SCÈNE V
iVla souffrance est ma joie, et je veux à jamais Conserver la douceur du mal que tu me fais. Hélas! mon fol amour m'épouvante moi-même; Je me sens sous le coup de quelque arrêt suprême : D*involontaires pleurs s'échappent de mes yeux ; La nuit, dans mon sommeil, j'enteuds parler tes Prêt à sacrifier à leurs autels coupables , [ dieux. Je me réveille au bruit de mes cris lamentables. Dis : n'est-ce pas ainsi , dans ses tourments divers , Qu'une âme est par le ciel dévouée aux enfers?
ABZANB.
On va vous délivrer du joug de l'étrangère.
NADAB
Des légers fils d'Agar la voix est mensongère; L'Arabe aime à conter : je veux sonder des bruits Aisément élevés, plus aisément détruits.
De Moïse en ces lieux je viendrai vous apprendre Le destin. Quel parti qu'alors vous vouliez prendre Contre tout ennemi prompt à vous secourir;
Arzane , je saurai vous sauver ou mourir.
(Nadabaoct)