‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 77 sur 314 · ACTE ÏI, SCENE XII. i · texte numérisé non relu

ACTE ÏI, SCENE XII. i

Je vous en dirai volontiers encore , car je ^^estime ; mais je ne Faime point, et Testime et Tindiffërence vont fort bien ensemble.

Parlons d'autre chose. N'as- tu rien à dire à ta confidente ?

ANGÉLIQUE

Non, il n'y a plus rien.de nouveau.

m"* àrgawte.

Tu n'as pas revu le jeune homme ?

ANGÉLIQUE

Oui, je l'ai retrouve -, je lui ai dit ce qu'il fallait, et voilà qui est fini.

m"** ARGANTE, sourUnl.

Quoi ! absolument fini ?

ANGÉLIQUE

Oui, tout-à-Ëiit.

m""* ARGANTE.

Tu me charmes , je ne saurais t'exprimer la satisfaction que tu me donnes. Il n'y a rien de si estimable que toi , Angélique , ni rien aussi d'ëgal au plaisir que j'ai à te le dire^ car je compte que tu me dis vrai ^ je me livre hardiment à ma joie. Tu ne voudrais pas m'y abandonner, si elle était fausse : ce serait une cruauté dont tu n'eâ pas capable.

ANGÉLIQUE , d'au (on timide.

Assurément.

i36 LA. MÈRE CONFIDENTE,

M** ARGAMTE.

Va, IH n'as pas besoin de me rassurer, ma fiUe$ ta me ferais injure, si tu croyais que j'en doute. Non, ma chère Angélique, tu ne verras plus Dorante^ tu Tas renvoyé, j'en suis sûre. Ce n'est pas avec un ca^* ractère comme le tien qu'on est exposé à la douleur d'être trop crédule. N'ajoute donc rien à ce que tu m'as dit-, tu ne le verras plus, tu m'en assures, et cela suffit. Parlons de la raison , du courage et de la vertu que tu viens de montrer.

Angélique, d'an aU interdit, à pan.

Que je suis confuse !

m"* ÀEGÀirTE.

Grâce au ciel, te voilà donc encore plus respecta-* ble, plus digne d'être aimée, plus digne que jamais de faire mes délices. Que tu me rends glorieuse. An-* géll^ue !

ANGÉLIQUE, pIcArant.

Ah ! ma mère, arrêtez, de grâce.

h"* argawte.

Que vois -je? Tu pleures, ma fille-, tu viens det triompher de toi-même, tu me vois enchantée, et tu pleures !

ANGÉLIQUE, s« jetant 4 fes genoux.

Non, ma mère, je ne triomphe point. Votre joie et vos tendresses me confondent; je ne les mérite point.

M** A a G A N TE la reLève.

Relève-toi , ma chère enfant. D'où te viennent ces

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