‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 39 sur 314 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Il est vrai. g

LISETTE

Mais cUi moins, est-il un peu infirme?

DORAKTE.

Point du tout y il se porte à merveille; il est, grâce au ciel, de la meilleure santë du monde; car il m'est cher.

LISETTE

Trenle-cinq ans et de la santé, avec un degré de parenté comme celui-là! Le joli parent! £t quelle est Thumeur de ce galant homme?

DOnANTE.

Il est froid, sérieux et philosophe.

LISETTE

Encore passe, voilà une humeur qui peut nous dédommager de la vieillesse et des infirmités qu'il n'a pas : il n^a qu'à nous assurer son bien.

DOAAHTE.

Il ne faut pas s'y. attendre; on parle de quelque mariage en campagne pour lui.

LISETTE, «Vcriant.

Pour ce philosophe ! Il veut donc avoir des héritiers en propre personne?

doraute.

Le bruit en (iourt.

Oh ! monsieur , vous m'impatientez avec votre si-

tuatiou -, en vëritë , vous êtes insupportable \ tout esl désolai)^ avec vous, de quelque côté qu'on se tourne.

DORÀIfTE. .

Te voilà donc dégoûtée de me servir ?

LISETTE, ▼ÎTcment.

Non 3 VOUS avez un malheur qui me pique, et que je veux vaincre. Mais retirez-vous, voici Angélique qui arrive : je ne lui ai pas dit que vous viendriez ici , 5î quoiqu'elle s'attende bien à vous y voir. Vous pa-

raîtrez dans un instant , et ferez comme si vous arriviez. Donnez-moi le temps de l'instruire de tout-, j'ai à lui rendre compte de votre personne , elle m'a char-*gée de savoir un peu de vos nouvelles. Laissez-moi

faire. (Dorante sort.)

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