LETTRE
sua L'ABT DU DESSIN
DAKS LES PAYSAGES.
A HONSIEUa
Londres, 1796.
Voilà le petit paysage que vous m'avez demandé. Je vous l'ai fait attendre ; mais vous savez quels tristes soins m'appellent à d'autres études qui pourtant ne seront pas longues , s'il faut en croire les médecins' ; Je suis prêt quand et comment il plaira à Dieu. Ces mêmes études m'ont fait abandonner cette grande vue du Canada , qui me plaisoit par le souvenir de mes voyages. Quelle différence de ce temps-là à celui-ci! Lorsque mes pensées se reportent vers le passé. Je sens si vivement le poids de mes peines, que Je ne sais ce que Je deviens. Pardonnez à cet épanchement de mon cœur. II y a tant de charme à parler de ses souffrances quand ceux qui vous écoutent peuvent vous comprendre ! Peu de gens me comprennent ici.
Le petit dessin que Je vous envoie m'a fait faire quelques réflexions sur l'art du paysage : elles vous seront peut-être utiles. D'ailleurs nous sommes en hiver; vous avez du feu : grande ressource contre les barbouilleurs de papier.
Élevé dans les bois, les défauts de l'art et la sécheresse des paysages m'ont frappé presque dès mon enfance , sans que Je puisse dire ce qui oonstituoitcesdéfauts. Lorsque Jedessinots moi-même, Je sentois que Je faisois mal en copiant des modèles ; J'étois plus content de mol , lorsque Je suivois mes propres idées. Insensiblement cela m'engagea à rediercher les causes de cette bizarrerie; car enfin ce que Je retraçois d'après les règles va-
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