‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 262 sur 283 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

moïse, NADAB, ARZANE, DATHAN , NËBÉE; SOLDATS, peuple, etc.

ABZANE.

Jacob! je reconnnoîs ton malfaisant génie.

su

moïse, acte V, SCÈNE IV.

MOÏSE , toi^jours 9ur les rochers.

De mon front sillonné dernière îgnominiel Yeillé-je , ou n'est-ce pas l'idolâtre braél Qui d'un monstre da Nil environne Tautel ? O Tables de la loi , du ciel présent insigne , De vos commandements ce peuple n'est plus digne! Tombez , et brises-vous !

(U.bilM 1« Tabtoa de la loi , desotQd des rochers t et marohe

àraulel.)

Disparois à mes yeux, Disparois à jamais, simulacre odieux.

(Il renverse Tautel el lldole»)

Vous qu'un ange toujours protège de son aile, Lévites , accourez : Moïse vous appelle* Et toi , noble Marie, amène dans ce lieu Ton foible bataillon , si puissant devant Dieu.

(Les lévites et les jeunes Israélites entrant de toos côtés sur lasetoe, se rangent autour de Moïse.)

VADkBj tirant son épée.

Soldtits ! livrerez- vous mon épouse à ces traîtres ?

Défendez votre roi contre la main des prêtres.

KOÎSX.

Que tout fidèle Hébreu , par,son zèle emporté , D'un repentir soudain passe de mon côté. (Le peuple fait un mouvement.) NADAB.

Infâmes déserteurs !

IfOÏSB.

N'écoutez point l'impie , £t.qu*à la voix des saints Israël se rallie !

(Le peuple et les soldats passcnl du côté de Moïse.) NAD AB , à Arzanê»

Je te défendrai seul , objet cher et cruel , Contre ce peuple entier, Moïse et l'Éternel.

MOÏSB.

Vengeurs du sanctuaire, entourez la victime. Et désarmez le bras qu'avoit armé le crime.

(Des lévites environnent Arzane et désarment Nadah , d*autres emmènent Dathan.)

ABZANE.

Cessez , vils meurtriers ; je saurai bien sans vous Mourir comme une reine. Oui , je vous brave tous, deurèuse , en expirant j'ai veagé ma patrie; C'est par moi que Jacob connottridoiâtrie. Retourne si tu veux, ô peuple renié , ▲ ton Dieu dévorant , à ton Dieu sans pitié. Je te livre à l'arrêt qui déjà te condamne. Et ton sang va couler après celui d' Arzane.

MOÏSB.

Qu'on l'entraîne !

NA9AB, s'arrachant des $nains des lévites et se précipitant vers Ariane.

Sur moi tournez votre poignard !

Arzane, que mon corps te serve de rempart; Permets avec le tien que mon sang se confonde ;

Que nos âmes ensemble abandonnent le monde.

Et que le dernier souffle exhalé de mon cœur

Des feux qui me brûloient te porte encor rardeor 1

ABZ ANB , le repoussant.

Quoi ! jusque dans la mort m'accabler de ta flamme!

Laisse , laisse aux enfers desoendreen paix mon âme.

Disons-le maintenant à la &oe des cieux :

Comme tout Israël tu m'étois odieux.

Filsd'Aaron, dans l'espoir de te perdre toi-même,

J'avois» pour mon supplice, eu la foiblesse extrême

De me vouloir sauver en me donnant à toi ;

Mais cet effort étoit trop au-dessus de moi ;

Et lorsque de l'amour j'affectois le langage

Les pleurs le démentoient sur mon pâle visage.

Je suis enfin soustraite à ces secrets tourments ;

Le tombeau me dérobe à tes embrassements.

Quel bonheur d'échapper à l'amant qu'on déteste!

Adieu, parjure enfant d'une race funeste;

De mon dernier aveu que le dur souvenir

Augmente la douleur de ton dernier soupir;

Et songe, en apurant à ton culte infidèle,

Que je n'avois pour toi qu'une haine immortelle !

(Elle anaolM son voile, et sort avec les Amaléctisa tous la gude

d*aiie tioupede iévitee.)

MOTSB.

Allez, brisez la tête à cH ingrat serpent, Et tarissez les flots du venin qu'il répand.

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