ACTE I, SCÈNE VIII. io
m"* argànte.
Hëlas ! ma fille , vois ce que tu as fait; te serais -tu crue capable de tromper ta mère , de voir à sou insu un jeune étourdi, de courir les risques de son indiscrétion et de sa vanité , de t'exposer à tout ce qu'il voudra dire, et de te livrer à l'indécence de tant d'entrevues secrètes, ménagées par une misérable suivante sans cœur, qui ne s'embarrasse guère des conséquences , pourvu qu'elle y trouve son intérêt , comme elle l'y trouve sans doute? Qui t'aurait dit, il y a un mois , que tu t'égarerais jusque-là , l'aurais-tu cru?
AliGÉLIQUE, trisiement.
Je pourrais bien avoir tort ; voilà des réflexions que je n'ai jamais faites.
M™* ABGAirTE.
Eh ! ma chère enfant , qui est-ce qui te les ferait faire ? Ce n'est pas un domestique payé pour te trahir, non plus qu'un amant qui met tout son bonheur à te séduire. Tu ne consultes que tes ennemis*, ton cœur même est de leur parti. Tu n'as pour tout secours que ta vertu, qui ne doit pas être contente, et qu'une véritable amie comme moi, dont tu te défies; que ne risques-tu pas ?
ANGÉLIQUE
Ah! ma chère mère, ma chère amie, vous avez raison , vous m'ouvrez les yeux , vous me couvrez de confusion. Lisette m'a trahie, et je romps avec le jeune homme. Que je vous suis obKgée de vos conseils!
loÔ LA MÈRE CONFIDENTE,