoissez-vous au lond de vos abtmes Ce voyageur pensif, [cimes ,
Au cœur triste, aux cheveux blancfais comme vos Au pas lent et tardif?
Jadis de ce vieux bois où fuit une ea« limpide Je sondois l'épaisseur, [ pide ,
Hardi comme un aiglon, comme un ohevreuil ra- £t gai comme un chasseur.
Alpes, vous n'avez point subi mes destinées;
Le temps ne vous peut rien^ Vos fronts légèrement ont porté les années
Qui pèsent sur le mien.
Pour la première fois quand, rempli d'espérance.
Je frandiis vos remparts , Ainsi que l'horizon , un avenir immense
S'ouvroit à mes regards.
L'Italie à mes pieds, et devant moi le monde,-
Quel champ pour mes désirs !
Je volai , j'évoquai cette Rome féconde
En puissants souvenirs.
Du Tasse une autre fois je revis la patrie :
Imitant Godefroi , Chrétien et chevalier, j'allois vers la Syrie
Pkîn d'ardeur et de foi.
Us nesont plus ces jours que point mon cœur n'ou- £t ce cœur aujourd'hui , [blie 1
Sous le brillant soleil de la belle Italie , Ne sent plus que l'ennui.
Pompeux ambassadeurs que la faveur caresse,
Ministres, valez- vous Les obscurs compagnons de ma vive jeunesse,
Et mes plaisirs si doux?
Vos noms aux bords riants que l'Adige décore
Du temps seront vaincus, Que Catulle et Lesbie enchanteront encore
Les flots du Bénacus.
Politiques , guerriers , vous qui prétendez vivre Dans la postérité, ,
Ty consens : mais on peut arriver sans vous suivre A l'immortalité.
J'ai vu ces Gers sentiers tracés par la victoire
Au milieu des frimas , Ces rochers du Simplon que le bras de la gloire
Fendit pour nos soldats :
Ouvrage d'un géant, monument du génie, Serez- vous plus connus
POÉSIES
Que la roche où Saint-Preux coDtoit à Meillerie Les tourments de Vénus?
Je TOUS peignis aussi , chimère enchanteresse,
Fictions des amours !
Aux tristes vérités le temps qui fuit sans cesse