‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 223 sur 283 · LE TOMBEAU DE LA REINE DE PRUSSE · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE LA REINE DE PRUSSE

Berlin, 1821.

hU YOYAGSUB.

Sous les hauts pîos qui protègent ees sourees , Gardieo , dis-moi quel est ce 0M>nuiiieQt nouveau ?

LB QABDIKN.

Un jour il deviendra le terme de tes eourses : 0 voyageur ! c'est un tombeau.

LS YOYAGEUB.

Qui repose en ces lieux ?

LE GABOIEN.

Un objet plein de ebarmes.

LE YOYAGBUB.

Qu*oD aima?

LE GABDIEN.

Qui fut adoré.

LE YOYAGEUB.

Ouvre-moi.

LE GABDIEN.

Si tu crains les larmes , N'entre pas.

LE YOYAGEUB.

J'ai souvent pleuré.

(Le Toyagear el le gardien entrent.)

LE YOYAGEUB.

De la Grèce ou de l'Italie On a ravi ce marbre à la pompe des morts. Quel tombeau l'a cédé pour enchanter ces bords ?

Est-ce Antigone ou Gornélie ?

LE GABDIEN.

La beauté dont l'image excite tes transports Parmi nos bois passa sa vie.

LE YOYAGEUB.

Qui pour elle , à ces murs de marbre revêtus , A suspendu ces couronnes fanées ?

LE GABDIEN.

Les beaux enfants dont ses vertus Ici- bas furent couronnées.

LE YOYAGEUB.

On vient.

LE GABDIEN.

Cest un époux ; il porte ici ses pas , Pour nourrir en secret un souvenir funeste.

LE YOYAGEUB.

Il a donc tout perdu?

LE GABDIEN.

Non : un trône lui reste.

LE YOYAGEUB.

Un trône ne console pas.

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