‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 154 sur 314 · DUBOIS, ARAMINTE · texte numérisé non relu

DUBOIS, ARAMINTE

DUBOIS

O» m^a dit que vous vouliez me parler, madame*

A&Atll»T£.

Viens ici ; tu es lûen împradenl , Dubois, bien in* discret. Moi qui ai si bonne opinion de toi , tu n'as guère d'attention pour ce que je te dis. Je t'avais recommande de te taire sur le diapitre de Dorante ^ tu en sais les conséquences ridicules , et tu me l'avais promis. Pourquoi donc avoir prise, sur ce misérable tableau , avec un sot qui fait un vacarme épouvantable , et qui vient ici tenir des discours tout propres à donner 'des idées que je serais au désespoir qu'on eût?

DUBOIS

Ma foi ! madame , j'ai cru la chose sans conséquence , et je n'ai agi d'ailleurs que par un mouvement de respect et de zèle.

ARAVIlfTE, d*uBairyif.

Eh ! laisse là Ion zèle ^ ce n'est pas celui que je veux, ni celui qu'il me faut. C'est de ton silence que j'ai besoin pour me tirer de l'embarras où je suis , et

ACTB II, SCÈNE XII. a43

où tu m'as jetée toi-même ; car sans toi je ne saurais pas que cet homme- là m'aime, et je n'aurais que faire d'y regarder de si près.

DtJBOXS.

l'ai bien senti que j'avais tort.

ÀRAMIlfTE.

Passe encore pour la dispute ; mais pourquoi s'écrier : Si je disais un mot? Y a-t-il rien de plus mal à toi?

DUBOIS

C'est encore une suite de C0 zi^e mal entendu. .

AAAIIIIITE..

EkbicËi! tais -toi doue) tais- Ko ^ je TOvdrais pouvoir te faire oublier ce cfiie to m'as dit.

DVJHOIS.

Oh ! je suis bien corrigé.

ÀRAMIlfTE.

C'est ton étourderie qui me force actuellement de te parler , sous prétexte de t'interroger sur ce que tu sais de lui. Ma mère et monsieur le comte s'attendent que tu vas m'en apprendre des choses étonnantes ; quel rapport leur ferai-je à présent?

PUBOIS.

Ah ! il n'y a rien de plus facile à raccommoder \ ce rapport sera que des gens qui le connaissent m'ont dit que c'était un homme incapable de l'emploi qu'il a chez vous, quoiqu'il soit fort habile, au moins-, ce n^est pas cela qui lui manque.

a46 LES FAUSSES CONFIDENCES,

une autie affaire \ mais il n'est liehe qu'en mérite , et ce n*est pas assez.

Vraiment non ; Toill les usages. Je ne sais pas comment je le traiterai; je n'en sais rien, je verrai.

nuBois.

Eh bien ! madame a un si beau prétexte. Ce portrait que Marton a cru être le sien , à ce qu'elle m'a dit...

AllàMI9TE.

£h ! non , je ne saurais l'en accuser ^ c'est le comte gui l'a fait faire.

DUBOIS

Point du tout , c'est de Dorante *, je le sais de luimême ; et il y travaillait encore il n'y a que deux mois, lorsque je le quittai.

ARAMIITTE.

Va-t'en ; il y a long-temps que je te parle. Si on me demande ce que tu m'as appris de lui, je dirai ce dont nous sommes convenus. Le voici *, j*ai envie de lai tendre un piëge.

DUBOIS

Oui, madame \ il se déclarera peut-être, et tout de suite je lui dirais : Sortez.

ABAMIHTE.

Laisse-nous.

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