‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 162 sur 314 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DORANTE, DUBOIS

DUBOIS

JNoH, vous dis-je ; ne perdons point de temps. La lettre est-elle prête?

DOBINTE, l( IdI maiiinDi.

Oui , la voilà } et j'ai mis dessus : rue du Figuier.

DUBOIS

Vous éles bien assuré qu'Arlequin ne connaît pas ce quartier-là ?

DOBAHTE.

II m'a dit que non.

DDBOIS.

Lui avez-vous bien recommandé de s'adresser à Marton ou à moi pour savoir ce que c'est?

DOSANTE.

Sans doute , et je le lui recommanderai encore.

DUBOIS

Allez donc la lui donner j je me charge du reste auprès de Marton, que je vais trouver.

DOBtUTE.

Je t'avoue que j'hésite un peu. N'allons-nous pas

aGo LE5 FAUSSES CONFIDENCES,

trop vite avec Aramiiilc? Dans l'agitation des mouvemens où elle est, veux-tu encore lui donner l'embarras de voir subitement cclater l'aventure? nu B o I s.

Oh! oui! point de tjuarlier. Il faut l'achever pendant qu'elle est étourdie. Elle ne sait plus ce qu'elle fait. "Ne voyez-vous pas bien qu'elle triche avec moi , qu'elle me fait accroire que vous ne lui avez rien dit? Âh ! je lui apprendrai à vouloir me soulHer mon emploi de confident, pour vous aimer en fraude.

DOUANTE.

Que j'ai souficrt dans ce dernier entretien ! Puisque tu savais qu'elle voulait me faire déclarer, que ne m'en avertissais-tu par quelques signes?

DtBOlS.

Cela aurait été joli , ma foi! Elle ne s'en serait point aperçue, n'est-ce pas? Et d'ailleurs, votre douleur n'en a paru que plus vraie. Vous repwitez-vous de l'elTet qu'elle a produit? Monsieur a souffert! Parbleu ! il me semble que cette aventure-ci mérite un peu d'inquiétude.

D o n A K XE.

Sais-tu bien ce qui arrivera? Qu'elle prendra son parti, et qu'elle me renverra tout d'un coup.

Je l'en défie. U est trop tard ; l'heure du courage est passée ; il faut qu'elle nous ppouse.

DORAHTE,

Prends-y garde-, lu vois que sa mère la fatigue.

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