‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 175 sur 314 · ARAMINTE, M- ARGANTE, M. REMY, LE COMTE, DORANTE, MARTON · texte numérisé non relu

ARAMINTE, M- ARGANTE, M. REMY, LE COMTE, DORANTE, MARTON

MARTON, rroUlemcnt.

Ne vous pressez pas de le renvoyer, madame. Voilà une lettre dé recommandation pour lui , et c*est mon* sieur Dorante qui Ta écrite^

ARAMIIiTE.

Comment !

X kifiTOSi ) dunnaiil la IciUe au cpmle.

Un instant, madame^ cela mérite d*être écouté. La lettre est de monsieur, vous dis-je.

LE COMTE lit haut.

« Je TOUS coDJare, mon cher ami, d*étre demain sur tt. ks neuf heures du matin chez vous. J^aî bien des cho- « ses à vous dire ; je crois que je vais sortir de chez la « dame que vous savez ; elle ne peut plus ignorer la mal- « heureuse passion que j'ai prise pour elle , et dont je ne M guérirai jamais.

m"' augamte.

De la passion ! entendez-vous, ma fille?

LE COMTE Ut.

« Un misérable ouvrier que je n'attendais pas est venu « ici pour m'apporter la boite de ce portrait que j'ai fait

<c d'elle.

m"* argante.

C'est-à-dire que le personnage sait peindre.

LE COMTE lit.

N J'étais absent ; il Ta laissée à une fille de la maisoB^

m"** a B g a NTE y k Marto».

Fille de la maison ^ cela vous regarde.

LE COMTE lil.

« On a soupçonné que ce portrait m'appartenait. Ainsi « je pense qu'on va tout découvrir, et qu'avec le chagrin « d'être renvoyé et de perdre le plaisir de voir tous les « jours celle que j'adore...»

M*** ARGAWTE^

Que j'adore ! ah ! que j'adore !

LE COMTE m.

« J'aurai encore celai d'être méprisé d'elle.

m"* argante.

Je crois qu'il n'a pas mal deviné celui-là, ma fille.

LE COMTE Ul.

« Non pas à cause de la médiocrité de ma fortune, sorte H de mépris dont je n'oserais la croire capable....

m"* argaicte.

Eh ! pourquoi non ?

LE comte lit.

« Mais seulement k cause du peu que je vaux auprès

« d'elle , tout honoré que je suis d6 l'estime de tant d'hon-^

« nêtes gens.

m"* argante.

Et en vertu de quoi Testiment-ils tant ?

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