‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 305 sur 314 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

ANGÉLIQUE

Hem ! Qo'esl -^ ce que c'est qae cette science que ▼ous avez? Que veut • elle dive? Écoutez, Lisette, je suis naturellement douce et bonne ; un enfant a plus de malice que moi ^ mais si tous me fâchez , vous m'entendez bien? je vous promets de la rancune pour mille ans.

LUCIDOR.

Si vous ne vous plaignez pas de moi, reprenez donc ce petit présent que je vous avais fait, et que vous m'avez rendu sans me dire pourquoi.

ANGÉLIQUE

Pourquoi ? C'est quMl n'est pas juste que je Taie. Le mari et les bijoux étaient pour aller ensemble^ et en rendant Fun , je rends Tautre. Vous voilà bien embarrassé -, gardez cela pour cette charmante beauté dont on vous a apporté le portrait.

LUCIDOB.

Je lui en trouverai d'autres -, reprenez ceux-ci.

ANGÉLIQUE

Oh ! qu^elle garde tout, monsieur -, je les jetterais.

LISETTE

Et moi je les ramasserai.

LUCIDOR.

C'est-à-dire que vous ne voulez pas que je songe à vous marier ; et que , malgré ce que vous m'avez dit tantôt , il y a quelque amour secret dont vous me faites mystère.

AjfGÉLIQUE.

£b mais ! cela se peat bien ; oui , monsiear, voilà ce que c'est; j'en ai pour un homme d'ici ; et c[uand je n'en aurais pas , j'en prendrais tout exprès d^nain pour aToir un mari à ma fantaisie.

Page 1