‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 256 sur 314 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Elle présente ! qui répondait ?

LISETTE

Qui laissait dire.

LÀ MÀKQUISEy riant.

Eh ! mais , conte-moi donc cela \ comment ! je suis en procès sur d'aussi grands intérêts , et je n'en savais rien ! di bien ?

LISETTE

Ce que je veux apprendre à monsieur, c'est que Frontin dit qu'il est arrivé dans le temps que Dorante se fâchait, s'emportait contre lui en faveur de madame.

Il s'emportait, dis-tu? toujours en présence d'Araminte?

LISETTE. I

Oui , madame : sur quoi Frontin dit donc que vous êtes arrivé, monsieur; que vous avez demandé à Dorante de quoi il se plaignait , et que , l'ayant su , vous avez extrêmement loué son avis, je dis l'avis de Frontin ; que vous y avez applaudi , et déclaré que Dorante était un flatteur ou n'y voyait goutte. Voilà cç que cet effronté publie, et j'ai cru qu'il était à propos de vous informer d'un discours qui ne convient ni à vous ni à madame.

LA M A IVQ OISE, riant.

Le rapport de Frontin est-il exact , monsieur ?

4o8 LES SINCÈRES,

ERGASTE

Cest un sot, il en dit beaucoup trop : il est faux que je Taie applaudi ou loué ; mais comme il ne s'agissait que de la beauté, quon ne saurait contester à Araminte , je me suis, contenté de dire froidement que je ne voyais pas qu'il eût tort.

LA ne A R QUI SE y d^ui âir criUqae et stfâeiuc.

U est vrai que ce n'est pas là applaudir; ce n est que confirmer, qu'appuyer la chose.

ERGASTE

Sans doute.

LA XARQUISE..

Toujours devant Araminte?

ERGASTE

Oui; et j*ai même ajouté, par une estime particulière pour vous , que vous seriez de mon avis vousmême*.

Ah ! VOUS m'excuserez ; voilà où l'oracle s^est trop avancé. Te ne justifierai point votre estime : j'en suis fôchée ', mais je connais Araminte, et je n'irai point confirmer aussi une décision qui lui tournerait la tête , car eUe est si sotte ! Je gage qu'elle vous aura cru , et il n'y aurait plus moyen de vivre avec elle. Laissez-^ nous , Lisette.

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