SCÈNE V
ARZANE, NÉBÉE; choeob db jbunbs
FILLBS AMALBCITBS.
ABZANB.
Ah ! Nébée, à ce coup je ne saurois survivre ! L'implacable destin s'attache à me poursuivre.
NÉBBB.
Et moi je ressentois un doux enchantement En écoutant des vœux si chers !
ABZANB.
Autre tourment, Incestueux projet , effroyable à mon âme ! Je hais du fils d' Aaron et la main et la flamme. Amalec recevoir Israël dans ses bras!
Recueillir dans mon sein une race d'ingrats! Je légitimerois ces exécrables frères , Qui menacent nos fils , qui trahirent nos pères ; Ces esclaves du Nil , bâtisseurs de tombeaux , Ignobles artisans flétris par leurs travaux , Qui d'Egypte chassés avec tous leurs prophètes, Proclament en tremblant d'insolentes conquêtes, Se disent héritiers des florissants États De cent peuples divers qu'ils ne connoissent pas!
NBBBB.
Sauvez , sauvez vos jours !
ABZANB.
Voudrois-tu donc , Nébée , Aux autels de Jacob voir Arzane courbée , Contrainte d'embrasser le culte menaçant Du Dieu cruel qui veut exterminer mon sang? S'il faut suivre aujourd'hui la fortune jalouse, S'il faut que de Nadab je deviena» l'épouse , Que lui-même, parjure au culte de Nâibhor, Ser\'e avec moi Baai, et Molocli , et Pliogor;
^99 moïse, acte II, SCÈNE V.
Que son hymen des Jui£5 brise les lois publiques ; Qu'il me donpe sa main aux autels domestiques Des dieux de mon palais , des dieux accoutumés A couronner les vœux contre Js^cob formés 1
Du retour 4® Moïse on n'a pas Tassurance. içpérons.
Laisse là ta menteuse espéiwnce.
MBBJBS.
L'étoile d*Astarté parolt sur Thorizon : Pour hâter le retour du jeune fils d*Aaron , Saluons Tastre heureux par des chants agréables.
▲BaANK^aticAomr.
Captif es, suspendez ees pleurs inépuisables. Voici rinstant prédit où les filles d*Édom Vont sauver d'Amalec et la race et le nom. Nos guerriers ae sont plus, mais vous restez eoiNNre : Formez les chœurs brillants des peuples de rAurore. Des femmes de Byhlos répétez les soupirs; Du farouohe Israël enflammez les désirs. Loin d'ici la pudeur et la froide innocence! 11 nous faut des plaisirs conduits par la vengeance. Cliantes l'amour; «'est lui qui du Dieu d'Israël Doit corrompre Teneens et renverser l'autel.
LB cqc^UB.
Amour, tout chérit tes mystèrçç ,
Tout suit tes gracieuses lois,
L'hirondelle au palais des rois,
L'aigle sur les monU solitaires,
£t le passereau sous nos toits.
UNB AUALBCITE.
Ton vieux temple , entouré des peuples de la terre, S'élève révéré de chaque âge nouveau , Comme au milieu d'un champ la borne héréditaire , Ou la tour du pasteur au ipHiaii du troupeau.
13 GBOBUB.
Amour, tout chérit tes mystères, Tout suit tes gracieuses lois, L'hirondelle au palais des rois , L'aigle sur les monts solitaires, Et le passereau sous nos toits.
UNE AIIALBCITE.
Invoquons du Liban la déesse charmante I
De nos longs cheveux d'or que la tresse élégante
Tombe en sacrifice à l'Amour.
Soulevons les enfers, répétons tour à tour Du berger chaldéen la parole puissante.
|}NB AIITBB ÀlIALÉCITE.
Qui méprise l'Amour dans ses fers gémira.
DBUl^ AMALBGITBS.
De prodiges divers l'Amour remplit l'Asie , U embauma l'Arabie Des pleurs de la tendre My rrba ; Du pur sang d'Adonis il peignit l'anémone ; Fleur des regrets , symbole du plaisir, I
Elle vit peu de temps; et le même zéphyr La fait éclore et la moissonne.
URB AMÀLBGITB.
Prenons notre ridie eeintuie • Nos réseaux les plus fins, nos bagues, nos colliers;
Vengeons aujourd'hui nos guerriers;
Les remparts et les boucliers Sont vains contre l'Amour dans toute sa parure.
LB CHGEUB.
Que dit à son amant, de plaisir transporté,
Cette prétresse d'Astarté Qui voudroit attirer le jeune homme auprès elle, Et lui percer le cœur d*une flèche mortelle?
UNB AIIÀLÉCITB.
« Beau jeune homme, dit-elle , arrête donc les yeux « Sur la tendre Abigail que ta froideur opprime. « Je viens d'immoler la victime , « Et d'implorer la faveur de nos dieux.
« Viens, que je sois ta bien-oimée.
a J'ai suspendu ma couche en souvenir de toi;
« D'aloès je l'ai parfumée.
« Sur un riche tapis je recevrai mon roi ; « Dans l'albâtre éclatant la lampe est allumée; « Un bain voluptueux est préparé pour mol.
« L'époux qu'on a choisi , mais qui n'a pas mon âme, « Est parti'ce matin pour ses plants d'oliviers :
« Il veut écouler ses viviers;
« Sa vigne ensuite le réclame.
« U a pris dans sa main son bâton de palmier, « Et mis deux sicles d'or dans sa large ceintare; m II ne reviendra point que de son orbe entier « L'astre des nuits n'ait rempli la mesure.
« Tandis qu'en son champ il vendange, « Enivrons-nous de nos désirs. [ venge :
« De tant de jours perdus qu'un jour heureux nous « Il n'est de bon que les plaisirs. *
DEUX ÀMàLBCITES.
O filles d'Amalec ! si par un tel langage
De nos tyrans nous embrasions les cœurs, Nous verrions à nos pieds cette race sauvage, Et les vaincus deviendroient les vainqueurs!
LES MâMBS, AVEC UNB TBOISIBMB AMALBCITl.
Arzane , lève-toi dans l'éclat de tes larmes I
Triomphe par tes charmes!
Que l'amour sur ton front s'embellissant encor Attaque des Hébreux les princes redoutables , Et livre tout Jacob à nos dieux formidables,
LE CBCEUB.
Baal , Moloch et Phogor !
ABZANB.
Nadab ne revient pas. Déjà la lune éclaire D^s rochers du Sina le sommet solitaire : De la garde du camp on voit briller les ftax.
moïse, acte
(kn choearO Retournez vers Jacob; méle^-vous à ses jeux; Pour subjuguer son cœur faites briller vos grâces.
CA5ébée.)
Et toi, du fils d*Aaron cherche et poursuis les traces :
J^atteudrai ton retour auprès des pavillons
Où depuis si longtemps dans les pleurs nous veillons.