‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 53 sur 314 · ACTE I, SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE YIII

point ta mère qui veut être ta confidente -, c'est ton amie , encore une fois. *

▲ l^GÉLIQUE, riant.

D'accord ; mais mon amie redira tout à ma mère ; Tune est inséparable de Tautre.

m"* argànte.

£h bien ! je les sépare , moi \ je t'en fais serment.

' Oui, mets-toi dans Fesprit que ce que tu tne confieras

sur ce pied-là , c'est comme si ta mère ne l'entendait

pas. Eb ! mais , cela se doit^ il y aurait même de la

mauvaise foi à faire autrement.

AUGÉLIQUB.

Il est difficile d'espérer ce que vous dites là.

M** ARGANTE

Ah ! que tu m'affliges ! Je ne mérite pas ta résistance.

ANGÉLIQUE

Eh bien ! soit -, vous Fexigez de trop bonne grâce ^ j'y consens, je dirai tout.

M** ARGANTS.

Si tu veux , ne m'appelle pas ta mère -, donne - moi un autre nom.

Oh ! ce n'est pas la peine, ce nom -là m'est cher. Quand je le changerais, il n'en serait ni plus ni moins-, ce ne serait qu'une finesse inutile^ laissez-lemoi , il ne m'effraie plus.

loo LA MÈRE GONFIDEKTE,

m""* ÂIIGÀNTB.

Comme ta voudras , ma chère Angélique. Ah çà ! je suis donc ta confidente. N'as - tu rien à me confier dès à présent ?

ÀlfGiLIQUB.

Non , que je sache \ mais ce sera pour Tavenir.

m"" 4RGÀNTB,

Comment va ton cœur ? Personne ne Fa - 1 - il aita* que jusqu'ici?

ÂZfGÉLIQUE.

Pas encore.

m"* AKGÀirTE.

Hum ! Tu ne te fies pas à moi; j'ai peur que ce ne soit encore à ta mère que tu réponds.

▲ NGÉLZQUB.

C'est que vous commencez par une furieuse question.

m""' À&GÀIfTE.

La question convient à ton âge.

kVQthiqVE.

Ah!

m"* àrgante.

Tu soupires ?

ANGÉLIQUE

Il est vrai.

m"* ÀEGÀIfTE.

Que t'est - il arrivé ? Je t'offre de la consolation et des conseils. Parle.

ANGÉLIQUE

Vous ne me le pardonnerez pas.

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