DORANTE, M. REMY, MARTON
M. RE M Y , regardant ton neveu.
DoRAHTE , sais - lu bien qu il n'y a point de fou aux petites-maisons de ta force ?(Hartonarrive.) Venez, mademoiselle Marton.
MARTON
Je viens d'apprendre que vous étiez ici.
M. RBMT*
Dites-nous un peu votre sentiment; que pensezvous de quelqu'un qui n'a point de bien , et qui refuse d'épouser une honnête et fort jolie femme, avec quinze mille livres de rente bien venans P
a24 LES FAUSSES CONFIDENCES,
MARTOlf.
Voire question est bien aisée à décider. Ce quelqu'un rêve.
M. REMTy moatrant Donnie.
Voilà le rêveur ) et pour excuse , il allègue son cœur que TOUS avez pris ; mais comme apparemment il n'a pas encore emporté le vôtre, et que je vous crois encore à peu près dans tout votre bon sens , vu le peu de temps qu'il y a que vous le connaissez, je vous prie 'de m'aider à le rendre plus s^e. Assurément vous êtes fort jolie ; mais vous ne le disputerez point à un pareU établissement ; il n'y a point de beaux yeux qui vaillent ce prix-là.
MARTON
Quoi ! monsieur Remy, c'est de Dorante que vous parlez ? C'est pour se garder à moi qu'il refuse d'être riche?
Kl* REKIY*
Tout juste*, et vous êtes trop généreuse pour le souffrir.
M A R TO N , avec nn air de pauion.
Vous vous trompez , monsieur; je l'aime trop moimême pour l'en empêcher, et je suis enchantée. Ah ! Dorante , que je vous estime ! Je n'aurais pas cru que vous m'aimassiez tant.
M. REICY.
Courage ! je ne fais que vous le montrer, et vous en êtes déjà coiffée! Pardi I le cœur d'une femme est bien étonnant ! le feu y prend bien vite !