ACTE I, SCÈNE y III
ANGÉLIQUE
Pour sa figure^ je la lui passe ^ c'est à quoi je ne regarde guère.
M*" ÀRGÀHTE.
U est froid.
ÀiroÉLIQUE.
Dites glacé, taciturne, mélancolique, rêveur et
triste.
m""* ▲egàvte.
Vous le verrez bientôt, il doit venir ici ; et , s'il ne vous accommode pas , vous ne Tépouserez pas malgré vous, ma chère enfant. Vous savez bien comme nous vivons ensemble.
ANGÉLIQUE
Ah ! ma mère , je ne crains point de violence de votre part ; ce n'est pas là ce qui m'inquiète.
M** ARGANTE
Es*tu bien persuadée que je t'aime ?
ANGÉLIQUE
Il n'y a point de jour qui ne m'en donne des preuves.
M*"* ARGANTE
Et toi , ma fille, m'aimes-tu autant?
ANGÉLIQUE
Je me flatte que vous n'en doutez pas , assurément.
m""* ARGANTE.
Non -, mais pour m'en rendre encore plus sûre , il faut que tu m'accordes *une grâce.
gS LA MERE CONFIDENTE,
Une grâce , ma mère ! Voilà un mot qui ne me con- TÎent point. Ordonnez, et je vous obëiitti.
m"* ARGÂlfTE.
Oh ! si tu le prends sur ce ton - là , tu ne m'aimes pas tant que je croyais. Je n'ai point d'ordre à tous donner, ma fille; je suis votre amie, et vous âtes la mienne *, et si vous me traitez autrement, je n'ai plus rien à vous dire.
ÀKGÉLIQUE.
Allons , ma mère , je me rends ; vous me charmez , j'en pleure de tendresse. Voyons, quelle est celte grâce que vous me demandez? Je vous l'accorde d'à-* vance.
M** ARGANTE
Viens donc que je t'embrasse. Te voici dans un âge raisonnable, mais où tu auras besoin de mes conseils et de mon expérience. Te rappelles-tu l'entretien que nous eûmes l'autre jour, et cette douceur que nous nous figurions toutes deux à vivre ensemble dans la plus intime confiance, sans avoir de secrets l'une pour l'autre *, t'en souviens-tu ? Nous fûmes interrompues \ et comme cette idée - là te réjouit beaucoup , exécutons-la; parle -moi à cœur ouvert ; fais -moi ta confidente.
Vous , la confidente de votre fille ?
Oh ! votre fille, et qui te parle d'elle? Ce n'est