IC. ORGON
Est-ce aujourd'hui qu'il doit jouer ?
PÀSQUIZf.
Ce soir même , pendant le bal qu'on doit donner ici , et où se doit trouver un certain chevalier qui lui a gagné son argent , et qui est homme à lui gagner le reste.
M. ORGOH.
C'est donc pour ce beau projet qu^il est aUé chez le banquier ?
Oui, monsieur.
32a LA JOIE IMPRÉVUE,
M. ORGO».
Le chevalier et lui seront-ils masqués ?
Je n'en sais rien ^ mais je crois qu oui , car il y a quelques jours qu'il y eut ici un bal où ils Tétaient tous deux. Mon maître a même encore son domino vert qu'il a gardé pour ce bal - ci ; et je pense que le chevalier , qui loge au même hôtel , a aussi gardé le sien qui est jaune.
M. OKGON.
Tâche de savoir cela bien précisément , et viens m'en informer tantôt à ce café attenant l'hôtel, où tu me trouveras \ j'y serai sur les six heures du soir.
Et moi , vous m'y verrez à six heures frappantes.
M. O R G O N , tirant une lettre de u poche.
Garde- toi, surtout, de dire à mon fils que je suis ici ^ je te le défends , et remets-lui cette lettre comme venant de la poste. Mais ce n'est pas là tout : on m'a dit aussi qu'il voit souvent dans ce jardin une jeune personne qui vient s'y promener avec sa mère ^ est-ce qu'il l'aime ?
PASQUIir.
Ma foi , monsieur , vous êtes bien servi ; sans doute qu'on vous aura parlé aussi de ma tendresse..., n'estil pas vrai ?