SOLDATS
HABIB
Du Tfès^Haut, pour Nadab, implorons la démence.
N AD AB , dans la sUipeur, Mon songe disparoît dans un abîme immense. Ta malédiction , Aaron infortuné , Comme un manteau brûlant couvre ton premieMié. Tu ne m'entendras plus te parler, te sourire; Tu ne me verras plus chaque matin te dire : « Viens, mon père, au soleil réchauffer tes vieux ans; a Viens pri« l'Ëteroel et bénir tes enfants. •
(Il fait qnelgiMS pai sur le tbéAIre.) Mais par quel corps sanglant est ma marche heurtée? Aux corbeaux du désert une femme jetée.... Noirs vautours attachés à ce sein éclatant, Je demande ma part du festin palpitant. Tu ne peux plus du moins repousser ma tendresie, Arzane ; dans mes bras je te tiens , je te presse. Nous aurons au soleil montré dans un seul jour Des prodiges nouveaux et de haine et d'amour. Jéhovah! pulsqu'Arzane à ma flamme est ravie, Je te rend^ tes présents, je renonce à la vie : Pour aller aux enfers m'unir à la beauté. Je cours t'offrir l'encens que respire Astarté.
(U ftiii.)
moïse, acte V, SCÈNE V.
MOÏSE , aux lévites.
Suivez-le , gardez-le de sa propre misère. Ne verse point sur lui , seigneur, dans ta colère Les feux dont Séboîn jadis fut consumé, Et que de ton courroux le trésor soit fermé !
(Les lévites saiveot Nadab. Mobe parlant à Marie : )
Vous , femme forte et sage , à la vertu nourrie , Soignez Tâme d'Aaron d'un coup affreux meurtrie : Par mes ordres secrets Benjamin et Caleb Ont arrêté mon frère à la source d'Oreb.
(Marie sort ; le ciel oommenoe à se couvrir ; on entend an coup de toanerre. Moïse, après avoir regardé le ciel et la montagne « dit :)
Quel présage effrayant! Dieu vient : à sa présence La mer a fui ; la terré attend dans le silence ; Et les cieux , dont il fait trembler l'immensité, S'abaissent sous les pas de son éternité.