LISETTE, PASQUIN
PÀSQUIIf, s^approcbant de LiielU.
BoKjouB, ma fdie; bonjour, mon cœur; serviteur à mes amours.
LISETTE, le rfpoassani on peu.
Tout doucement.
PASQTTIN.
Qu est*ce donc, beauté de mon âme? D'où te vient cet air grave et rembruni ?
LISETTE
Cest que j'ai à te parler, et que je rêve. Tu dis que tu m'aimes , et je suis en peine de savoir si je fais bien de te le rendre,
pasquin.
Mais , ma mie , je ne comprends pas votre scrupule. N'êtes - vous pas convenue avec moi que je suis aimable ?
LISETTE
Parlons sérieusement; je n'aime point les amours qui n'aboutissent à rien.
PASQUIir.
Qui n'aboutbsent à rien ! Pour qui me prends-tu donc ? Veux-tu des sûretés ?
3i4 LA JOIE IMPREVUE,
LISETTE
J'entends qu'il me faut un mari , et non pas un. amant.
Pour ce qui est d'un amant , avec un mari comme moi , tu n en auras que faire.
LISETTE
Oui ) mais si notre mariage ne se fait jamais \ si madame Dorville , qui ne connaît point ton maître , marie sa fille à un autre» comm€ il y a toute apparence ?11 y a quelques jours qu'il lui ëchappa qu*elle avait des rues; et c'est sur quoi nous raisonnions tantôt, Constance et moi; de façoii qu'elle est fort inquiète; et, de temps en temps, nous sommes toutes deux tentées de tous laisser là.
Malpeste ! gardez*vous-enbien. Je suis d'avis même que nous vous donbions , mon maître et moi , chacun notre portrait, que vous regarderez, pour vaincre la tentation de nous quitter.
LISETTE
Ne badine point. J'ai charge de ma maîtresse del'interroger adroitement sur de certaines choses. Il s'agit de savoir ce que tout cela peut devenir, et non pas de s'attacher imprudemment à des inconnus qu'il faut quitter , et qu'on regrette souvent plus qu'ils ne valent.
PÀSQtlIN.
M'amour , un peu de politesse dans vos réflexions.