FEMMES
Bapproebes lady Macbeth et Marguerite de Dcsdâuone, d'Ophélla, de Miranda, âe:Cordé- ^ lia, de Jcssica, de Perdita, d'imogëne , et tous serez émerveillés de la souplesse du talent du peête. Ces jeunes femmes ont une idéalité ravis* note : le tienx rôï Léai^, aveugle , dit à sa fidèle CordèUa : « Quand tu me demanderas ma béné- > didkm , Je me niettini à genoux et Je te deman- « deral paidon ; Ifteus vivrons ainsi en priant et
• en ebanUmt. »
OphéBa , bizarrement parée de brins de paille et de fleurs, prenant son frère pour Bamlet qu*elle aime et qui a tué son père, lui adresse cfs paroles : « Voilà du romarin; c'est pour la < mémoire; Je vous en prie, cher amour, sou- « ^eoex vous de moi Je vous don-
• nerois bien des violettes, mais elles se sont
• tontes fanées quand mon père est mort »
Dans Hamlet, dans cette tragédie des aliénés, * dans ce Bedlam royal où tout le monde est ins&Bsé et criminel, où la démence simulée se juint à la démence vraie, où le fou contrefait le fou, oâ les morts eux-mêmes fournissent à la SMK la tète d'un fou; dans cet odéon des ombres, où Ton ne voit que des spectres, où Ton n'entend que des rêveries, que le qui vive des KDtinelles , que le criaillement des oiseaux de »t et le bruit de la mer, Gertrude raconte 9iX)pliétla s'est noyée : « Au bord du ruisseau croit un saute qui réfléchit son feuillage gris dau le cristal de Tonde. Elle fit avec ce feuil- 1a^ de caprlciatscs guirlandes entrelacées de coquelicots, d'orties, de mai^erites et de ces longues fleurs pourpres que nos simples bergers appdlent d*un noiA grossier, mais
<< que nos fh)ides vierges nomment . des doigts « de mort. Là, grimpant pour attacher aux ra* ff meaux pendants sa couronne d*herbes sauva- « ges, une Jalouse éclisse se rompt; Ophélia « et son trophée rustique tombent dans le ruis- « seau en pleurs; ses robes s'étalent larges, et « la soutiennent un moment , semblable à une « mermaid^ . Pendant ce temps, elle cbantoit « des morceaux de vieilles ballades, comme une « personne incapable de sentir son propre péril, « ou comme une créature née et revêtue de Té- « lément qu'elle habite. Mais cela ne pouvoit « durer; ses vêtements, appesantis par Teau « qu'ils avoient bue, entraînèrent la pauvre « infortunée de ses lais mélodieux à une fangeuse « mort : Fro^n melodious kûy to muddy death, »
On apporte le corps d'Ophélia dans le cimetière. La coupable reine s'écrie : « Des parfums « au parfum ! adieu ! » sweetsto stveet! Farewell! elle répand des fleurs sur le corps de la Jeune fille. « J'avois espéré que tu serois la femme de mon Hamlet; Je pensois, aimable fille, que Je sèmerois de fleurs ton lit nupUal et non ton cercueil. »
C'est un encbantement que tout cela.
Othello au milieu de son délire , dit à Desdémone : « 0 toi, fleur des bois , qui es si belle et « exhales un parfum si doux I ton approche « enivre les sens I. . . Je voudrois que tu ne fus- « ses Jamais née. ...»
Le Maure , prêt à tuer sa femme endormie, s'approche du lit : « Je veux respirer encore la « rose sur sa tige... encore un baiser; encore un ! « Sois telle que tu es là quand tu seras morte , et « Je veux te tuer et Je t'aimerai après. / xvil kilf « theCy and love thee after. »
Dans le Conte d* Hiver, on retrouve la même grâce appliquée au bonheur. Perdita s'adressant à Ftorizel :
« Et vous le plus beau de mes amis , Je vou- A drois bien avoir quelques fleurs de printemps « qui pussent aller avec votre Jeunesse. . . .Je « suis dépourvue de toutes les fleurs dont je vou* « drois entrelacer les festons pour vous en cou- « vrir tout entier, vous, mon doux ami. »
Florizel répond :
« Quand vous parlez, Je voudrois vous enten- « dre parler toujours; si vous chantez , je vou- «drois vous entendre chanter toujours; je vou-
I Vierge de la mer, fée de mer, sirëoe.
ESSAI
« droit vous voir donner TaumAne , prier, régler « votre maison, tout faire en chantant. Lorsque « vous dansez , Je voudrois que vous fussiez uue « vague de la mer toujours mobile. »
Dans Cymbeiine, Imogène est accusée d'infidélité par Posthumus : « Infidèle à sa couche ! « Qu'est-ce qu'être infidèle? Est-ce d'y veiller « et d'y penser à lui ; d*y pleurer au son de cha- « que heure? »
A la caverne, Arviragus croit Imogène morte et la rapporte dans ses bras ; alors Guiderius : — « 0 le plus charmant, le plus beau des lis, « mon frère ne te soutient pas la moitié si bien a que tu te soutenois toi-même I
— « 0 Mélancolie, dit Belarius, qui Jamais a « pu sonder ton sein , trouver la terre qui indi- « que la côte accessible à ta barque languis- « santé? »
Imogène se Jette au cou de Posthumus détrompé : « Reste , lui dit-il , 6 mon âme , suspen- K due là comme un fruit, Jusqu'à ce que l'arbre « meure. »
Haiigtherelikefruity my sool
TUltbetreedie!
« Eh quoi ! s'écrie Cymbeline , Imogène , ma « fille, n'as-tu rien à demander à ton père? — m Votre bénédiction, seigneur, » répond Imogène en tombant à ses pieds. Your blessing, sir.
Je ne considère ici que le style et Je n'entre point dans la composition du drame; Je ne montre point ce qu'il y a de poignant dans l'égarement d'Ophélia, de résolution, d'amour dans l'adolescente Juliette ; ce qu'il y a de nature , de passion et de frayeur dans Desdémone, quand Othello la réveille pour la tuer; ce qu'il y a de pieux, de tendre et de généreux dans Imogène, bien qu'en tout cela le romanesque prenne la place du tragique, et que ie tableau tienne plus des sens que de l'âme.