‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 46 sur 314 · DORANTE, LISETTE · texte numérisé non relu

DORANTE, LISETTE

LISBTTE.

P018QXJS nous voici seul» un moment, parlons. (encore de votre amour, monsieur. Vous m'avez fait de grandes promesses , en cas que les choses cëussissent ; mais comment réussiront-elles? Angélique est une hé- Kitièi;e, et je sais les intentions de la mère. Quelque tendresse qu'elle ait pour s^ fille qui vous aime , oe ne sera pas vous à qui elle la donnera ; c'est de quoi vous devez être bien convaincu : or, cela supppsé, que vous passe-t-il dans l'esprit là-dessius?

DORANTE

Rien encore, Lisette. Je n'ai jusqu'ici songé qp'au plaisir d'aimer Ângélic^ue.

LISETTE

Mais ne pourriez-vous pas en même temps soQgèr à faire durer ce plaisir ?

C'est bien m,on dessein ^ m^s comment s'y prendre?-

LISETTE

Je vous le demande.

D0RA1ÎTE«

J'y rêverai, Lisette^

LISSTTE.

Ah ! vous y rêverez ! U n^y a qu'un petit ineonvénient à craindre-, c'est qu'on ne marie votre maîtresse , pendant que vous révérez à la conserver.

DORAHTE.

Que me dis-tu, Lisette ? J'en mourrais de douleur»

Je vous tiens donc pour mort.

DORANTEi mcmeol.

Est-ce qu'on la veut marier?

LISETTE

La partie est toute liëe avec la mère; il y a dëjà un ëpoux d'arrêté, je le sais de bonne part.

DORÀHTE.

Eh! Lisette, tu me désespères; il faut absolument éviter ce malheur-là.

LISETTE

Ah! ce ne sera pas en disant j'aime, et toujours faime... N'imaginez-vous rien?

DORÀSTE.

Tu m'accables.

Page 1