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* Tout ee qal suit Jasqu*aa chapitre f^oyage* oti extrait dt met Mémoire», «t marqaé de gallleiatts.
ESSAI
« cours qu'il a fiait, m'a traité à chaque phrase avec « une dureté peu commune; il a censuré ma vie « entière, ma conduite et mes opinions. Nonobs- « tant cette grande et sérieuse attaque , non méri- « tée de ma part , Je ne serai pas épouvanté ; Je ne « crains pas de déclarer mes sentiments dans cette « chambre , ou partout ailleurs. Je dirai au monde <i entier que la constitution est en péril. C'est cer- « tainement une chose indiscrète en tout temps , « et beaucoup plus indiscrète encore à cet âge de « ma vie , que de provoquer des ennemis ou de « donner à mes amis des raisons de m'abandonner. « Cependant si cela doit arriver pour mon adhé- « rence à la constitution britannique, je risquerai « tout , et , comme le devoir public et la prudence « publique me l'ordonnent , dans mes dernières « paroles Je m'écrierai : Fuyez la constitution « françoise ! » — (Fly from thefrench c(mstiiU' tion, )
M. Fox ayant dit qu'il ne s'agissoit pas de perdre des amiSy M, Burke s'écria :
« Oui , il s'agit de perdre des amis 1 Je connois le « résultat de ma conduite ; J'ai fait mon devoir au f prix de mon ami, notre amitié est finie. » {[hâve done my duty ai the priée of my friend; our Jriendship is at an end.) « J'avertis les très-ho- « norables gentlemen qui sont les deux grands ri- « vaux dans cette chambre , qu'ils doivent à l'a- « venir (soit qu'ils se meuvent dans l'hémisphère « politique comme deux flamboyants météores, « soit qu'ils marchent ensemble comme deux ff frères) , Je les avertis qu'ils doivent préserver « et chérir la constitution britannique; qu'ils « doiv^t se mettre en garde contre les innova- « tions, et se sauver du danger de ces nouvelles « théories. » {From ihe danger of thèse new theo» ries.)
« Pitt , Fox , Burke ne sont plus , et là constitation angloisQ a subi l'influence des nouvelles théories. Il faut avoir vu la gravité des débats parlementaires à cette époque, il faut avoir en* tendu ces orateurs dont la voix prophétique sem* bloit annoncer une révolution prochaine, pour se faire une idée de la scène que Je viens de rappeler. La liberté contenue dans les limites de l'ordre sembloit se débattre , à Westminster, sons Tinfluence de la liberté anarchique qui parloit à la tribune encore sanglante de la Convention.
« M. Pitt , grand et maigre , avoit un air triste et moqueur. Sa parole étoit froide ; son intonation, monotone ; son geste, insensible -.toutefois la
lucidité et la fluidité de ses pensées, la logique de ses raisonnements subitement illuminés d'éclairs d'éloquence, faisoientde son talent quelquechos^ hors de ligne.
« J'aperce vois asses souvent M. Pitt, lorsque de son hôtel, à travers le parc Saint^ames, i1 alloit à pied chez le roi. De son o6té, Georges III arrivoit de Windsor, après avair bu de la bière dans un pot d'étain avec les fermiers di^ voisinage ; il francbissoit les vilaines cours de son vilain châtelet, dans une voiture grise que soi* voient quelques gardes à cheval : c'étoit là iq maître des rois de l'Europe, comme cinq oa m marchands de la cité sont les maîtres de l'Inde. M. Pitt , en habit noir, épée à poignée d'acier ai^ côté, chapeau sous le bras, montoit enjamban^ deux ou trois marches à la fois. Il ne trouvoit sur son passage que trois ou quati*e émigrés désœu^ vrés : laissant tomber sur nous un regard dédaigneux , il passoit le nez au vent , la figure pâle.
« Ce grand financier n'avoit aucun ordre ehei| lui; point d'heures réglées pour ses repas ou soi^ sommeil. Criblé de dettes, il ne payoit rien, et ne se pouvoit résoudre à faire l'addition d'un mé^ moire. Un valet de chambre conduisoit sa maison^ Mal vêtu, sans plaisir, sans passion, a\ide dé pouvoir, il méprisoit les honneurs et ne vouioil être que William Pitt.
(t Lord Liverpool, au mois de Juin 1822, mfi nena dîner à sa campagne : en traversant la bruyère de Pulteney, il me montra la petit^ maison où mourut pauvre le fils de lord Chatam, l'homme d'État qui avoit mis l'Europe à sa solde ^ et distribué de ses propres mains tous les mil' liards de la terre, v