‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 229 sur 283 · AARON, DATHAN · texte numérisé non relu

AARON, DATHAN

AAAOK, appelant Nadab qui s'éhigne, etdUparoW

sous les palmiers.

Nadab! U n'entend point I Dans sa mélancolie Son âme est à présent toiyours ensevelie, O mon cher fils I reçois mes bénédictions : Tes maux doublent le poids de mes affiictions : Mes jours ont été courts et mauvais sur la terre, Et n*ont point égalé ceux d'Isaac mon père. Nadab, que TÉternel prenne pitié de toi!

BATHAN.

Siur le sort des Hébreiu , Aaron , édairez-mei^ Par Moïse envoyé vers le Madianite , Depuis trois mois sorti du camp Israélite s Je trouve à mea retour le peuple menaçante L*Iduméen détruit et le prophète abeentf Jignore égaleuient nos maux et notre gloire : Daigaeres-vottS, Aaron, m*en raconter Thistoîre?

AABOlf.

Dathan , dier ooiapegnon que ii^|retteît mon fils , Quand Israël , âiyant les princes de Memphis, Eut franchi de la mer les ondes divisées, Nos tribus, par le ciel toujours favorisées, En suivant du désert le merveilleux chemin. Non loin du Sinaî s'arrélèi^nt enfin.

Ce fut là qu*Amalec , à sa haine fidèle , Nous chercha pour vider son antique querelle. Thémar régnoit alors sur ce peuple nombreux ; Il vint à Raphidim attaquer les Hébreux. Aux autels d^Adonîs son épouse attachée , Méprisant du fuseau la gloire humble et cachée , Arzane , dans Torgueil de toute sa beauté ^ Presse , anime Thémar, et marche à son c6té : De sa mûn au vainqueur une palme est promise. La trompette a sonné , les traits siflQent : Moîae , . Sur un mont a l'écart , debout, les kuras levés, Prioit le Dieu par qui les flots sont soulevés. Ses redoutables bras , étendus sur nos têtes, Paroissoient dans le ciel assembler les tempêtes : Quand il les abaissoit, de fatigue vaincu, Amalee triomphoit d*Israël abattu ; Mais quand ses bras au cid reportoient sa prière , Nos plus fiers ennemis rouloient sur la poussière. Soutenant dans les airs ce bras fort et puissant. Qui sans porter de coups versoi t des flots de sang. J'achevai parmi nous de fixer la victoire. Un seul jour vit périr Thémar et sa mémoire : Sa veuve, à des dieux sourds ayant ses vœux offerts N'en fut pas entendue, et tomba dans nos fers.

moïse, acte I, SCÈNE IV.

DATH4N.

Je ne Yois jusqu'ici que d'heureuses prémices.

AÀRON.

Écoute. Après avoir réglé les sacri6ces, Mon frère, qu'en secret appelle l'Éternel , Moïse se dérobe aux regards d'Israël , Il monte au Sinaï; Josué l'accompagne : Depuis quarante jours caché sur la montagne, Mille bruits de sa mort dans le camp répandus Tiennent de nos vieillards les esprits suspendus. On s'agite au milieu du peuple qui murmure; Je ne sais quel démon souffle une flamme impure; Le soldat se soulève, et proclame en ce lieu Et Nadab pour son chef et Baal pour son dieu.

DÀTHAN.

Pfadab aocepte-t-il cet honneur populaire?

AARON

De ses mâles vertus rejetant le salaire ,

Mon fils porteen son sein un trait qu'il veut cacher,

Et que toi seul , Dathan , tu pourras arracher.

Pâle et silencieux dans sa marche pensive ,

Il erre autour du camp comme une ombre plaintive;

Il prononce tout bas le nom de ses aïeux ;

Son regard languissant se tourne vers les cieux :

La nuit, à sa douleur se livrant sans obstacles,

On l'a trouvé pleurant auprès des tabernacles.

Mais j'aperçois Caleb, ce flambeau de la loi,

Et ma sœur, dont les chants raniment notre foi.

Dathan , cherche Nadab , et dis-lui que son père

L'attend ici.

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