SCÈNE XXL
DAMOJf, àM. Orgoa, luasqiitf.
A qui donc ai-je ea aOaire ? Qui étes-vous , masque ?
Que TOUS impo£te ? Vous n'avez point à vous pl»ndre, j'ai joué av^c honneur.
Assurément. Mais , après tout ce que j'ai perdu , vous ne sauriez me refuser.- de jouer encore cent louis sur ma parole ^
M. ORGOV..
Le ciel m'en préserve ! Je n'irai point vous jeter dans l'embarras où vous seriez , si vous les perdiez. Vous êtes jeune, vous dépendez apparemment d'un père*, je me reprocherais de profiter de l'étourdissement où vous êtes , et d'être , pour ainsi dire , le complice du désordre où vous voulez vous jeter. J'ai même regret d'avoir tant joué ; votre âge , et la considération de ceux à qui vous appartenez , devaient m'en empêcher. Croyez -moi , monsieur ^ vous me paraissez un jeune homme plein d'honneur , n'altérez point votre caractère par une aussi dangereuse habitude que l'est ceHe du jeu , et craignez d'affliger un père, à qui je suis sûr que vous êtes cher.
DAMON
, Vous m'arrachez des larmes , en me parlant de hii ^ mais je veux savoir avec qui j'ai joué. Êtes-vous digne du discours que vous me tenez ?
M. ORGOli, se Jcmasquant.
Jugez-en vous-même.
DÂMOfly se jetaol à Ms geaofliv.
Ah ! mon père , je yous demande pardon.
LE CHEVALIER, i part.
Son père 1
M. ORGON, rcleraotsoa fiU.
J'oublie tout, mon fils ; si cette scène-ci vous corrige , ne craignez rien de ma colère. Je vous connais , et ne vexxx vous punir de vos fautes qu^en vous donnant de nouveaux témoignages de ma tendresse ^ ils feront plus d'effet sur votre cœur que mes reproches.
D À M O V , M rejetant è ses genoos.
Eh bien ! mon père , laissez-moi encore vous jurer à genoux que je suis pénétré de vos bontés ; que vos ordres , que vos moindres volontés me seront désormais sacrés ; que ma soumission durera autant que ma vie, et que je ne vois point de bonheur égal à celui d'avoir un père qui vous ressemble.
LE CHEVALIER, «M. OrgoD.
Voilà qui est fort touchant; mais j'allais lui donner sa revanche -, j'offre de vous la donner à vous-même.
M. ORGON
On n'en a que faire, monsieur. Mais , qui vient à
nous ?(LecheTaUeriort.)