SCÈNE IV
TOUS y vis ; tous tous y dëinasquâtes un instant, et dans cet instant vous devîntes l'arbitre de mon sort» J'oubliai que je retournais à Paris ; j'oubliai jusqu*à un mariage avantageux qu'on m'y ménageait , et auquel je renonce. Quant à la personne avec qui j'allais le conclure, rien ne me lie avec elle qu'un simple rapport de condition et de fortune.
BORTENSB.
Dès que ce mariage vous est avantageux , la partie se renouera. La dame est aimable , sans doute , et vous ferez vos réflexions.
BAOA8TB.
Non , madame ; mes réflexions sont faiftes , et je le répète encore, je ne vivrai que pour vous ; ou je ne vivrai pour personne. Trouver grâce à vos yeux, voilà à quoi j'ai mis toute ma fortune ; ,et je ne veux plus rien dans le monde, si vous me défendez d'y aspirer.
BORrrBHSB.
Moi , monsieur ! je ne vous défends rien , je n'ai pas ce droit-là { on est le maître de ses sentimens ^ et si le comte de Belfort, dont vous parlez , allait vous mener chez moi , je le suppose , parce que cela peut arriver, je serais même obb'gée de vous y bien recevoir.
EEGASTE.
Obligée , madame ! Vous ne m'y sbufihrez donc que par politesse ?
a8 LA MEPRISE,
▲ ALBQUtir.
Cest ce monsiear Damîs , qui est si amoureux de vous.
HO&TEIfSS*
Je n*ai (fue faire de lui ni de son amour, E^t*ce qu'il me cherche? De quel côté vient-il ?
Il ne vient par aucun côté, car il ne bouge; et c'est moi qui viens pour lui , afin de savoir où vous êtes. Lui dirai-je que vous êtes ici , ou bien ailleurs ?
BOETEUSE.
Non; nulle part.
^ AftLEQIJlR.
Cela ne se peut pas ; il faut bien que vous soyez en quelque endroit. Vous n'avez qu'à dire où vous voulez être.
HORTEZfSB.
Quel imbécile! Ra'pporte^lni que tu ne me trouves pas.
ARLEQUIR.
Je vous ai pourtant trouvée ; comment ferons-uous ?
HOETElf SE.
Je t'ordonne de lui dire que je n'y suis pas -, car je
m en vais. (EIU sVlotgn* un p«a. )
ARLEQUIK.
Eh bien ! vous avez raison \ quand on s'en va , on n'y est pas; cela est dair. (Kton.)