‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 254 sur 314 · SCENE XIL 4o · texte numérisé non relu

SCENE XIL 4o

et Yoïik tout^ et quand je vous accorde que nous n avons pas plus de beauté Tune que Tautre ^ c'est que je ne me soucie guère de me faire tort ^ mais croyez que tout le monde la trouvera encore plus éloignée d'être belle que moi» tout effroyable que vous me faitesv

ERGÂSTK«

Moi ! je vous fais effjroyable ?

Mais il le faut bien , dès que je suis au-dessous d'eUe.

SRGÂ8TE.

J'ai dit que votre partage était de plaire plus qu'elle.

hk MARQUISE.

Soit, je plais, davantage; mais je commence par faire peur.

ERGASTE

Je puis m'être trompé ; cela m'arrive souvent; je réponds de la sincérité de mes sentimens, mais je n'en garantis pas la justesse.

A la bonne heure*, mais quand on a le. goût faux, c'est une triste qualité que d'être sincère.

ERGASTE

Le plus grand défaut de ma sincérité , c'est qu'elle est trop forte.

Je ne vous écoute pas \ vous voyez de travers. Âiusi

4oG LES SINCÈRES,

changeons de discours et laissons là Âraminte. Ce n'est pas la peine de tous demander ce que vous pensez de la différence de nos esprits ; vous ne s^avez pas

ERGÀSTE.

Quant à vos esprits , le vôtre me parait Uen vif, bien sensible , bien délicat.

LA MABQUISB.

Vous biaisez ; c'est vain et emporté que vous voulez dire.

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