‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 65 sur 314 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

DORANTE

Que je suis à plaindre d* avoir livré mon cœur à tant d*amour !

LISETTE

J'entre dans votre douleur , monsieur-, mais faites comme moi. Je n'avais que de bonnes intentions; j'aime ma maîtresse, tout injuste qu'elle est-, je voulais unir son sort à celui d'un homme qui lui aurait rendu la vie heureuse et tranquille ; mes motifs lui sont sus- . pects, et j'y renonce. Imitez-moi, privez-vous, de votre côté, du plaisir de voir Angélique, sacrifiez votre amouç à ses inquiétudes; vous êtes capable de cet effort -là.

A.»GÉLXQUE.

Soit.

LISETTE, à Dorante, à part.

Retirez-vous pour un moment.

DORAHTE.

Adieu, madame-, je vous quitte, puisque vous le voulez. Dans l'état où vous me jetez , la vie m'est à charge V je pars, pénétré d'une affliction mortelle, et je n'y résisterai point ^ jamais on n'eut tant d'amour, tant de respect, que j'en ai pour vous ; jamais on n'osa espérer moins de retour. Ce n'est pas votre indifférence qui m'accable , elle me rend justice-, j'en aurais soupiré toute ma vie sans m^en plaindre ; et ce n'était point à moi, ce n'est peut -être à personne à prétendre à votre cœur-, mais je pouvais espérer votre estime, je me croyais à l'abri du mépris, et ni ma passion ni mon caractère n'ont mérité les outrages que vous leur faites. ( 11 ion.)

ii8 LA MÈRE CONFIDENTE,

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