SCÈNE II
Argante 5 jeTexige, entendez-vous? Car si vous plaisez à Angélique , je serais très-fôché de la priver d'un homme qu'elle aimerait.
M BLAlSEjse froUant les jeax de sorpiise.
Eh mais ! c'est comme un prince qui parle ! Douze mille livres ! Mes bras m'en tombont. Je ne saurais ine ravoir. Allons , monsieur, boulez-vous là , que je me prosterne devant vous , ni pus ni moins que devant un prodige.
LUCIDOR.
Il n'est pas nécessaire -, point de complimens , je vous tiendrai parole.
M* BLÀI8E.
Après que j'ons été si mal appris , si brutal ! Eh ! dites-moi, roi que vous êtes, si, par aventure, Angélique me chérit , j'aurons donc la femme et les douze mille francs avec ?
LUCIDOR.
Ce n'est pas tout-à-fait cela : écoutez-moi -, je prétends, vous dis -je, que vous vous proposiez pour Angélique, indépendamment du mari que je lui offrirai. Si elle vous accepte, comme alors je n'aurai fait aucun tort à votre amour, je ne vous donnerai rien ; si elle vous refuse , les douze mille francs sont à vous.
M* BLÀISE.
Aile me refusera , monsieur , aile me refusera \ le ciel m'en fera la grâce , à cause de vous qui le désirez.
LUCIDOR.
Prenez garde -, je vois bien qu à cause des douze mille francs , vous ne demandez déjà pas mieux que d'être refuse.
M* BLÀISE.
Hëlas ! peut-être bien que la somme m^étourdit un pHit brin ; j'en sis friand , je le confesse ; aile est si consolante !
LUCIDOR.
Je mets cependant encore une condition à notre marche ; c'est que vous feigniez de Fempressement pour obtenir Angélique , et que vous continuiez de paraître amoureux d*elle.
M* BLÀISE.
Oui, monsieur, je serons fidèle à ça^ mais j'ons bonne espérance de n'être pas digne d'elle -, et mémementj'avons opinion, si aile osait, qu'aile vous aimerait pus que parsonne.
Moi ? maître Biaise. Vous me surprenez ; je ne m'en suis pas aperçu, vous vous trompez. En tout cas, si elle ne veut pas de vous, souvenez-vous de lui faire ce petit reproche-là. Je serais bien aise de savoir ce qui en est, par pure curiosité.
M* BLAISE
En n'y manquera pas \ en li reprochera devant vous, drès que monsieur le commande.