SCÈNE XVII
LUCIDOR, ANGÉLIQUE, LISETTE.
Luqmo.R.
Il n*est pas si aisé de vous quitter, Angélique; mais je vous débarrasserai de lui.
LISETTE
Quelle perte! uahomme qui lui faisait sa fortune!
LUCIDOR.
Il y a des antipathies insurmontables. Si Angélique est dans ce ca&-là , je ne m'étonne point de son refus, et je ne renonce pas.au projet de l'établir avantageusement.
▲hgélique. >
Eh! monsieur, ne vous en mêlez pas. Il y a des gens qui ne font que nous porter guignon.
LTJCIDOR,
Vous porter guignon avec les iatentions qae f ai ! Et qu avez-YOus à reprocher à mon amitié ?
ANGÉLIQUE, kpvl.
Son amitié ? Le méchant homme !
tUCIDOR.
Diles-moi de qaoi tous vous plaignez,
AHCÉLIQ17C.
Moi , monsieur, me plaindre ! Et qui est-ce qui y songe ? Où sont les reproches que je vous fais? Me voyez - vous fichée ? Je suis très - contente de vous ; vous en agissez on ne peut pas mieux. Comment donc ! vous m^otTrez des maris tant que j*en voudrai ; vous m'en faites venir de Paris , sans que j'en demande -, y a-t-il rien de plus obligeant, de plus officieux? Il est vrai que je laisse là tous vos mariages ', mais aussi il ne faut pas croire, à cause de vos rares bontés, qu'on soit obligée, vite et vite, de se donner au premier venu que vous attirerez de je. ne sais où, et qui arrivera tout botté pour m' épouser sur votre parole \ il ne faut pas croire cela. Je suis fort reconnaissante , mais je ne suis pas idiote.
LUCIDOR.
Quoi que vous en disiez, vos discours ont une aigreur que je ne sais à quoi attribuer, et que je ne mérite point.
LISETTE
Ah ! j'en sais bien la cause , moi \ si je voulais parler.