ACTE II, SCÈNE III. ii
ÀIIGÉLIQUB.
Je VOUS ai déjà dit que je m'en tenais à Tindiffë^ renée. Revenons à Lisette.
LISETTE
Voyons , puisque c'est mon tour pour être grondëe^ Je ne saurais me vanter de rien., moi \ je ne vous ai écrit ni rencontrée; quel est mon crime ?
ANGÉLIQUE
Dites -moi-, il n'a pas tenu à vous que jen^eusse des dispositions favorables pour monsieur ^ c est par vos soins qu'il a eu avec moi toutes les entrevues où vous m'avez amenée, sans me le dire; car c'est sans me le dire; en avez-vous senti les conséquences?
LISETTE
Non, je n'ai pas eu cet esprit-)à.
ANGÉLIQUE
Si monsieur, comme je l'ai déjà dit, et à l'exemple de presque tous les jeunes gens , était liomme à faire trophée d'une aventure dont je suis tout-à^fait inaocente, où en serais- je?
LISETTE, àUonnte.
Remerciez, monsieur.
DOEANTS.
Je ne saurais parler.
ANGÉLIQUE
Si , de votre côté , vous êtes de ces filles intéressées qui ne s/e soucient pas de faire tort à leurs maîtresses ,
ii6 LA MERE^CONFIDENTE,
pourvu qu'elles y trouveat leur avantage, que ne risquerais -je pas?
LISETTE
Oh ! je répondrai, moi ; je n*ai pas perdu la parole : si monsieur est un homme d'honneur à qui vous faites injure *, si je suis une fille généreuse, qui ne gagne à tout cela que le joli compliment dont vous m'honorez, où en est avec moi votre reconnaissance, hein?
ANGÉLIQUE
D'où vient donc que vous avez si bien servi Dorante ? Quel peut avoir été le motif d'un zèle si vif? Quels moyens a-t^-il employés pour vous faire agir ?
LISETTE
Je crois vous entendre; vous gageriez, j'en suis sûre , que j'ai été séduite par des présens ? Gagez , madame , faites-moi cette galanterie-là-, vous perdrez, et ce sera une manière de donner tout-à-fait noble.
DOEARTE.
Des prësens, madame ! Que pourrais-je lui donner qui fût digne de ce que je lui dois ?
LISETTE
Attendez, monsieur; disons pourtant la vérité. Dans vos transports , vous m'avez promis d'être extrêmement reconnaissant, si jamais vous aviez le bonheur d'être à madame -, il* faut convenir de cela.
ANGÉLIQUE
£h ! je serais la première à vous donner moi-même.