SCÈNE ÏI
M* BLÀISE.
Oh ! dame, quand par fois je li conte ma chance, aile rit de tout son cœur, et me plante là. Cest bon signe , n*est-ce pas ?
LUCIDOR.
Ni bon, ni mauvais. Au surplus, comme je crois que madame Argaute a peu de bien , que vous êtes fermier de plusieurs terres, fils de fermier vous-même...
m' BLAISE.
Et que je sis encore une jeunesse-, je n ons que trente ans, et d*himeur folichonne , un Roger -Bontemps.
LUCIDOR.
Le parti pourrait convenir, sans une difficulté.
M* BLÀISE.
LaqueuUe ?
LUCIDOR.
Cest qu'en revanche des soins que madame Argante et toute sa maison ont eus de moi pendant ma maladie, j'ai songé à marier Angélique à quelqu'un fort riche, qui va se présenter, qui ne veut précisément épouser qu'une fille de campagne, de famille honnête , et qui ne se soucie pas qu'elle ait du bien.
X* BLÀISE.
Morgue ! vous me faites là un vilain tour avec voûte avisement, monsieur Lucidor; via qui m^est bian rude , bian chagrinant et bian traître. Jarnigué ! soyons bons, je l'approuve; mais ne'foulons par-
sonne ^ je sis voûte prodiain autant qu'un autre , et ne faut pas peser sur sti-ci , pour allëgèr sti-là. Moi qui avais tant de peur que vous ne mouriez \ c'était bian la peine de venir vingt fois demander : Comment va- \ t-il , comment ne va-t-il pas? V'ià-t-il pas une sank qui m'est bien chanceuse , après vous avoir mené moi-même sti-Ià qui vous a tiré deux fois du sang, et ^ qui est mon cousin, afin que vous le sachiez, mon propre cousin - germain ! Ma mère était sa tante y et i jami ! ce n'est pas bian fait à vous. I
LUCIDOE.
Votre parenté avec lui n'ajoute rien à Tobligatioa que je vous ai.
M* BLAISE
Sans compter que c'est cinq bonnes miUe livres que vous m'ôtez comme un sou, et que la petite aura en mariage.
LTJCIDOR.
Calmez- vous ; est-ce cela que vous en espérez ? Eh bien ! je vous en donne douze pour en épouser une autre et pour vous dédommager du chagrin que je vous fais.
M* BLÀISE, ëtonné.
Quoi ! douze mille livres d'argent sec ?
LUCIDOR.
Oui , je vous les promets, sans vous ôter cependant la liberté de vous présenter pour Angélique ; au contraire , j'exige même que vous la demandiez à madame