‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 11 sur 314 · ERGA8TB · texte numérisé non relu

ERGA8TB

Eh! de grâce, madame , encore un mot qui décide de ma destinée, et je finis. Me haïssez- vous ?

BOBTSIISB.

Je ne dis pas cela \ je ne pousse point les choses jusque-là ^ elles ne le lâéritent pas. Sur quoi voudriezvous que fût fondée ma haine ? Vous m'êtes inconnu , monsieur^ attendez donc que je vous connaisse.

Me serait -il permis de chercher à vous être présenté , madame ?

HORtlSllSB.

Vous n*aviez qu'un mot h me dire tout à Theure. Vous me Favez dit , et vous continuez , monsieur. Achevez donc, ou je m'en vais , car il n'est pas dans l'ordre que je reste.

BRGASTB.

Âh ! je suis^ au désespoir ( Je vous entends *, vous ne voulez pas que je vous voie davantage.

Mais en vëritë, monsieur, après m'avoir appris que vous m*aimez, me conseilleries-vous de voas dire qoe je veax bien que vous me voyiez ? Je ne pense pas que cela m'arrive. Vous m'avez demandé si je vous haïssais y je vous ai répondu. que non ; en voilà bien assez, ce me semble ; n'imaginer pas que j*aiUe plus loin. Quant aux mesures que vous pouvez prendre pour vous mettre en état de me voir avec un peu plus de décence qu ici , ce sont vos affaires» Je ne m^opposerai point à vos desseins ; car vous trouverez bon que je les ignore , et il faut même que cela soit ainsi. Un homme comme vous a des amis , sans doute , et n'aura pas besoin d'être aidé pour se produire.

BftGASTB.

Hélas ! madame, je m'appelle Ergaste ; je n'ai d'amis ici que le comte de Belfort, qui m'arrêta hier comme j'arrivais du Dauphiné , et qui me mena surle-champ dans cette campagne -ci.

HOITBIISE.

Le comte de Belfort , dites - vous ? Je ne savais pas qu'il fut ici. Nos maisons sont voisines; apparemment qu'il nous viendra voir. Et c'est donc chez lui que vous êtes actuellement , monsieur ?

BEGASTE.

Oui , madame. Je le laissai hier donner quelques ordres après dîner , et je vins me promener dans les allées de ce petit bois où j'apercevais du monde. Je

Page 1